Bataille de Mangiennes

Bataille de Mangiennes (10 août 1914)

À partir du 31 juillet 1914, la France sait que par le jeu des alliances, la guerre avec l’Allemagne est inévitable. Elle envoie ses troupes de couverture prendre position le long de la frontière. Le 1er août, la mobilisation générale est votée ; le décret d’application est signé le lendemain.
Les opérations de mobilisation et de concentration vers la frontière et vers les places fortes sont toujours des actions délicates. En effet, quoi de plus facile pour un assaillant qui réussirait à passer entre les mailles du filet que de neutraliser une troupe éparpillée, non équipée et non armée ? Le rôle de la couverture consiste justement à verrouiller la frontière pour éviter ce scénario. Les règles de mobilisation et de couverture ont été parfaitement établies dans le plan XVII du général JOFFRE.

Le 2e C.A. bouche la trouée de Stenay en plaçant sa 3e division entre Pouilly et Dun-sur-Meuse et sa 4e D.I. dans l’axe Longuyon-Spincourt.
Le 9e B.C.P. s’occupe du secteur de Longuyon et le 18e B.C.P. prend sous sa responsabilité celui de Spincourt. Ces deux unités sont aux avant-postes.
Le 19e R.C.C. assure la liaison entre les deux bataillons de chasseurs et organise des patrouilles vers Fillières et Morfontaine.
Les autres régiments de la 4e division restent en seconde ligne ; la 7e brigade tient le front Vittarville-Delut-Dombras et le 120e R.I. occupe Damvillers, Azannes, Romagne, Jametz, Rémoiville et Louppy.
Le 6 août, la 4e D.C. qui était affectée à la 4e D.I. et qui lui apportait puissance et rapidité de mouvement, est orientée vers une autre mission en Belgique. Les chasseurs ne disposent plus que d’un escadron du 19e R.C.C. pour les assister en cas d’attaque. La 9e D.C. du général de l’ESPÉE qui est affectée au corps d’armée, ne peut malheureusement pas être mise à temps plein, à la disposition de la 4e D.I.
Le 8 août, des unités de cavalerie allemande puissamment armées, bousculent les chasseurs qui doivent se replier sur Flassigny pour le 9e B.C.P. et sur Peuvillers via Villers-les-Mangiennes pour le 18e B.C.P.

Le 9 août, la situation des 3e et 4e armées est la suivante :
Le général RUFFEY a installé le Q.G. de la IIIe armée au collège Buvignier à Verdun. Les 4e et 5e C.A. se portent sur les Hauts de Meuse. Les 3 divisions du 6e C.A. ainsi que la 7e division de cavalerie tiennent le secteur sud de la Woëvre et poussent quelques détachements sur le front Conflans-Pont-à-Mousson. L’ennemi ne montre pas de velléité offensive dans ce secteur.
Suivant les instructions du G.Q.G., la IIIe armée s’établit sur le front Flabas-Ornes-Vigneulles-Saint-Baussant et s’étale sur une longueur de 70 kilomètres. Elle reçoit pour mission : soit d’agir vers le nord, soit d’attaquer tout ce qui débouche de Metz. Les divisions de réserve de la IIIe armée ne débarqueront que le lendemain.

Au nord-ouest, la IVe armée n’a pas encore commencé son mouvement vers la Meuse. Elle doit s’intercaler entre l’armée de RUFFEY et la Ve armée de LANREZAC, prête à attaquer entre l’Argonne et la Meuse. Seul, le 2e C.A. qui lui est rattaché depuis la veille, a traversé la Meuse. Les autres corps sont en chemin.

Dans la soirée du 9, les flancs intérieurs des IIIe et IVe armées sont au contact le long de la ligne Samogneux-Damvillers-Mangiennes. Au nord, le 2e C.A. s’est resserré entre Chiers et Loison, laissant au 4e C.A. la région d’Azannes et Damvillers. Le nouveau front attribué à la 4e D.I. s’étend jusqu’à Marville.

Front de la 4e D.I.

Le gros de la division Rabier (4e D.I.) stationne au confluent de la Thinte et du Loison, dans le secteur Peuvillers-Dombras-Dimbley-Delut-Vittarville. Deux détachements, aux avant-postes, assurent sa couverture.

Le premier, sous les ordres du général LEJAILLE (7e B.I.), comprend le 91e R.I., le 1er groupe du 42e R.A.C.et une compagnie du génie. Il occupe le secteur Pont Chaudron-Villers-les-Mangiennes-bois de Parfondevaux.

