Belvédère de Vaux avec vue sur la Somme.

Bataille de la Somme

 
La 87e brigade dans la bataille de la Somme

Après son engagement dans la bataille de Verdun, la 87e brigade se porte dans l’Oise, région de Conchy-les-Pots-bois des Loges, où elle séjourne dans un secteur relativement calme.

À partir du 12 juillet, elle se dirige vers la Somme dans la région d’Hangard, Villers-Bretonneux et Proyart.

Au début du mois d’août, le 120e R.I. monte en ligne et place un bataillon à la ferme Bussus, un second à la tranchée de Saxe et un troisième dans le bois triangulaire. Les 9e et 18e B.C.P. se tiennent en réserve de corps d’armée au camp de Mailly. Le travail consiste essentiellement à la remise en état des ouvrages récemment enlevés à l’ennemi et constamment bombardés par ce dernier, en représailles.

À compter du 11 août, la 87e brigade remplace la 7e, dans le secteur de Fay-Dompierre. L’artillerie allemande se montre très active mais aucune action d’infanterie n’est signalée dans cette région.

Village détruit de Fay.
Village détruit de Fay.
Village détruit de Fay.
Village détruit de Fay.

Le 16 août, la 4e division à laquelle appartient la 87e brigade est relevée par la 121e division. Du 20 au 28 août, les chasseurs des 9e et 18e B.C.P. cantonnent à Aubertcourt et Ignancourt, et les fantassins du 120e stationnent au camp 102, à 1500 mètres de Wiencourt. À la fin août, la 4e division relève par étapes les unités de la 121e division.

Le 3 septembre, le 120e R.I. se place en réserve dans la région de Fay- Dompierre et Assevillers. Les 9e et 18e B.C.P. se tiennent eux aussi en disponibilité, dans le secteur de Chuignes.

Zone de combat de la 87e brigade.
Zone de combat de la 87e brigade.

Le 6 septembre, le 3e bataillon du 120e R.I. est désigné pour lancer une attaque. Encadré à gauche par le 147e  R.I. et à droite par le 328e R.I., le bataillon prend pour objectif la tranchée de Berny, le village de Berny-en-Santerre et la voie ferrée au sud du bois Guibert. Il s’élance de sa parallèle vers 15 heures et atteint la tranchée de Berny qu’il occupe. Pris par le feu croisé des mitrailleuses allemandes, il accuse des pertes sérieuses. Le bataillon pousse son action sur le village et sur le bois Guilbert mais ne peut se maintenir en raison des volées de balles qui surgissent de tous côtés, et des pertes importantes que les compagnies laissent sur le terrain.  Le 328e R.I. qui devait protéger son flanc n’a pas suivi et contraint le 3e bataillon à stopper son opération. En fin de journée, il se replie sur les tranchées de Berny et de Verdun. Les 1er et 2e bataillons du 120e R.I. sont alertés et viennent renforcer le 147e R.I. Les bataillons de chasseurs sont quant à eux approchés des ouvrages des Loges et de Saxe.

Route de Berny à Belloy, sources CG80 et Historial de Péronne
Route de Berny à Belloy, sources CG80 et Historial de Péronne

Le 9 septembre, un détachement de chasseurs et de fantassins de la brigade reçoit l’ordre d’enlever, dans l’après-midi, le tronçon est de la tranchée de Berny encore tenu par l’ennemi mais ce dernier anticipe et attaque à la grenade la barricade qui le sépare des éléments français. Il réussit à prendre pied dans la portion de la tranchée de Berny récemment perdue et essaie de progresser dans l’ouvrage mais il est prestement stoppé par les chasseurs qui le neutralisent à la grenade. Le coup de main allemand contrarie les plans de la brigade qui a épuisé une bonne partie des munitions qu’elle destinait à l’attaque précédemment programmée. À 16 heures, seuls les chasseurs du 9e B.C.P. emmenés par le capitaine CATLIN s’élancent et bousculent à la grenade les barricades ennemies mais leur élan est freiné par un barrage de bombes et de plomb. De son côté, le 120e R.I. tente une action qui ne donne rien et qui coute la vie au chef de bataillon LECOMTE. Dans la nuit la brigade est relevée par les 352e R.I. et 48e B.C.P.

