Bataille de la Meuse

Combats de Cesse et Luzy-Saint-Martin

Retraite sur la rive gauche de la Meuse et cantonnement des unités, le 26 août 1914

Traversée de la Meuse

combats de Cesse traversee meuse

Corps colonial : (général LEFEBVRE)

2e division coloniale (général LEBLOIS) (Marseille, Toulon, Perpignan, Sète, Hyères)

La division passe la Meuse par le pont de bateaux de Martincourt avec la 3e division coloniale et les éléments non endivisionnés autres que la 5e brigade. Le pont en dur est réservé à l’artillerie et aux trains.

Elle se porte à la lisière sud de la forêt de Jaulnay. Dans la journée du 26, la division organise une position défensive le long de la lisière est de cette forêt.

3e division coloniale (général LEBLOND) (Brest, Cherbourg, Rochefort, Bordeaux)

La division passe la Meuse à Martincourt par le pont de bateaux ; L’artillerie et les trains empruntent le pont en dur. La division se porte sur Maison Blanche et occupe la lisière nord de la forêt de Dieulet.

5e brigade coloniale (Paris)

La brigade passe la Meuse à Inor et se dirige sur la ferme de la Fontaine aux Frênes. Dans la journée du 26, la brigade se porte aux fermes Beauséjour et Petite Forêt, au sud de Beaumont.

2e corps d’armée (général GÉRARD)

3e division (général RÉGNAULT) (Amiens, Béthune, Abbeville, Saint-Quentin, Beauvais)

La 3e D.I. se replie par Baalon puis Mouzay et traverse la Meuse et le canal par un pont de bateaux au niveau du stand de tir à 2000 mètres au nord de Mouzay. Elle se porte sur Halles-sous-les-Côtes, Beauclair, Tailly et Nouart. Des avant-postes sont placés à Sassey, Saulmory, Wiseppe et Laneuville. L’artillerie et les trains passent par le pont de pierre de Stenay. Cette division assure la liaison entre le 2e C.A. et le 4e C.A. ; jonction à Sassey.

4e division (général RABIER) (Stenay, Longuyon, Sedan, Mézières)

La 4e division qui tient le secteur Château de Bronnelle, Nepvant, Martincourt et Brouennes se replie par le pont de bateau de Cervisy pour l’infanterie et par le pont de pierre de Stenay pour l’artillerie et les trains. Elle se porte dans la clairière de Beaufort, tenant la lisère nord-est de la forêt de Dieulet en liaison à Maison Blanche avec le corps colonial qui occupe la forêt de Jaulnay. À midi, le pont de Stenay est détruit et le pont de bateaux de Cervisy est replié.

Régiments non endivisionnés (Amiens, Abbeville)

Les 272e R.I. et 328e R.I. passent la Meuse avec le 19e R.C.C en soutien d’artillerie. Ils cantonnent à Barricourt, Nouart et Tailly.

12e corps d’armée (général ROQUES)

23e division

La division se replie par Inor, Moulin-Saint-Hubert puis passe la Meuse au pont de l’Alma pour la 45e brigade et au pont de Pouilly pour la 46e. L’artillerie se place à cinq cents mètres au sud de Beaumont. La division organise les hauteurs de la rive gauche de la Meuse entre le bois Failly et la vallée de la Wame. La liaison à droite avec le corps colonial est réalisée sur la Wame et la passerelle

24e division

La division organise défensivement les hauteurs de la rive gauche de la Meuse entre la ferme Givodeau en liaison avec le 17e C.A. et le bois Failly en liaison avec la 23e D.I.

Organisations défensives entre Pouilly-sur-Meuse et Wiseppe.

Organisations défensives

combats de Cesse org rive gauche

Corps colonial

2e D.I.C

La 4e brigade d’infanterie coloniale (4e et 8e R.I.C.) est chargée de la défense de la forêt de Jaulnay et organise une ligne d’abattis et de tranchées dans l’axe Cesse Pouilly.

