Olizy… Sur les ruines.

Inévitable écho de leurs agissements,
Si ma plume du moins écarte les injures,
Par eux cent fois meurtri jusqu’aux ressentiments,
Je veux leur infliger d’opiniâtre blessures.

Un trait peint la valeur des meilleurs Allemands :
S’ils ont l’œil arrogant, ils n’ont pas les mains pures.
Leur torche avait jonché le temple de fragments
Où du style et des arts émergeaient les brisures.

Les saints découronnés gisaient sur le parvis ;
De la vierge aux douleurs le visage mystique
Semble vouloir des yeux chercher le Crucifix,
Mais les beaux nimbes d’or et le grand christ gothique

Sont le butin du chef… En profanant la croix
Tu révèles, soldat, le sort de vos exploits.
Ils n’ont laissé chez nous que ruines fumantes ;
Sur nos foyers déserts passe un souffle de mort ;
L’herbe cache le pied des murailles tremblantes
Où l’effraie ébloui prend refuge et dort.

Aux champs, quand la rosée a fait courber les plantes,
Les traces du forfait se dessinent encor ;
Et, pour y déchainer les rafales sanglantes,
Des Teutons, vers le soir, sévit l’extrême effort.

Cette nuit l’Allemagne a cessé d’être altière.
Dans la brume, ondulant, molle comme autrefois,
L’horizon, par degrés, s’empourpra de lumière.
Les monts étaient sans bruit, la mitraille sans voix.
Par le Ciel, assouplie aux destins de la France,
L’aube vint arborer le jour de délivrance.

L’abbé LÉVÊQUE

Source : La Croix du 9/02/1919.

Image de tête : Archives Municipales de Stenay, collection Voluer, série Z

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