Stenay avant-après

La gare de Stenay

En 1874, la Compagnie de Chemins de Fer de Lille à Valenciennes obtient une concession pour ouvrir une ligne entre Sedan et Lérouville (près de Commercy), destinée à relier la ligne Paris-Longwy à la ligne Bar-le-Duc-Nancy.

En 1875, le tronçon Verdun-Dun-sur-Meuse est inauguré. Celui reliant Dun à Stenay le sera un an plus tard en raison des dégâts causés par les inondations qui ont emporté le ballast. C’est à cette date que la gare de Stenay est construite.

Stenay est reliée à Paris, à Bar-le-Duc et Commercy par une voie normale (1.44 mètres). Cette dernière, en plus d’assurer le transport des voyageurs et des marchandises, devient un axe de communication stratégique qui permet d’alimenter les forts de Verdun et des Hauts de Meuse qui couvrent la frontière franco-allemande. À partir de septembre 1914, les Allemands l’utiliseront pour acheminer hommes et matériel vers le front de Verdun, sous la direction de l’Etappen Kommandantur qui siège à Stenay.

En novembre 1918, menacés par les troupes américaines qui progressent à grande vitesse, les Allemands détruisent la gare ainsi que tous les ouvrages et bâtiments de Stenay, situés sur la rive gauche de la Meuse, et susceptibles de fournir un couvert à l’ennemi.

La gare est reconstruite à la fin de la guerre avec un design différent. La section de voie ferrée Verdun-Stenay cessera de fonctionner en 1959. La section Stenay-Sedan servira encore jusqu’à la fin des années 1990 puis sera abandonnée.

stenay-gare

La gare de Stenay pendant l’occupation allemande en 1914

IMG_2194

La gare aujourd’hui

Les Aciéries Sambre et Meuse étaient installées à la sortie ouest de Stenay, à la place de l’actuel parking du transporteur Transalliance. De nombreux Stenaisiens travaillaient dans cette usine comme le prouvent les fiches matricules des soldats du pays morts pendant la Grande Guerre. La société des A.S.M. fabriquait des pièces forgées et de fonderie qu’elle usinait dans ses bâtiments. Pendant l’occupation allemande, l’envahisseur démonta toutes les machines et outillages de la manufacture qu’il expédia en Allemagne pour équiper ses usines. Il transforma les bâtiments en manutention qu’il exploita pendant toute la durée de son séjour à Stenay. À l’approche des Américains pendant l’offensive Meuse-Argonne, l’ennemi détruisit tous les ouvrages situés sur la rive gauche de la Meuse pour qu’ils ne puissent pas servir de protection aux Doughboys. Ainsi disparut la société des Aciéries Sambre et Meuse de Stenay.

Aciéries Sambre et Meuse de Stenay
Aciéries Sambre et Meuse de Stenay
Poteau avec plaque Sambre et Meuse.
Poteau avec plaque Sambre et Meuse.
Aire de parking transporteur Transalliance.
Aire de parking transporteur Transalliance.

Le quartier Chanzy

À la suite des nombreux différends entre la France et l’Allemagne au début des années 1900, nos députés votent la loi des trois ans de service actif. La défense de notre frontière est renforcée et, en 1913, le 120e R.I. de Péronne et Saint-Denis est muté à Stenay où il participe avec les 9e et 18e BCP à la naissance de la 87e brigade sous commandement du général CORDONNIER. L’accroissement de l’effectif militaire de la ville nécessite la construction de bâtiments supplémentaires pour loger les soldats. La nouvelle caserne Chanzy dont une grande partie des bâtiments existe toujours, est créée et inaugurée en octobre 1913 par le ministre des Armées. Les nouveaux locaux servent d’installations sanitaires pendant l’occupation allemande puis abritent une compagnie de gardes républicains mobiles entre 1936 et 1971. Les bâtiments sont repris par la commune en 1973 puis progressivement transformés en locaux techniques, artisanaux et commerciaux. L’ancienne caserne Chanzy a laissé place à l’actuel lycée dans les années 1980.

Nouvelles casernes Chanzy
Nouvelle caserne Chanzy

Après la libération de Mouzay, le 9 novembre 1918, par la 5e U.S. division, et la reprise du secteur par la 90e U.S. division du général ALLEN, les Américains procèdent à une distribution de nourriture aux villageois. On reconnait bien la Mairie de Mouzay sur la photo ancienne.

Les Américains nourrissent les civils à Mouzay.
Les Américains nourrissent les civils à Mouzay.
Mairie de Mouzay
Mairie de Mouzay

Pont de la Redoute entre Stenay et Laneuville-sur-Meuse détruit par les français, le 26 août 1914, reconstruit sommairement par les Allemands puis à nouveau détruit par ces derniers lors de l’offensive Meuse-Argonne, en novembre 1918. Il semble que la remise en état ait été réalisée par les ouvriers du 2e génie américain après l’armistice.

Pont de la Redoute réparé sommairement par les Allemands en septembre 1914.
Pont de la Redoute réparé sommairement par les Allemands en septembre 1914.
Pont de la redoute réparé par le 2e génie U.S.
Pont de la redoute réparé par le 2e génie U.S.
Pont de la Redoute.
Pont de la Redoute.

La passerelle du bief du moulin du cygne enjambait à l’origine le bras du canal dans la continuité de sa rive droite, au point de prélèvement. Elle reposait sur deux plots qui sont encore visibles de nos jours. La nouvelle passerelle enjambe le bief perpendiculairement au sens du courant, à une quinzaine de mètres en aval de sa position d’origine ; la portée s’en trouve ainsi réduite. Une aire de convivialité permet au touriste de déjeuner au milieu d’un agréable cadre bucolique et fluvial.

Anciens plots de la passerelle du bief
Anciens plots de la passerelle du bief
Nouvelle passerelle du bief
Nouvelle passerelle du bief

10 réflexions sur « Stenay avant-après »

    1. Merci Cécile, ça te donnera l’occasion de refaire un petit tour dans la ville pour retrouver les endroits.

  1. bonsoir,
    Pouvez-vous me dire quelle usine existait autrefois à l’adresse actuelle 16 avenue du 18 ème BCP ?J’ai vécu dans cette maison depuis 1955 jusqu’à 1970 et mes parents y vivent encore .
    Merci

    1. Re,
      Après recherche, il s’agissait des aciéries Sambre-et Meuse qui ont été détruites par les Allemands en novembre 1918. Je mettrai un avant après de cette installation dans quelque temps.

  2. Bonjour,
    Je viens de regarder avec grand intérêt votre page sur l’histoire de Stenay pendant la Grande Guerre et aurais une ou deux petites questions au sujet du cimetière militaire allemand. Sauriez vous situer avec précision son emplacement et auriez vous des renseignement au sujet du relèvement des tombes qui y étaient ? Enfin, dans le cadre d’une étude en cours, je suis à la recherche de tous renseignements sur le devenir des soldats morts en captivités dans la caserne Chanzy (français en 1914 et 1940, puis allemands de 1944 à 1948/49).
    Merci par avance de votre aide précieuse.
    Cordialement

    1. Bonjour,
      Je dois avoir quelque chose sur mon DD ; il faut que je recherche.
      Je reprendrai contact avec vous, par mail, lorsque j’aurai les éléments.
      Cordialement,
      A.C

    2. Bonjour Adam,
      On pourrait echanger sur le sujet car mon arriére grand père était prisonnier et bléssé à Stenay.
      Il est enterré au cimetière avec les 183 autres noms inscrits sur la stèle.
      Cordialement
      Mickael

  3. C’est toujours émouvant de connaître l’histoire qui se cache derrière les bâtiments que l’on croisent tous les jours…

    1. Bonsoir,
      Oui ! et à Stenay, on est particulièrement gâté. Il nous reste des vestiges datant du moyen-âge.
      Fraternellement,
      Alain

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Au combat ou sous l'occupation ; Haut les coeurs !

Back to the top