La 6e B.I.C (22e et 24e R.I.C.) se tient en réserve à 1500 mètres en arrière de cette ligne.

Le 3e R.A.Col place deux groupes à la Bouteille, au sud-ouest de Maison Blanche, à côté des deux  groupes du 1er R.A.Col. Une moitié de ce contingent est pointée sur Pouilly, l’autre sur Martincourt.

Dans la matinée du 27 août, un mouvement de troupes dispose les unités coloniales dans cet ordre. Sur la lisière est de la forêt de Jaulnay, du Nord vers le Sud : 22e R.I.C. ; 24e R.I.C. ; 4e R.I.C. ; 8e R.I.C.

3e D.I.C.

La 1re B.I.C. se positionne sur la lisière sud de la forêt de Jaulnay à l’ouest de Maison Blanche. Au matin du 27 août, les 1er et 2e R.I.C. se portent dans la clairière au nord de la Bouteille, en soutien de l’artillerie coloniale.

La 3e B.I.C. dispose ses unités ainsi : le 7e R.I.C au petit bois avec un bataillon à Cesse ; le 3e R.I.C à l’endroit où la route Stenay-Beaumont pénètre dans le bois. Le bataillon de Cesse est rappelé dans la nuit.

La 5e B.I.C. place ses régiments de part et d’autre du ruisseau de la Wame : le 21e R.I.C à l’Est, entre ce ruisseau et la corne nord-est de la forêt de Jaulnay ; le 23e R.I.C. à l’ouest du ruisseau dans le bois de la Vache. Remplacé par la 23e D.I. ce dernier se porte à la ferme de la Fontaine-aux-Frênes en réserve de corps.

2e corps d’armée (général GÉRARD)

3e D.I. (général RÉGNAULT)

Dans la nuit du 26 au 27 août, le secteur de la 4e division s’étend de la ferme de la Fontaine aux Frênes jusqu’à Laneuville exclu. Le secteur de la 3e division est donc augmenté de ce dernier village.

La 5e brigade défend les hauteurs qui s’étendent de Wiseppe à Sassey. La 7e batterie du 17e R.A.C. s’installe au nord de cette ligne. Le 4e corps qui n’a pas d’Allemands devant lui, reprend cet espace en liaison avec le 128e R.I (colonel LORILLARD) qui se poste en face de Wiseppe. La zone de surveillance de la brigade s’étant considérablement rétrécie, le 72e R.I (colonel TOULORGE) devient disponible et se met en réserve de division dans la plaine de Halles.

La 6e brigade (général CARÉ) reçoit pour mission de défendre la grand-route de Stenay, au Nord, avec le 51e R.I. (colonel LEROUX)  et celle de Laneuville, au Sud, avec le 87e R.I. (colonel RAUSCHER). Deux batteries sont installées aux abords de Laneuville(1).

4e D.I. (général RABIER)

La 87e brigade (général CORDONNIER) porte le 18e B.C.P au sud de la route Laneuville-Beaumont, au niveau de Maison Blanche. Le 9e B.C.P. se positionne sur la lisière nord de la forêt de Dieulet au droit de la cote 190. Le 120e R.I reste en réserve de brigade et se tient à la Bouteille en soutien d’artillerie. Le 42e R.A.C. met 2 groupes A.D.4 à la disposition de la brigade. Le 3e groupe qui devait initialement se mettre en batterie sur la lisière est de Jaulnay pour battre les ponts de Martincourt et d’Inor, se place finalement en lisière nord de Dieulet, 400 mètres à l’ouest de Maison Blanche, suivant les prescriptions du général LEBLOIS aux ordres duquel le groupe est placé.

La 7e brigade (général LEJAILLE) se porte sur la ferme de la Fontaines-aux-Frênes en soutien des coloniaux. Le 147e R.I. positionne ses bataillons le long de la lisière ouest entre la route nationale et la ferme ; le 91e R.I. un kilomètre à l’intérieur du bois. Cette brigade dispose d’un groupe A.C.2.

