Couverture

 

Nouvelle organisation de l’armée française

En ce début de XXe siècle, les relations entre la France et l’Allemagne se sont fortement détériorées. Les deux crises marocaines (Tanger 1905 et Agadir 1911) ont exacerbé les rivalités entre les deux pays. Pourtant, c’est par la diplomatie que les problèmes vont se régler.

Canonnière allemande « Panther » au large d’Agadir ; coll. privée

PantherÀ l’issue des deux guerres balkaniques, de vives tensions règnent en Europe. L’ Allemagne qui a privilégié sa politique intérieure en investissant beaucoup dans ses capacités de production, arrive trop tard dans la course aux colonies. Guillaume II veut rattraper ce retard et se lance dans une politique étrangère agressive. Cela mènera d’ailleurs aux deux crises du Maroc.

Pour se donner les moyens de sa politique, L’Empereur augmente de façon significative son arsenal militaire et se dote d’une flotte capable de rivaliser avec celle du Royaume-Uni. Cette situation inquiète les Alliés et va les pousser à prendre des mesures préventives.

Les ambitions expansionnistes de l’Autriche-Hongrie et de la Serbie, le jeu des alliances et l’attentat de Sarajevo, vont conduire l’Europe vers une déflagration générale,

Allongement de la durée du service actif

Pour contrebalancer l’augmentation de la puissance militaire allemande, la France vote, en 1913, la loi de trois ans. Cette loi passe la durée du service actif de deux à trois ans et porte l’effectif de l’armée française à 750 000 hommes face aux 850 000 hommes de l’armée allemande.

Cette nouvelle ressource permet de consolider la ligne de couverture le long de la frontière franco-allemande. Cinq corps d’armée sont affectés à cette tâche. Ils ont pour instruction de se tenir à dix kilomètres derrière la frontière réelle de façon à prouver au monde que l’agresseur est l’Allemagne, condition indispensable pour faire marcher le jeu des alliances.

C’est en octobre 1913 que le 120e R.I. est déplacé de Péronne et Saint-Denis vers Stenay. Il forme avec les 9e et 18e B.C.P la toute nouvelle 87e brigade placée sous le commandement du général CORDONNIER.

Les 87e et 7e brigades sont jumelées au sein de la 4e division elle-même couplée à la 3e division au sein du 2e corps d’armée.

Couverture

Le 1er août 1914, le parlement vote la mobilisation générale ; le décret d’application est signé le 2 août.

L’ Allemagne déclare la guerre à la France, le 3 août, et rompt ses relations diplomatiques.

La mobilisation générale et la concentration des réservistes vers les places fortes restent toujours des opérations délicates. C’est pourquoi il convient de surveiller et de défendre la frontière pendant cette période. Le déploiement des troupes est défini dans le plan XVII du général JOFFRE et est appelé « couverture ».

Le 2e C.A. est affecté à la surveillance de la trouée de Stenay depuis Givet jusqu’à Conflans. La 87e brigade occupe l’intervalle Longuyon-Spincourt.

Le 9e B.C.P prend le secteur de Longuyon et le 18e B.C.P. celui de Spincourt. Le 120e R.I. distribue 6 compagnies sur Damvillers, Azannes et Romagne-sous-les-Côtes et 4 autres sur Jametz, Rémoiville et Louppy. Les 2 compagnies restantes sont affectées à la surveillance des ponts sur la Meuse depuis Dun jusqu’à Pouilly en attendant le déploiement des unités du 45e R.I.T. basé à Mézières.

Le 42e R.A.C place le groupe AZEMA à Jametz.

Zone de couverture de la 87e brigade

couverture

La ligne de couverture est organisée défensivement par un réseau de tranchées, de retranchements, d’arasements et par l’aménagement des maisons et de caves. Le clocher des églises fait office d’observatoire.

De nombreuses incursions de cavalerie allemande sont signalées dans la région de Morfontaine et Fillières.

Le 6 août, la 4e division de cavalerie initialement affectée au 2e C.A., est appelée en renfort du 4e corps de cavalerie pour une expédition en Belgique. Le 2e C.A. est désormais dépourvu de division de cavalerie et doit se débrouiller avec le régiment de chasseurs à cheval qui lui reste (19e R.C.C.).

Le 8 août, les chasseurs à pied du 18e B.C.P. sont bousculés par la cavalerie allemande dans la région de Spincourt. Ils se replient sur Villers-les-Mangiennes. Le 9e B.C.P., de son côté, reflue vers Flassigny.

Le 10 août, Français et Allemands s’affrontent à Mangiennes ; la 9e division de cavalerie française est appelée à Marville, où elle affronte le 3e D.C. allemande.

Le 14 août, la mobilisation est terminée ; la couverture aussi.

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