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Le 14 septembre la 87e brigade remonte en ligne et occupe les positions de la 92e. Le lendemain après-midi, un groupe emmené par le commandant BUCHET et composé de fantassins du 120e R.I. et de chasseurs du 9e B.C.P., reprend pied dans la tranchée de Berny et pousse quelques éléments sur celle des Gardes. Dans la nuit, l’assaut est poursuivi en direction de la tranchée Marchal par le 18e B.C.P. qui réussit à enlever l’ouvrage 338 mais qui, par manque de soutien, est contraint de l’abandonner et de se replier.

Chemin creux de Berny à Belloy, sources CG80 et Historial de Péronne
Chemin creux de Berny à Belloy, sources CG80 et Historial de Péronne

Le 17 septembre, une attaque conjointe rassemblant des unités des 2e et 35e corps d’armée est lancée. La 4e division reçoit pour mission de prendre Berny et de s’établir à la lisière sud du parc du village, sur la voie ferrée, sur la lisière sud du bois Guilbert et sur la tranchée de Santerre. Le général RÉMOND commandant la 87e brigade est chargé de diriger les opérations.

  • À droite, le 120e R.I. atteint péniblement le parc de Berny où il est stoppé par un violent feu de mitrailleuses et où il doit se terrer.
  • Au centre, le 9e B.C.P. renforcé d’une compagnie du 147e R.I. enlève Berny et s’avance jusqu’à la voie ferrée.
  • À gauche, le 18e B.C.P. occupe la tranchée de Dye et le talus organisé.

Malheureusement, la 3e division qui opère à gauche du 18e B.C.P., et qui avait réussi à enlever quelques éléments de tranchées, est contrainte de les rendre à la suite d’une contre-attaque allemande, découvrant du même coup le flanc des chasseurs. Une ligne de défense est aussitôt organisée pour en assurer la couverture. Malgré les efforts répétés des fantassins, la mission ne peut aboutir.

Tank MKIV engagé pour la 1re fois en Somme
Tank MK IV. La version I a été engagée en Somme

Le 18 septembre, la situation se présente ainsi :

  • le 18e B.C.P. est relié à gauche au 87e R.I., à l’est des points 335-338 et à droite, au 9e B.C.P. à la lisière ouest du bois Guilbert.
  • Le 9e B.C.P. est relié à droite au 120e R.I., au sud-est de Berny.
  • Le 120e R.I. est relié à droite au 17e R.I., au point 904.

La 3e division réussit à reprendre les positions qu’elle avait abandonnées la veille. Des reconnaissances découvrent que les Allemands ont libéré une partie des sites convoités. Une action offensive est aussitôt engagée pour occuper ces points. Seules les tranchées de Santerre et du Parc sont toujours âprement défendues par l’ennemi. Le général RÉMOND prescrit alors de poursuivre l’opération après une préparation d’artillerie de deux heures. Les patrouilles chargées de constater les destructions causées par le bombardement sont reçues par un feu violent qui interdit toute tentative d’attaque. Dans la soirée, la 87e brigade est relevée par la 92e. Elle est emmenée en auto à La Faloise, Hainneville et Sourdon.

Les unités de la brigade séjourneront jusqu’à la fin de l’année dans la région d’Estrée, Deniencourt, Berny et Belloy, secteur devenu relativement calme après la poursuite de l’offensive.

Au cours de ces opérations, la brigade perd 1093 hommes, dont 416 tués ou disparus.

Musée du p'tit train de la Haute Somme.
Musée du p’tit train de la Haute Somme.

Enfants de Stenay tués dans la Somme :

  • REICHLING Henri
  • WINGEL Joseph
  • COLIN Adolphe
  • MADELIN Sébastien

Sources :

  • Jmo de la 87e brigade
  • Historiques du 120e R.I., du 9e B.C.P. et du 18e B.C.P.
  • Mémoire des hommes
  • Geoportail IGN 2002
  • Photo de tête ; vue sur la Somme depuis le belvédère de Vaux

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