Offensive de l’Aisne

La 87e brigade dans l’offensive Nivelle

À partir du début avril 1917, la 87e brigade, composante de la 4e division est approchée progressivement du front de l’Aisne.

Le 14 avril, la division se tient en réserve des unités prévues pour l’attaque sur le Chemin des Dames, prêtes à exploiter le succès obtenu par le 1er corps d’armée.

Offensive du chemin des Dames.
Offensive du chemin des Dames.

Le 16 avril, jour de l’offensive Nivelle, le 120e R.I. est mis à la disposition de la 7e brigade, l’état-major de la 87e brigade et les deux bataillons de chasseurs franchissent l’Aisne vers 7 heures, suivant au plus près les troupes du 1er C.A. Ils se portent à la ferme le Routy. Au signal du P.C. de l’armée, la marche est reprise vers Craonnelle. En arrivant à la hauteur du Blanc Sablon, le général de brigade se rend compte par le bruit des mitrailleuses que l’attaque n’a pas atteint le plateau de Craonne. La progression de la brigade est stoppée ; la liaison est établie avec les troupes voisines et avec le 1er C.A. À 17 heures, un ordre de la division prescrit de s’installer au bivouac dans la région de la ferme le Routy. Le lendemain, l’état major et les bataillons de chasseurs se portent sur Meurival et Muscourt où ils cantonnent.

Berry-au-Bac et cote 108.
Berry-au-Bac et cote 108.

Les jours suivants, la 87e brigade sauf le 120e R.I. se déplace vers l’Est dans la région d’Hermonville (51), puis vers Cormicy. Les deux bataillons de Chasseurs sont mis à la disposition de la 40e D.I. tandis que le 120e R.I. est missionné pour relever des éléments de la 37e D.I.

Dans la nuit du 20 au 21 avril, les deux bataillons de chasseurs remplacent aux tranchées du secteur Cormicy, des détachements des 114e et 161e R.I. Le 22, le général REMOND en prend le commandement. Ce secteur qui s’étend de l’Aisne au bastion des Africains est occupé comme suit :

  • À gauche, le 8e régiment de cuirassiers avec deux bataillons en ligne et un en réserve, le groupe cycliste de la 6e division de cavalerie.
  • Au centre, le 9e B.C.P. en entier aux tranchées, le 18e B.C.P. avec 3 compagnies plus une compagnie de mitrailleuses aux tranchées, et 2 compagnies plus une compagnie de mitrailleuses en réserve de brigade.
  • À droite, le 120e R.I. avec deux bataillons en ligne et un en réserve.

Une opération sur les petite et grande carrières, et sur la cote 108 est planifiée en direction du mont Sapigneul. Après plusieurs relèves par des éléments des 328e R.I. et 147e R.I. l’attaque est fixée pour le 29 avril. C’est le 328e R.I. qui mène l’assaut. Il atteint ses objectifs mais une contre-attaque allemande ramène tout le monde au point de départ. Dans la soirée, le général REMOND passe le commandement du secteur au colonel VALIER commandant la 7e brigade.

Berry-au-Bac, vue sur la cote 108 et le canal.
Berry-au-Bac, vue sur la cote 108 et le canal.

Les 30 avril et 1er mai la 87e brigade stationne au camp A et B, au nord de Châlons le Vergeur. La 4e division reçoit son plan d’engagement pour la grande attaque prévue entre Berry-au-Bac et le fort de Brimont, le 4 mai. Encadrée par la 42e D.I. à droite et par la 3e D.I. à gauche, elle a pour mission :

  1.  d’enlever la ligne jalonnée par l’ouvrage 3764-le mont Sapigneul, y compris la batterie 4560, le point 5153 sur le boyau du dirigeable, puis, cet objectif principal atteint,
  2. de s’emparer du front limité par l’ouvrage 4067-batterie 4864-lisière est du bois du contre-torpilleur-tranchée des Traces.

Le 2 mai, la 87e brigade remonte en ligne et relève aux tranchées du secteur de Cormicy, 2 bataillons du 328e R.I. et 2 bataillons du 147e R.I. Le 3 mai le général REMOND se rend au PC du moulin de Cormicy et reprend le commandement de l’infanterie du secteur.

Trois sous-secteurs d’attaque sont définis :

  • À gauche, 9e B.C.P en entier, de l’Aisne au chemin de terre de Sapigneul
  • Au centre, 4 compagnies plus une compagnie et demie de mitrailleuses du 18e B.C.P., du chemin de terre Sapigneul-Condé au point 3955
  • À droite, 2e et 3e bataillons du 120e R.I., du point 3955 au boyau de la Torpille

Un bataillon du 147e R.I. se tiendra comme garnison de la position de départ.

