Combat de Marville 10/08/1914

 

Le combat de Marville du 10 août 1914 est un épisode de la bataille de Mangiennes.

Le 8 août 1914, les chasseurs des 9e et 18e B.C.P. (bataillon de chasseurs à pied) de la 4e D.I. (division d’infanterie), en couverture (1) sur la ligne Longuyon-Spincourt, sont bousculés par un corps de cavaliers allemands et se replient sur Othe-Bazeilles et Villers-les-Mangiennes. Le 2e corps français qui a perdu la 4e D.C. (division de cavalerie) partie le 5 août 1914 en expédition avec le corps de cavalerie SORDET, demande le soutien de la 9e D.C. afin de pouvoir continuer sa mission de couverture.

Charge de la 9e D.C.
Charge de la 9e D.C.

Le 10 août, la 9e D.C. commandée par le général de l’ESPÉE, arrive à Marville où elle cantonne. Quelques cavaliers sont envoyés en reconnaissance pour localiser l’ennemi. Ils aperçoivent des éléments de la K.D.6 (division de cavalerie allemande) qui marchent sur Mangiennes. Une unité de cavalerie allemande (K.D.3) avec de l’infanterie, est signalée à l’est du bois Lagrange, en marche vers Flabeuville et couverte sur sa droite par le J.B.6 (bataillon de chasseurs allemand). Ce bataillon prend position sur le mamelon 355, au sud-ouest de Villancy. Le R.D.24 (régiment de dragons allemand) se porte sur Colmey et le R.D.23 sur Petit-Xivry. Trois compagnies du J.B.6 cantonnent à Flabeuville.
Plusieurs reconnaissances françaises envoyées en direction de ce dernier village, sont reçues à coups de fusils. Le général de l’ESPÉE fait intervenir son artillerie qui tire trop court en direction de la lisière sud du bois Lagrange. Les dragons envoyés pour déborder les Allemands par la droite, signalent des positions d’artillerie ennemie.

La charge du 24e dragons.

Pour neutraliser l’artillerie allemande signalée dans le bois Lagrange, une charge de cavalerie est lancée. Trois escadrons du 24e dragons, le colonel GEOFFROY en tête, se jettent au galop à l’assaut du bois. Arrivés à proximité de la lisière sud, ils essuient les tirs de la 2e compagnie du J.B.6 et d’un escadron du J.P.R.7 (régiment de chasseurs à cheval) cachés dans les blés et sur la pente ouest du ravin de Flabeuville ; de nombreux cavaliers et chevaux sont fauchés. À défaut d’avoir découvert une quelconque artillerie allemande et pour cause les reconnaissances ont pris pour des tirs d’artillerie adverses les coups trop courts de l’artillerie française, les dragons toujours sous le feu de l’ennemi, se replient par le Sud. Ils contournent le mamelon au nord du bois Thiebault pour se mettre à l’abri derrière le pli de terrain. Malheureusement, la lisière sud de ce mamelon est ouverte sur petit–Xivry qui est occupé par le R.D.23 (K.D.3). Von ARNIM, son commandant, voyant les cavaliers français charger vers le bois Lagrange, fait mettre ses hommes pied à terre, les dispose à la lisière nord du village et déclenche sur les Français une seconde salve. Le 24e dragons éclate littéralement laissant sur le terrain de nombreux hommes et chevaux. Le reste de la troupe se replie péniblement vers Petit-Failly en longeant la lisière nord du bois Thiebault pour se soustraire aux feux de l’ennemi. L’escadron Bellegarde parti en même temps que les autres escadrons mais en direction de la cote 312 pour couper la retraite aux Allemands, attaque une troupe d’infanterie et de cavalerie qui descend le plateau de Marville du côté de Flabeuville. Il pose pied à terre à 400 mètres de l’ennemi et déclenche le tir. Les Allemands répliquent et l’escadron devenu cible se replie sous un feu nourri.
Le groupe de chasseurs cyclistes qui s’était porté à Villers-le-Rond, attaque de sa propre initiative, le bois Lagrange par la corne sud-ouest. Arrivé à la lisière, il ne trouve plus personne. Il se porte alors sur Vezin où l’ennemi semble s’être replié. Le village est occupé sans résistance par les cyclistes. Dans l’après-midi, suite aux attaques répétées sur Charency défendu par des territoriaux et des chasseurs du 9e R.C.C (régiment de chasseurs à cheval), ordre est donné aux cyclistes de se replier ; ils reprennent la route qui monte vers le plateau de Marville. C’est à ce moment que le J.B.6 embusqué sur les hauteurs du bois de Vezin, fait feu sur les cyclistes qui s’extraient difficilement du village, à pied, leur vélo sur le dos. Des unités de cavalerie ainsi que de l’artillerie prennent position entre Villers-le-Rond et Vezin pour apporter leur appui aux cyclistes qui peuvent ainsi récupérer leurs blessés.
Vers 15h30, le général de l’ESPÉE rassemble ses unités à Marville.

Le repli

A 17h30, estimant sa mission accomplie, de l’ESPÉE ordonne la retraite de la division.
La K.D.3, couverte sur son flanc droit par le R.D.23 et par le J.B.6, ainsi que le 1er bataillon de l’I.R.124 (régiment d’infanterie allemand), se retirent de la zone de combat pour prêter leur appui à la K.D.6 fortement éprouvée dans la région de Pillon-Mangiennes. Arrivés trop tard pour changer la physionomie de la bataille, ils ne sont pas engagés.

Plaque commémorative Marville
Plaque commémorative Marville

Les pertes françaises se comptent surtout dans les rangs du 24e dragons (8 tués, 6 disparus et 50 blessés) et du groupe cycliste (2 tués et 7 blessés).
Il est difficile d’apprécier si le combat de Marville est une victoire française ou non. Ce que l’on peut dire, c’est que le blocage de la K.D.3 dans la région de Marville se fera cruellement sentir sur le champ de bataille de Mangiennes.

Notes :
1. Zone de sécurisation des espaces ouverts pendant la mobilisation et la concentration des troupes.

Sources :
• « La charge des dragons à Marville » de JC Delhez
• SHD jmo de la 9e DC.
• « Mangiennes » du lieutenant-colonel PUGENS.

Au combat ou sous l'occupation ; Haut les coeurs !

Back to the top