Éléments non endivisionnés

Le matin du 27 août, le 272e R.I. se porte entre Beauclair et Halles et le 328e R.I. à la lisière du bois de Nouart, au nord-ouest de Beauclair. Ces régiments sont chargés d’assurer la défense de Beauclair et du bois de Nouart et de couvrir le repli éventuel des troupes positionnées dans les forêts de Jaulnay et de Dieulet.

Combats de Cesse Luzy

Attaque de jour

combats de Cesse-jour Combat de jour

Attaque sur Luzy

Il a plu toute la nuit du 26 au 27 août. Les chemins sont devenus impraticables et les ornières se sont transformées en véritables cloaques. Dans la forêt, l’acheminement des troupes et du matériel s’avère extrêmement pénible.

Le 27 août, à 4 heures, le 3e bataillon du 4e R.I.C. qui surveillait le débouché de la Meuse face à Inor et qui n’a détecté aucun Allemand sur la rive gauche de la rivière, reçoit l’ordre de se replier derrière la position défensive organisée le long de la laie forestière Cesse-Pouilly, dans la forêt de Jaulnay.

À 6 heures, profitant du brouillard, l’ennemi traverse la Meuse à Martincourt par les ponts de bateaux jetés pendant la nuit et se lance en nombre à l’attaque de la forêt de Jaulnay par Luzy et Cesse. Les coloniaux contre-attaquent, avec le 22e R.I.C., dans l’axe du chemin de la forêt de Jaulnay à Luzy, épaulé par un bataillon du 24e R.I.C. et un second du 4e R.I.C. Ce régiment qui devait occuper la corne nord-est de la forêt se retrouve à droite de la 6e B.I.C. Le bataillon du 4e R.I.C., chargé de surveiller l’intervalle entre Pouilly et Inor à la pointe nord, l’a évacué ; il n’y a donc personne à gauche du 22e R.I.C. Le 3e bataillon (III/22RIC) s’élance à son tour sous une fusillade et une canonnade nourries vers la crête qui surplombe Luzy, suivi par le 2e bataillon du 24e R.I.C qui le prolonge à droite. Non soutenus par l’artillerie, les bataillons piétinent. Le colonel les renforce successivement par les compagnies du 2ème bataillon (II/22RIC). D’autres unités du 4e R.I.C sont engagées à leur tour pour prêter leur appui, aux 22e et 24e R.I.C. très éprouvés.

Vers 8 heures, le 1er groupe du 42e R.A.C., parti de Champy-Bas à 4 heures avec 2 batteries, se met en position au sommet de La Bouteille à droite d’un groupe colonial. Le 2e groupe qui devait s’installer à côté du 1er groupe reste embourbé et doit rebrousser chemin. Une demi-heure plus tard, la moitié des batteries coloniales, la 2e batterie et le 3e groupe du 42e R.A.C. tirent sur l’infanterie et les pièces allemandes en position sur les pentes à l’est de Martincourt.

Vers 9 heures, les deux bataillons de gauche (22e R.I.C.) sont pris de flanc par les mitrailleuses que l’ennemi a installées à la corne nord-est de la forêt de Jaulnay ; ce dernier a profité du manque de surveillance de ce secteur pour passer la Meuse sur un pont de bateaux à Inor et l’occuper en toute liberté. Deux compagnies du 22e R.I.C. soutenues par des éléments des 4e, 8e et 24e R.I.C. et la 1re section de mitrailleuses, sont envoyées à l’attaque de cette partie du bois.

L’artillerie allemande placée au nord-ouest de Martincourt et sur les hauteurs de Cervisy arrose copieusement les coloniaux d’obus de tous calibres, rendant la progression vers la crête de Luzy extrêmement difficile.

Dans le même temps, le 8e R.I.C. envoie le bataillon NOTHON (II/8RIC) en renfort du 4e R.I.C. à la lisière de la forêt.