Le 4 mai, à 6 h 50, l’attaque est déclenchée. La compagnie de gauche du 9e B.C.P. se porte rapidement vers la petite carrière mais ne peut s’emparer du point 3261. Elle se cramponne sous un déluge de grenades au terrain conquis. Les éléments du centre poussent jusqu’au point 3359 mais ils sont pris à revers par des mitrailleuses sorties d’abris souterrains. Dans l’hémicycle du vélodrome, à l’ouest du chemin creux, la compagnie de droite est obligée de se terrer dans des trous d’obus, prise d’écharpe par des mitrailleuses.

Carte de l'attaque sur les carrières et la cote 108
Carte de l’attaque sur les carrières et la cote 108

Au 18e B.C.P., les 2e et 5e compagnies atteignent la 1re ligne ennemie mais elles sont également prises par les mitrailleuses dont les feux proviennent du bastion Mont Sapigneul. L’extrême droite de ce groupe est obligée de se replier sous le barrage de l’artillerie ennemie et découvre la gauche du 120e R.I.

Les 2e et 3e bataillons du 120e R.I. franchissent les tranchées Fokker et Albatros et atteignent le boyau circulaire mais elles aussi sont prises sous le feu de mitrailleuses. Leur droite n’est plus protégée par la 6e brigade qui n’a pas suivi et à leur gauche, le 18e B.C.P. à reflué. Toutes les tentatives pour renforcer les compagnies d’attaques échouent sur le barrage de mitrailleuses en provenance du mont Sapigneul et du bois en Dentelles. Les fantassins terrés dans les trous d’obus sont progressivement rapatriés vers les lignes de départ en prévision d’une nouvelle préparation d’artillerie. Les portions de tranchées conquises qui pourraient servir de base ultérieure sont consolidées et tenues.

Entonnoir de mine.
Entonnoir de mine.

À 13 heures, le chef du 9e B.C.P rapporte que son secteur est fortement bombardé et que ses chasseurs ont du repousser deux contre-attaques sur le saillant entre les deux carrières et que l’ennemi se renforce sur la rive sud du canal.

À 17 h 30, les Allemands déclenchent un violent barrage sur le canal vers Sapigneul. Ils bombardent la grande carrière, la cote 108 et les plateformes entre les deux carrières. Un peu plus tard, l’ennemi lance une très forte contre-attaque le long du canal latéral, au nord-est de la Grande Carrière. Dans le même temps, un groupe d’Allemands probablement sorti d’un tunnel émerge de la cote 108, et ouvre le feu dans le dos des chasseurs.Une contre-attaque de nuit permet aux chasseurs de reprendre les positions de départ abandonnées la veille. Au terme de la journée, aucun progrès n’a pu être réalisé. L’échec de cette tentative est à mettre au compte de la puissante organisation défensive allemande et de son réseau de communications couvert de puits où l’ennemi pouvait jaillir à tout moment. Les pertes à la 87e brigade, en fin de journée du 5 mai sont très importantes. 101 tués, 483 blessés et 467 disparus.

Vue sur la cote 108.
Vue sur la cote 108.

Le 7 mai, le 120e R.I. est missionné pour soutenir une opération de la 6e brigade (5e D.I.) dans la région des boyaux Minen et Vampire. L’attaque est menée par le 87e R.I. qui progresse légèrement mais une contre-attaque allemande ramène tout le monde au point de départ.

Le 11 mai, une nouvelle opération est menée par un détachement des deux bataillons de chasseurs sur les points 3260 et 3359. Les Allemands contre-attaquent immédiatement et repoussent les chasseurs. La tentative est réitérée le lendemain sans plus de succès à l’exception de quelques petits postes avancés au nord de la tranchée de Silésie.

Abris à la cote 108.
Abris à la cote 108.

Le 13 mai, le général REMOND passe le commandement du secteur au colonel VALIER commandant de la 7e brigade et quitte le PC du moulin de Cormicy pour se rendre au camp B où se trouve l’état-major de la 87e brigade.

La brigade est mise au repos et à l’instruction jusqu’au 14 juillet, d’abord aux camps de Brouilly et de Remigny, puis dans la région de Revigny en réserve du groupe d’armée centre avec tout le 2e C.A.

A partir du 15 juillet, la brigade est enlevée par camions et débarquée dans la région de Verdun.

Enfants de Stenay tombés dans les combats de l’Aisne :

  • BASQUIN  Léon
  • CHARY Louis Victor
  • DUBREUIL Maurice Pierre Irénée
  • ETIENNE Albert Émile
  • HENIN Jules
  • LAURENT Aimé Henri
  • RENNESSON René Alfred
  • ROSIER Marcel Georges
  • BARREAU DES ANGES DE BIBAL Roger Aymard Jean Jacques
  • DUSSUMIER de FONBRUNE René

Sources :

  • Historique et jmo du 120e R.I.
  • Historique et jmo du 18e B.C.P.
  • Historique et jmo du 9e B.C.P.
  • Jmo de la 87e Brigade.

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