Le second, commandé par le général CORDONNIER (87e B.I.) est constitué du 120e R.I. et du 2e groupe du 42e R.A.C. Il garde l’Othain de Saint-Laurent à Marville.

Suite à la bousculade des chasseurs par la K.D.6. (6e division de cavalerie allemande), la 9e D.C. est dépêchée sur Mangiennes. Dans la région de Villers, LEJAILLE partage le terrain en deux sous-secteurs :

  •  Le 1er bataillon du 91e R.I (I/91 RI) occupe la rive droite du Loison. Il organise le mamelon 260, la corne sud-est, et la lisière est du bois de Parfondevaux.
  • Le 3e bataillon du 91e R.I. (III/91 RI) prend position sur la rive gauche. Il creuse des tranchées dans le mouvement de terrain de la Chapelle-Saint-Jean.
  • Le 2e bataillon du 91e R.I. (II/91 RI) reste en réserve ; deux compagnies assurent la défense du village de Mangiennes. Elles y cantonnent en attendant l’arrivée du 4e C.A.
  • Le I/42e R.A.C. se met à la disposition du général LEJAILLE.

Le 19e R.C.C. envoyé en reconnaissance du côté d’Arrancy, signale qu’une division de cavalerie allemande avec de l’infanterie a été aperçue.
Au nord du détachement LEJAILLE, CORDONNIER tient les passages de l’Othain de Saint-Laurent à Marville avec les deux premiers bataillons du 120e R.I. ; le troisième reste en réserve à Delut. Le 2e groupe du 42e R.A.C. (II/42 RAC) cantonne dans la soirée à Rupt-sur-Othain.

Positions des armées au 9 août, d’après « Mangiennes » du Cel PUGENS.

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4e corps d’armée

Le 4e C.A. (général BOËLLE) a relevé, le 8 août, une partie de la couverture du 2e C.A. Il dispose ses unités ainsi :

  • 8e division (général de LARTIGUE), au nord, sur la ligne Damvillers-Romagne-Moirey.
  • 7e division (général de TRENTINIAN), au sud, dans la zone Azannes-Ornes-Dieppe.

Le 9 août, au soir, le 130e R.I porte deux bataillons en avant-poste à Mangiennes et Billy. Une batterie du 31e R.A.C. est poussée à Romagne-sous-les-Côtes pour éventuellement les appuyer.

Le Ier bataillon arrive sur Mangiennes qu’il trouve occupé par une unité du 91e R.I. et un escadron de cavalerie de la 9e D.C. Le IIe bataillon se dirige sur Billy qu’il atteint dans la nuit.

Le 10 août, à l’aube, le 14e Hussards (14e R.H.) lance des reconnaissances au-delà de Mangiennes et de Billy, vers Arrancy et Longuyon. Deux importantes colonnes ennemies marchant sur Châtillons-sur-Othain sont aperçues par l’avant-garde des Hussards. Les mitrailleuses sont mises en position à la cote 267 et tirent sur les Allemands qui pénètrent dans Pillon. La riposte ne se fait pas attendre. Une unité d’infanterie ennemie appuyée par de nombreuses mitrailleuses et par une batterie installée au nord-est de Sorbey attaque le mamelon 267 ; les hussards se replient dans le bois de Villers.

Mis au courant de la situation, les colonels commandant les 130e et 91e R.I. se répartissent les tâches pour défendre Mangiennes :

  • Le bataillon du 91e R.I. défendra le village,
  • Le bataillon du 130e R.I. s’établira au sud.

Il apparait urgent de bien s’organiser car les reconnaissances signalent une forte colonne allemande (K.D.6), de toutes armes, marchant sur Pillon par Pierrepont et Arrancy. L’ennemi tient les bois de Rafour et Belchêne ainsi que les villages de Sorbey, Nouillonpont et Rouvrois.

Vers 9 h 15, quelques obus tombent en avant des positions françaises. Le colonel LAFFARGUE qui ne dispose que du I/130 RI., prescrit au 2e bataillon qui se trouve à Billy de le rejoindre dès qu’il aura été relevé par le 102e R.I. Quelques unités du I/130 RI sont envoyées en avant pour occuper des points stratégiques. La 2e compagnie qui doit éclairer en direction du bois de Saint-Médard, est poussée sur la rive droite du Loison. Elle est aussitôt prise sous le feu de mitrailleuses invisibles et des canons ennemis qui l’obligent à se replier. Curieusement, l’infanterie allemande ne se manifeste pas.

Vers 11 h 30, le combat s’estompe ; quelques obus tombent encore çà et là mais rien de grave. Vers midi, l’engagement semble terminé.
Du côté de Marville, la 9e D.C. du général de l’ESPÉE affronte la K.D.3, dans la région du bois Lagrange et de Charency. La charge du 24e Dragons et l’attaque des chasseurs cyclistes sur le bois n’apporteront pas de résultats tangibles mais fixeront la 3e division de cavalerie allemande (K.D.3) sur Flabeuville.

Le général de LARTIGUES, prévenu à son Q.G. de Moirey, dépêche une batterie du 31e R.A.C. aux Clairs-Chênes pour appuyer les deux bataillons du 130e R.I.

On reste convaincu, à Mangiennes, que cette affaire est terminée et personne ne pense à envoyer quelques reconnaissances pour faire le point sur les mouvements de l’ennemi. Au contraire, on veut éviter l’affrontement.

Vers 13 heures, après sa relève, à Billy, par le II/102 RI, et une longue marche de nuit, le II/130 RI rejoint le I/130 RI. La situation parait calme, tout le monde se met au repos.

Vers 13 h 30, un déluge d’obus s’abat sur les deux bataillons du 130e R.I. et sur la cote 222 ; les projectiles semblent venir de la cote 267, à l’ouest du bois de Saint-Médard. La surprise est totale et une légère panique s’ensuit. Heureusement, les cadres du régiment reprennent leurs hommes en main et les disposent, à l’abri, derrière un pli de terrain.

Les mitrailleuses et les canons ennemis pilonnent la cote 222. Les batteries allemandes sont aussitôt contrebattues par les pièces du I/42 RAC en position à la Chapelle Saint-Jean et par celles de la 9/31 RAC. installées à la cote 209. Le duel d’artillerie tourne à l’avantage du groupe AZEMA. Cependant, une batterie ennemie non repérée, prend sous son feu le III/91 RI et lui cause des pertes sensibles.

Vers 14 heures, l’infanterie allemande se manifeste le long de la lisière nord du bois du Grand-Chanel. Elle est aussitôt prise à partie par le I/42 RAC et se replie en désordre. Un autre détachement descend la pente vers le Loison à cheval sur la route qui mène à Mangiennes. L’attaque du village ne fait aucun doute. Les fantassins et les mitrailleurs se livrent à des échanges de tir très vifs.

Vers 16 heures, l’ennemi réussit à placer ses M.G 08 dans un ravin de la cote 244. Elles prennent d’écharpe les unités du 130e R.I. qui subissent de lourdes pertes. Ces mitrailleuses, bien camouflées, ne peuvent être combattues. Le colonel LAFFARGUE prescrit à ses deux bataillons de se replier vers la sortie sud-ouest de Mangiennes pour rejoindre le II/91 RI. Pour faciliter ce retrait, il envoie depuis l’arrière deux compagnies en couverture. Malencontreusement, l’arrivée de ce détachement est mal interprétée par les bataillons de 1re ligne. Ils se méprennent sur la manœuvre et, pensant disposer d’un appui supplémentaire, lancent une attaque à la baïonnette sur les positions ennemies. Malheureusement, à peine engagées dans la plaine qui mène au Loison, les unités en formation très dense sont littéralement fauchés par les salves d’infanterie et les tirs de mitrailleuses. En quelques instants, les pertes s’avèrent énormes. Quelques centaines d’hommes réussissent malgré tout à atteindre la rivière et même, pour certains, à la traverser.

La charge héroïque mais folle de l’infanterie française ayant complètement échoué, les débris des bataillons se replient et se reconstituent derrière la cote 222 et dans les bois de Mangiennes. Paradoxalement, les Allemands ne poursuivent pas ; l’explication vient ci-après.

Le général De LARTIGUES, éloigné des combats dans son P.C. de Moirey, et recevant des informations contradictoires, ne saura que le lendemain ce qui s’est réellement passé.

Du côté de Billy-les-Mangiennes, la 45e brigade de cavalerie allemande se lance à l’attaque du bourg. Elle gagne les lisières du bois des Rappes et du bois de Warphemont, face au village, mais elle est clouée sur place par le II/102 RI qui le défend.

Carte des combats du 10 août, extraite du livre du Lt Cel PUGENS

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Combat de la 4e Division d’infanterie

Attaque allemande sur le 91e R.I.

Pendant qu’au sud de Mangiennes se déroulent les évènements relatés ci-dessus, le combat prend une tournure différente dans sa partie nord. L’action des obusiers allemands s’est considérablement réduite à la suite du tir efficace des canons français, mais une batterie reste opérationnelle et son feu devient de plus en plus précis. L’infanterie adverse, bien soutenue par ses pièces, progresse vers le village, à cheval sur la route principale ; le bourg et le II/91 RI sont inondés d’obus.

Les Allemands s’approchent du village et prennent position sur la crête 267, en seconde ligne. Ils installent des mitrailleuses au nord-est de Mangiennes et ouvrent le feu sur le bataillon. Quelques détachements ennemis atteignent la lisière du village. Le II/91 RI se replie et découvre le III/91 RI qui esquisse un mouvement rétrograde. Le colonel BLONDIN qui n’a qu’une vision partielle des évènements, constate que ce recul coïncide avec l’échec sanglant et la retraite du 130e R.I. ; la situation parait critique.

Au 91e R.I., on envisage déjà la possibilité d’un retrait stratégique. Tout à coup, au grand étonnement de tous, les mitrailleuses allemandes se taisent. L’infanterie qui dévalait la pente vers Mangiennes, remonte en toute hâte vers le bois du Grand-Chanel, accompagnée par les obus du groupe AZEMA.

Vers 16 h 30, le colonel BLONDIN prescrit, dans un premier temps, de tenir les positions puis se ravise et ordonne, un peu plus tard, au II/91 RI de se replier. Cet ordre n’est pas exécuté car le bataillon reprend la main dans le village et réussit à déloger les quelques ennemis qui se sont infiltrés.

Que s’est-il passé, entre 16 heures et 17 heures, pour que les Allemands cessent leur attaque ?

La 87e Brigade en couverture derrière l’Othain

Cette brigade prolonge le détachement LEJAILLE vers le nord, le long de l’Othain. Après le recul des deux bataillons de chasseurs l’un vers Flassigny et l’autre sur Peuvillers, le 120e R.I se trouve en 1re ligne. La 87e brigade, appuyée par le 2e groupe du 42e R.A.C., couvre un secteur de plus de six kilomètres entre Saint-Laurent et Petit-Failly. Elle se relie, au nord, à la 3e D.I.

cordonnierLe général CORDONNIER qui commande la brigade de Stenay, a choisi de placer ses troupes sur la contre-pente des hauteurs au sud de Marville et sur les lisières est des bois de Marville et de Parfondevaux. Ces positions sont parfaitement masquées aux vues de l’ennemi.

Les 1er et 2e bataillons du 120e R.I. barrent les passages du Loison pendant que le troisième reste au repos à Delut. Quelques compagnies sont placées en avant-postes aux endroits stratégiques avec pour mission de bloquer les cavaliers allemands sans toutefois les accrocher.

Pour le détachement CORDONNIER, la matinée se déroule sans trop de problèmes. Vers 13 heures, une forte canonnade est entendue en direction de Mangiennes. Sur le front du 120e R.I., tout semble calme.

Sans liaison rapide avec la 7e brigade de LEJAILLE pour s’informer de la situation, CORDONNIER alerte le III/120 RI et le 9e B.C.P., en réserve près de Delut. Quelques compagnies sont approchées de Saint-Laurent. Le bataillon de chasseurs est chargé d’établir des liaisons, par coureurs, avec les P.C. des différents détachements. S’étant fait confirmer, par les chefs de bataillon, que la situation demeure calme sur le front de la 87e B.I., le général décide de prélever des troupes de son secteur et de les porter vers la zone de bataille.

Le 9e B.C.P. est dirigé vers Dombras avec deux batteries du II/42 RAC pour l’appuyer en cas de besoin. CORDONNIER, qui a pris soin d’étayer son action, réunit dans la région de Saint-Laurent, toutes les forces dont il peut disposer.

Deux compagnies du 120e R.I. sont dépêchées en direction de ce dernier village, en longeant la lisière du bois de Marville, jusqu’à la route Dombras-Grand-Failly. Une batterie (LOMBAL) du II/42 RAC est chargée de les accompagner et de leur prêter son appui, en cas de besoin. Compte tenu de l’urgence de la situation, cette unité emprunte la route directe, Marville-Saint-Laurent, au lieu de la contourner par Delut et Dombras, au risque de se faire repérer. Arrivée à un kilomètre au sud-ouest de Grand-Failly, la batterie quitte la route et longe la lisière du bois.

À 16 h 30, le général CORDONNIER renforce son détachement par les compagnies en réserve à Delut et par deux autres unités prélevées à la couverture. Les canons de LOMBAL se mettent en position sur les hauteurs au nord-ouest de Saint-Laurent. Ils ont pour mission de tirer sur les mouvements de troupes aperçues à la lisière du Grand-Chanel.

Un échange de coups de feu est perçu dans le village puis, la 6/120 RI chargée de le défendre commence à se replier. Le général CORDONNIER, qui arrête immédiatement ce mouvement de recul, est informé que l’infanterie allemande progresse de Pillon vers le bois du Grand-Chanel et qu’un régiment de cavalerie a mis pied-à-terre, à la lisière nord de ce bois.

Vers 16 h 45, la 6e batterie du 42e R.A.C., placée sous la protection des 7e et 8e compagnies du 120e R.I., a réglé minutieusement ses canons. Elle déclenche son feu, à 4500 mètres,  sur les cavaliers du 21e régiment de dragons allemands. Le tir très précis fait des ravages dans les rangs ennemis. La panique s’installe ; hommes et chevaux courent dans tous les sens puis s’effondrent, hachés par les obus. En quelques minutes, les dragons perdent la moitié de leur effectif. Ceux qui s’en sortent, fuient dans toutes les directions.

À la suite de cette action, CORDONNIER lance les fantassins du 120e R.I. en direction de Pillon. Emmenées par le lieutenant-colonel MANGIN, les compagnies attaquent le bois du Grand-Chanel par le nord et par l’est pour couper la retraite aux ennemis qui occupent encore le bois. Ceux qui tentent d’en sortir sont aussitôt fauchés par les obus à balles de la batterie LAMBAL et par le feu des mitrailleuses du 120e R.I.

À 18 h 30, le détachement Mangin pénètre dans le bois et charge, baïonnette au canon. L’ennemi détale en désordre vers Pillon. La victoire est complète. MANGIN reçoit l’ordre de rompre le combat et de se replier. Les pertes de la 87e brigade sont très faibles.

À la suite de ces actions, les compagnies du 120e R.I. et la batterie du II/42 RAC rejoignent leurs positions initiales de couverture. L’ennemi abandonne Spincourt et se retire sur Mercy-le-Bas. Il demandera un cessez-le-feu pour relever ses morts et ses blessés. Il le lui sera accordé par le général LEJAILLE.

Observations

  • Nous avons ici l’explication du retrait allemand de Mangiennes alors que l’ennemi semblait l’emporter facilement. L’attaque de CORDONNIER sur son flanc et sur ses arrières l’a obligé à retraiter en désordre.
  • La charge de cavalerie de la 9e D.C. du général de l’ESPÉE sur le bois Lagrange, à l’est de Marville, a bloqué la K.D.3 sur Flabeuville. Elle n’a pu, de ce fait, prêter son appui à la K.D.6 dans son action sur Mangiennes.
  • Pour éviter que ne se reproduisent des charges folles à la baïonnette comme celle menée par le 130e R.I. à Mangiennes, le général en chef fait les recommandations suivantes : “Les combats livrés jusqu’ici ont mis en lumière les qualités offensives de notre infanterie ; mais sans vouloir en rien briser cet élan, qui est le principal facteur de succèsIl importe […]  de savoir attendre l’appui de l’artillerie et d’empêcher les troupes de s’exposer hâtivement au feu de l’ennemi. Il faut, en outre, qu’à aucun moment, la direction du combat n’échappe aux officiers généraux ; l’infanterie doit amorcer l’investissement des points d’appui, les tourner si elle le peut et ne pas se contenter d’aborder directement le front de l’ennemi. L’artillerie doit être mise en batterie, aussi nombreuse que possible, dès le début de l’engagement. Les attaques seront d’autant plus foudroyantes et moins meurtrières, qu’elles auront été préparées avec plus de soin.”

Monument en mémoire des soldats du 130e R.I., tombés pendant la bataille de Mangiennes, le 10 août 1914. Il se trouve à 600 mètres de la sortie sud-est de Mangiennes, en direction de Billy.

Géolocalisation ⇒ N 49° 20′ 53.7″ ; E 5° 32′ 12.8″

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Sources :

  • “Mangiennes” du lieutenant-colonel PUGENS
  • “Une brigade au feu” du général CORDONNIER
  • “Deux ans de commandement” du général De LANGLE de CARY
  • « Mangiennes, 10 août 1914 » L. COLLIN
  • Site  : Sambre-Marne-Yser.
  • A.F.G.G. T1V1
  • Crédit photo général CORDONNIER : sambre-marne-yser , tous droits réservés
  • Photo de tête : Pillon en ruine, coll. A.M.Stenay

 

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