MON VIEIL AMI (09/2016)

Poème extrait de l’hebdomadaire La Croix du 12/02/1919 . Le nom de l’auteur n’est pas noté sur le document qui a été publié dans l’encart “Montmédy” de l’hebdomadaire.

MON VIEIL AMI,

Ainsi, quatre ans et plus, sous la botte teutonne !
Ces quatre ans sont un siècle, et que Dieu me pardonne,
Mais quand je pense à ce que nous avons souffert
Je me dis : Est-il rien de plus dur en enfer ?
Dieu semblait loin de vous ; sa douce Providence
Répondait à vos cris par l’éternel silence.
Votre ciel était noir et ne s’illuminait
Que du feu des foyers que la torche embrasait.
À côté des moissons dont la terre féconde
Se couvrait désormais pour une race immonde,
La faim vous torturait ; le vieillard et l’enfant,
L’infirme sans recours, l’ouvrier dans son champ
Tombait sous son étreinte, et votre cimetière
Vous voyait, redisant la funèbre prière,
Amener ces chers morts, des larmes dans les yeux,
Sous vos toits épargnés, les souvenirs pieux,
Hélas ! ont disparus ; la horde fait main basse
Sur les objets sacrés, partout où elle passe,
Sur notre sol français, terre de liberté,
Vous étiez prisonniers, et quand avec fierté
Vous réclamiez vos droits, consacré par l’usage,
Droits même respectés par un peuple sauvage,
Le Boche ricanait, insultant au malheur.
Cher ami, quel supplice endura votre cœur !
Cœur de prêtre saignant du sac de son église,
Cœur de Français broyés quand la France agonise,
Maintenant c’est fini, le cauchemar n’est plus ;
Les exécrables jours que vous avez vécus
Dans le noir ont passé : ce n’est qu’un mauvais rêve.
Le Boche est abattu, la guerre fait enfin trêve.
La foi qui nous soutint, étincelle d’espoir,
Faible lueur, grandit (sic), illumine le soir
De ces jours de combats s’achevant dans la gloire.
C’est la foi dans le droit, la foi dans l’avenir
De la France qui vit et ne saurait mourir.

J.

Sources :

  • Archives CG55
  • A.M. Stenay

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