Grue mobile.

Le petit train de la Haute Somme

Pendant la construction de la ligne fortifiée conçue par Séré de Rivières et devant assurer la défense de la nouvelle frontière franco-allemande après la défaite de 1871, se développe, en parallèle, tout un réseau ferroviaire stratégique, à voie étroite, dont le rôle consiste à alimenter les innombrables installations inhérentes à ce système défensif. Le concept retenu est celui imaginé par Paul DECAUVILLE dont la particularité est de présenter des éléments modulables facilement transportables. Composés de deux rails espacés de 60 centimètres et rivetés sur des traverses en tôle emboutie, ces éléments se posent bout à bout, à même le sol, sans qu’il soit nécessaire de préparer la surface à l’aide de ballast ou autres médias classiques utilisés couramment sur les voies métriques ou normales.

030T DECAUVILLE.
030T DECAUVILLE.

Prévue à l’origine pour alimenter les installations localisées des places fortifiées, il devient rapidement indispensable de tracer de nouvelles voies permettant d’assurer la logistique des 700 kilomètres de front qu’impose la guerre de positions. Français et Allemands ayant développé, avant le conflit, le même type de matériel, il pouvait être récupéré par le camp adverse lors d’un gain de terrain.

BALDWIN
BALDWIN

Le petit train de la Haute Somme est construit conjointement par les Français et les Britanniques à l’occasion de la bataille de la Somme qui débute le 1er juillet 1916. Il transporte le matériel et les munitions des pièces d’artillerie pendant l’attaque, et suit la progression des armées alliées. Il permet, en outre, de rapatrier les blessés vers les lignes arrière.

BOURRON
BOURRON

Après la guerre, une grande partie du réseau à voie étroite est utilisée pour la reconstruction de la région totalement dévastée. La réparation des routes qui redeviennent carrossables conduit à une baisse d’activité de cette installation qui devient pratiquement inutile et est progressivement abandonnée. Les lignes sont alors vendues à des industriels qui les utilisent sur leurs installations. La ligne actuelle du petit train de la Haute Somme est rachetée, à l’époque, par la sucrerie Dompierre. Cette dernière l’étend à travers champs vers les lieux de production de betteraves à sucre et vers les points d’expédition du produit fini.

050 5-3
050 5-3

En 1970, l’association APPEVA décide de sauvegarder et d’exploiter une partie de la ligne dans une perspective touristique. La section allant du hameau de Froissy jusqu’au port de Cappy, qui avait disparu dans les années 1940, est reconstruite par les bénévoles de l’association. Des locomotives sont recherchées dans la France entière et remises en état. La première mise en service du petit train pour le public est réalisée pendant l’été 1971.

Entrée du musée.
Entrée du musée.

En 1974, APPEVA rachète le reste de l’installation que la sucrerie n’utilise plus et étend ainsi son réseau jusqu’à Dompierre. L’afflux de matériel récupéré impose bientôt la construction d’un dépôt, d’une gare et d’un musée, que les bénévoles de l’association prendront en charge.

Balade en petit train.
Balade en petit train.

La collection de l’APPEVA se monte aujourd’hui à 38 machines motrices et 120 wagons.

Les commémorations du centenaire du petit train de la Haute Somme se sont déroulées du 4 au 8 mai 2016.

Plus de détails sur ces commémorations : ici

Galerie photo : ici

Source : APPEVA

 

2 réflexions sur « Le petit train de la Haute Somme »

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