SERE de RIVIERES à Montmédy

Samedi 23 mai 2015, à 14 heures, à l’initiative de l’office du tourisme transfrontalier du Pays de Montmédy, et avec le concours de l’association Fortiffsere, s’est déroulée une visite guidée et commentée des aménagements SÉRÉ de RIVIÈRES de la citadelle de Montmédy, suivie d’une exposition SÉRÉ de RIVIÈRES réalisée par l’association Fortiffsere

Accompagnateurs et commentateurs : Cédric VAUBOURG et son équipe.

Les animateurs très affûtés dans le domaine de la fortification nous ont expliqué le but de ces travaux en les replaçant dans le contexte de la France d’entre 1871 et 1885.

Après une visite détaillée des différents aménagements propre à la citadelle elle-même, nous avons pu admirer une belle exposition SÉRÉ de RIVIÈRES dans l’une des casemates de l’ouvrage. Cette exposition durera jusqu’au 21 août 2015.

Système de fortifications SÉRÉ de RIVIÈRES

La guerre franco-allemande de 1870 est marquée par les sièges de  Strasbourg, Bitche, Metz, Montmédy, Verdun, Belfort et Paris. Toutes ces places fortes ont montré leur inadaptation aux progrès de l’artillerie moderne. L’obus cylindro-ogival et le canon rayé ont considérablement amélioré la portée des canons ainsi que la précision des tirs.

Traité_de_Francfort

Après la défaite française de 1871, le traité de Francfort (10 mai 1871) redessine la frontière entre la France et l’Allemagne. La perte de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine laisse le nord-est de la France dépourvu de défenses alors que son armée doit être reconstruite sur des bases saines. Face à sa faiblesse militaire du moment et complètement isolée sur la scène internationale, la France opte pour une stratégie défensive. L’organisation de la défense des frontières doit être repensée.

Les tensions permanentes entre la France et l’Allemagne font craindre, dès 1875, le déclenchement d’un nouveau conflit. Celles entre la France et le Royaume-Uni vont au contraire se réduire pour aboutir à une entente cordiale qui permettra à la France de concentrer ses crédits sur ses défenses le long la frontière franco-allemande.

 À la suite du départ des dernières troupes allemandes d’occupation, en 1873, un comité de défense est créé. Il a pour mission de réorganiser tout le système défensif de l’Hexagone.

Le 1er février 1874, le général SÉRÉ de RIVIÈRES est nommé directeur du génie au ministère de la guerre. Pourvu des pleins pouvoirs pour imposer ses idées et les faire réaliser, il définit le rôle de son système défensif suivant trois principes :

  • freiner ou empêcher une nouvelle offensive ennemie,
  • faciliter la mobilisation et la concentration en cas d’attaque,
  • faciliter la reprise de l’Alsace et de la Lorraine.

Le long de la nouvelle frontière, le système défensif s’appuie sur quatre bastions :

  • la place de Verdun,
  • la place de Toul,
  • la place d’Épinal,
  • la place de Belfort.

Autour de ces places fortes, plusieurs ceintures de forts d’arrêt et d’ouvrages fortifiés sont créées de façon à éloigner le plus possible les batteries ennemies du centre des places.

Entre la place de Verdun et celle de Toul, un rideau défensif est construit le long des Hauts de Meuse.

Entre la place d’Épinal et celle de Belfort, un rideau défensif est construit le long de la Haute Moselle.

Entre la place de Toul et celle d’Épinal, la trouée de Charmes est volontairement aménagée pour canaliser les assaillants, en cas de percée, vers la place de Langres.

Entre la place de Verdun et le sud des Ardennes, la trouée de Stenay canalise les assaillants en direction des places de Reims, Fère et Laon. Les citadelles de Longwy et de Montmédy situées près de la frontière belge, permettent de surveiller la vallée de la Chiers et les importants nœuds ferroviaires qui desservent ces villes. Elles permettent, en outre, de réduire légèrement l’espace libre de cette trouée.

Par manque de crédits, les défenses le long des autres frontières évoluent peu. Les places existantes sont modernisées mais aucun rideau défensif n’est envisagé. Le long de la frontière belge, il est admis que la neutralité du royaume procure une protection suffisante.

Ainsi protégées, la mobilisation et la concentration des forces sur les directions menacées peuvent s’opérer rapidement grâce à l’utilisation intensive du chemin de fer.

