La légende des Anges de Mons

Les Anges de Mons

Le 23 août 1914, les Forces Expéditionnaires Britanniques composées alors de professionnels et regroupant 80 000 hommes,  opèrent à gauche de la Ve armée française. En pleine débâcle, elles laissent de nombreuses pertes derrière elles et se trouvent dans une situation catastrophique devant Mons. La légende raconte que dans la nuit du 23 au 24 août,  alors qu’une brigade en arrière garde de ces troupes se trouvait pratiquement encerclée par la première armée allemande devant le saillant de Mons, des êtres ailés et lumineux armés d’arcs et de flèches leur seraient venus en aide. Ces “Anges” auraient stoppé temporairement l’avance de l’armée allemande et ouvert aux Britanniques, dans l’obscurité,  un passage étroit à travers la ceinture ennemie. De retour dans leurs lignes, quelques soldats répandent une rumeur qui se propage comme une trainée de poudre : Des êtres célestes leur auraient ouvert la voie.

Tableau de Marcel GILLIS, ville de Mons
Tableau de Marcel GILLIS, ville de Mons

L’histoire aurait pu en rester là comme ce fut le cas pour d’autres faits extraordinaires rapportés dans des situations de tension extrême. La proximité de la mort et les conditions de vie stressantes constituent un terreau propice à la propagation de légendes, dans un monde où les moyens de communication entre le front et l’arrière sont maigres et dans lequel les rumeurs se multiplient. Le clergé et la couronne britannique s’emparent aussitôt de l’évènement pour inciter les soldats à se battre jusqu’au bout et les civils, à participer à l’effort de guerre.

Le 29 septembre 1914, l’écrivain fantastique britannique Arthur MACHEN publie une nouvelle dans le London Evening News, qui raconte qu’un soldat britannique invoqua Saint-Georges. Aidé par des archers venus directement de la bataille d’Azincourt, le saint patron de l’armée britannique mit en déroute l’armée allemande. Le ton utilisé pour la narration de l’évènement se rapproche plus de celui du témoignage que de celui de la fiction. Même si rapidement, MACHEN confesse que son histoire s’avère pure invention et qu’elle était destinée à remonter le moral des soldats britanniques, pour la majorité des personnes, le doute n’est plus permis.

La rumeur se propage très vite en Grande-Bretagne. De nombreux articles et ouvrages relaient les témoignages de soldats ayant participé à la retraite générale. La légende se décline en différentes variantes qui décrivent les anges, tantôt en nuage lumineux, tantôt en chevaliers ailés, etc. Dans leur sermon, les membres du clergé ne manquent pas de faire référence à cet évènement pour démontrer que Dieu se trouve bien du côté des Britanniques et qu’à l’issue de la guerre, la victoire des Alliés ne fait aucun doute.

Le gouvernement n’intervient pas officiellement dans cette affaire mais il semble qu’il l’encourage secrètement pour inciter le peuple britannique à soutenir l’effort de guerre.

Sources :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *