Joffre et Pershing à Paris pour l'Indépendance Day

Meuse Argonne

Offensives du printemps 1918

À la suite du traité de Brest-Litovsk, les Allemands récupèrent 40 divisions (800 000 hommes) du front Est et les envoient en toute discrétion sur le front occidental.
Les Américains qui sont entrés en guerre le 6 avril 1917, ont débarqué leurs premières troupes en juin 1917 lesquelles sont en formation dans différents secteurs de l’est de la France. Bientôt, le rythme de débarquement de troupes US se monte en moyenne à 200 000 hommes par mois et Ludendorf qui a pris le commandement opérationnel de l’armée allemande sait qu’il ne possédera la supériorité numérique que pendant le premier semestre 1918 et qu’ensuite l’équilibre militaire basculera du côté des Alliés.

Au printemps 1918, les Allemands lancent cinq offensives successives qui vont bousculer les lignes alliées et qui vont amener l’ennemi aux portes de Paris :

– Le 21 mars (opération Michaël) sur la Somme, en face des troupes britanniques.
– Le 9 avril (opération Georgette) sur la Lys, en face des troupes britanniques et portugaises.
– Le 27 mai (opération Blücher-Yorck) au chemin des Dames, en face des troupes françaises.
– Le 9 juin (opération Gneisenau) bataille du Matz (Oise)
– Le 13 juillet (opération Friedensturm) 4e bataille de Champagne.

Lors de l’offensive allemande sur la Somme, le front britannique est enfoncé de près de 60 kilomètres. Les Français dépêchent des troupes pour colmater la brèche. Face à l’urgence de la situation, Pershing accepte que des divisions américaines soient provisoirement intégrées dans les corps d’armée alliés. C’est ainsi que lors de la bataille de la Lys (9 avril 1918) plusieurs entités américaines sont présentes du côté d’Amiens et le long de la rivière Lys (service santé, génie, aviation).

Opération Michael
Opération Michael

À la suite de la bataille des Flandres, la 1re division US est dépêchée à l’ouest de Montdidier où elle capture le village de Cantigny, le 28 mai.

Carte Messines
Carte Messines

Au cours de l’attaque allemande dans l’Aisne, plusieurs divisions US sont engagées. L’avance allemande est stoppée au bois Belleau par la 2e division et ses Marines et à Château-Thierry grâce à la résistance de la 3e division. En remerciement de ces exploits, le bois Belleau prendra le nom de bois de la brigade de marine et la 3e division sera qualifiée de Division Marne.

Belleau capturé par la 26e US division
Belleau capturé par la 26e US division
Cimetière du Bois Belleau
Cimetière du Bois Belleau
saillant de Château-Thierry
saillant de Château-Thierry
Dernière attaque allemande
Dernière attaque allemande

Pendant la bataille du Friedensturm, de part et d’autre de Reims, plusieurs autres divisions US sont engagées pour repousser l’ennemi (26e, 28e, 42e et 93e divisions ). Le 17 juillet, le Haut-Commandement allemand stoppe les offensives. Ludendorff sait maintenant qu’il perd l’initiative et que l’Allemagne ne gagnera plus la guerre ; il est temps de penser à négocier un armistice.

Contre-attaque alliée

À la suite du Friedensturm, les Alliés déclenchent, le 18 juillet, une contre-attaque surprise sur le flanc ouest et au sud du saillant de Château-Thierry. Quatre armées françaises sont engagées sur un front qui va de Reims à Compiègne. L’attaque principale est confiée à la Xe Armée à la tête de laquelle se trouve le XXe corps composé des 1re et 2e divisions US et de la 1re division marocaine. 80% de ce corps d’armée sont Américains. Le succès de cette opération est total, le saillant de Château-Thierry est réduit. La 1re division US progresse jusqu’à Coeuvres et Buzancy, la 2e division US avance sur Vierzy et Parcy-et-Tigny.

Contre offensive saillant de Château-Thierry
Contre offensive saillant de Château-Thierry
Ourcq 28 juillet
Ourcq 28 juillet

Au sud du saillant, plusieurs autres divisions US sont engagées au départ de Château-Thierry en direction de Fismes (26e, 3e, 28e, 42e, 4e, 32e, 77e).

Constitution de la 1re Armée américaine et réduction du saillant de Saint-Mihiel

À la suite des opérations défensives et offensives du premier semestre 1918, les Américains ont démontré qu’ils étaient prêts pour le combat. Cette situation rend possible la création de la première armée américaine et Pershing va s’employer à négocier avec le maréchal Foch cette possibilité.

Général Hunter Liggett
Général Hunter Liggett

Le 10 août, le quartier général de la 1re armée US est créé ; les unités sont rassemblées dans la foulée. Le 30 août, la Ire Armée US prend le commandement d’un front qui s’étend de Port-sur-Seille à Watronville. Elle reçoit pour mission de réduire le saillant de Saint-Mihiel et d’enlever les deux hauteurs isolées que sont les buttes de Loupmont et de Montsec. Cette opération permettra de vérifier l’efficacité de cette armée en prévision d’une offensive de plus grande envergure. C’est aussi une opération stratégique qui doit sécuriser le flanc de la future offensive Meuse-Argonne, rétablir la continuité des voies ferrées et navigables le long de la Meuse jusqu’à Verdun et établir les bases d’une future attaque en direction de Briey et de Metz. L’assaut est déclenché le 12 septembre. Les Ier et IVe corps US abordent le saillant par le sud pendant que le IIe C.A.C. et le Ve corps français l’attaquent par l’ouest. Le résultat de cette opération est fulgurant. Quatre jours après le début de l’offensive, le saillant est réduit. Il faut admettre qu’une bonne partie des troupes allemandes a évacué la position ce qui a facilité sa capture.

Défense Saint-Mihiel
Défense Saint-Mihiel
Saillant de Saint-Mihiel
Saillant de Saint-Mihiel
2e et_5e usdi à Saint-Mihiel
2e et_5e usdi à Saint-Mihiel

Constitution de la IIe Armée américaine et préparation de l’offensive Meuse-Argonne

Le saillant de Saint-Mihiel vient à peine d’être réduit que le maréchal Foch ordonne aux Américains de se préparer pour l’offensive Meuse-Argonne, composante de l’offensive générale qui s’étend de la mer du Nord aux Vosges. Foch ne veut laisser aucun répit à l’ennemi. Seules, cinq divisions US et quatre divisions françaises restent sur le saillant pour le sécuriser et l’organiser en prévision de l’attaque sur Briey et Metz. Le 12 octobre, le lieutenant général Bullard prend le commandement de la IIe Armée US nouvellement constituée. À cette date, l’offensive Meuse -Argonne est déjà lancée.

En route vers Montsec
En route vers Montsec
Thiaucourt en ruine
Thiaucourt en ruine
Saint-Mihiel en ruine
Saint-Mihiel en ruine

Bullard dispose des 7e, 37e, 79e et 92e divisions US, et de deux divisions françaises pour garnir un front qui s’étend de Port-sur-Seille jusqu’à Fresnes-en-Woëvre. La 28e division US se tient en réserve d’armée. Le rôle essentiel de cette armée est de tenir son front avec des troupes dont certaines ont été fortement engagées en Meuse-Argonne et qui ont besoin de récupérer avant d’y revenir.

Général Robert Lee Bullard
Général Robert Lee Bullard

2 réflexions sur « Meuse Argonne »

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