SÉRÉ de RIVIÈRES envisage de construire un fort d’arrêt dans la région de Vélosnes pour réduire un peu plus cette trouée de Stenay et pour étendre la surveillance de la vallée de la Chiers. De plus, cette position permet de surveiller la vallée du Ton jusqu’à Virton. Malheureusement, ce projet est abandonné par manque de crédits.

En 1880, à la suite d’une cabale politique, le général SÉRÉ de RIVIÈRES est destitué mais son programme de fortifications se poursuit.

La crise de l’obus torpille

À partir de 1883 et jusqu’en 1886, trois inventions majeures vont changer radicalement la donne des standards de fortifications.

L’obus cylindro ogival en acier, équipé d’une fusée chronométrique se substitue au traditionnel obus en fonte. Cette évolution permet, pour un calibre donné, de réduire l’épaisseur du projectile donc de libérer du volume pour la charge explosive. La nouvelle fusée donne la possibilité d’ajuster la mise à feu de la charge, pour provoquer l’explosion en plein vol, par l’intermédiaire d’une mèche calibrée intégrée, dans le cas par exemple d’obus à balles. Elle permet aussi de provoquer cette mise à feu après l’impact, dans le cas d’obus de rupture pénétrants.

Le coton-poudre gélatinisé ou fulmicoton qui constitue la charge propulsive des obus est bien plus puissant que la poudre noire et possède la propriété de dégager peu de fumée ce qui rend la détection des bouches à feu plus difficile.

La mélinite qui constitue la charge explosive des obus, libère une énergie dix fois supérieure à celle que procure la poudre noire.

Des essais menés au fort de La Malmaison en 1886, démontrent que tous les ouvrages fortifiés construits jusqu’ici deviennent subitement obsolètes. Un vent de panique souffle sur l’armée et il est décidé, dans l’urgence, de recouvrir les parties sensibles (casernements, coffres, casemates pour les pièces, etc.) des ouvrages les plus exposés et les plus stratégiques, d’une carapace de béton posée sur un lit de sable. Placée en queue de liste des ouvrages stratégiques, la citadelle de Montmédy échappe à ce renforcement.

La citadelle de Montmédy

Construite au 16e siècle par Charles Quint, modernisée au 17e par Vauban et aménagée suivant les prescriptions de SÉRÉ de RIVIÈRES de 1874 à 1884, elle sert de point d’appui aux troupes qui opèrent dans la région. Elle assure en outre, la surveillance de la vallée de la Chiers et la protection de la voie ferrée et du tunnel que le génie est chargé de détruire en cas de reddition. Ses principaux aménagements sont  des casemates maçonnées et enterrées, deux magasins à poudre sous roc, une caponnière triple, le renforcement de divers ouvrages (galeries et salles voutées). Malgré plusieurs études d’installation de tourelles cuirassées pour canons de  120L et de 155 et pour mitrailleuses, qui s’avèreront trop coûteuses, elle ne résiste pas à la crise de l’obus torpille et perd définitivement son statut de forteresse.

Entre 1913 et 1914, son armement se compose de :

  • 8 canons de 120 long, modèle de Bange,
  • 10 canons de 95,
  • 26 canons de 90,
  • 8 mortiers lisses de 15,
  • 1 canon révolver de 40,
  • 12 mitrailleuses.

Est Républicain du 28/05/2015

montmedy

Sources :

  • Fortiffséré
  • “Le pays de Montmédy au fil des jours” de Jean LANHER
  • “Journées d’études meusiennes 1988, Montmédy place forte” de Gérard CANNINI,
  • Doc fiche 8 du Musée du génie,
  • Wikipédia Common, d’après le livre “la guerre de 1870” de François ROTH
  • Photo de tête : Jean-Luc KALUSKO

 

2 réflexions sur « SERE de RIVIERES à Montmédy »

  1. Bonjour,

    Je travaille actuellement pour “croisières ardennaises” et suis chargée de la création des audioguides et montages vidéos à bord des bateaux. Je suis donc à la recherche de matière photo/vidéo. Puis-je utiliser votre image de Montmédy? Votre nom apparaitra si vous le désirez.

    Par avance, merci.

    Cordialement,

    Suzanne Marocco

    1. Bonjour,
      Je ne suis pas le propriétaire de la photo. Je vous contacte par mail pour vous donner le sien.
      Cordialement
      A.C

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