Vers 10 heures, le bataillon PASQUIER (III/8RIC) reçoit l’ordre de prolonger la gauche du 4e R.I.C. Le bataillon FLEURY (I/8RIC) qui est resté en observation sur la lisière ouest, est appelé pour appuyer l’attaque. La traversée de la forêt, d’ouest en est, se révèle très difficile par l’état détrempé du terrain.

Après avoir neutralisé les mitrailleuses allemandes de la corne nord-est et repoussé l’ennemi vers Inor, les coloniaux peuvent enfin progresser en direction de Luzy. Les dernières batteries du 42e R.A.C sont maintenant réglées. Elles déversent un déluge d’obus sur l’ennemi. Protégés sur leur flanc et appuyés par l’artillerie, les coloniaux entreprennent le nettoyage à la baïonnette du plateau de Luzy. Une colonne allemande, circulant sur la route Martincourt-ferme Heurtebise, est prise sous le feu de la batterie 7/42RAC ;  les pertes ennemies sont importantes.

En fin de matinée, la brume se lève. Des hauteurs de Martincourt, les servants des obusiers lourds allemands disposent maintenant d’une vue directe sur les canons français facilement repérables à la lueur du départ de leurs coups. À partir de ce moment, l’artillerie française ne tirera plus qu’en pointillé. Le tir précis des obusiers ennemis oblige les artilleurs français à se mettre à l’abri et à ne revenir à leurs pièces que quand le feu s’est calmé. La 3e batterie en position à la lisière de la forêt de Jaulnay, est particulièrement éprouvée et sera abandonnée par ses servants jusqu’à la nuit.

Vers midi, la 4e compagnie du 22e R.I.C. est engagée à son tour. Malgré des pertes énormes causées par les tirs d’enfilade de l’infanterie et le feu des batteries allemandes, cette compagnie réussit à atteindre la crête qui domine la Meuse. Quelques compagnies supplémentaires du 4e R.I.C. viennent participer à l’attaque sur Luzy. Pour protéger le repli de leurs troupes, les canons allemands forment un barrage à l’ouest de Cesse et Luzy. Des tirs de contre-batterie français sont vainement mis en œuvre pour éteindre le feu des obusiers de 15 cm placés sur les hauteurs de Cervisy.

Vers 13 h 30, deux compagnies du 22e R.I.C. réussissent à pénétrer dans Luzy. Le village est alors inondé de balles et d’obus par l’ennemi ; le chef de bataillon GRAMMONT est grièvement blessé. Le colonel, touché par une balle de shrapnell, assiste à l’assaut et fait ravitailler la 1re ligne par un peloton du 24e R.I.C., lui faisant porter des munitions prélevées aux nombreux blessés dans la forêt. Les pertes en hommes et en officiers sont considérables. Le général commandant la 2e D.I.C. dont les prescriptions étaient d’interdire le débouché de la Meuse aux Allemands et pas de dépasser la crête qui surplombe Luzy, ordonne aux soldats qui ont pénétré dans le village de revenir sur le plateau. Les unités mélangées se retirent, poursuivies par un déluge d’obus. Luzy est en flamme.

Attaque sur Cesse

Au matin, l’ennemi attaque les parties nord et est de la forêt de Jaulnay puis il pousse une pointe par Cesse vers  la forêt de Dieulet.

À 7 h 30, le colonel commandant la 3e D.I.C. donne les ordres suivants :

  • Au 7e R.I.C. “ Attaquez dans le secteur Cesse-Luzy
  • Au 3e R.I.C : “ Prolongez à droite le mouvement offensif du 7e R.I.C. ! 

Le 7e R.I.C dont le 2e bataillon (SAVY) est déjà engagé dans le combat de Luzy à l’extrême droite de la 2e D.I.C., lance son 3e bataillon (MILLOT) à l’assaut de Cesse. Le 1er bataillon reste en soutien au point de rassemblement.

Le 3e bataillon avance rapidement sous couvert du brouillard qui enveloppe la plaine de Cesse. Pris de front par l’artillerie ennemie et de flanc par les mitrailleuses placées à la corne nord-est de la forêt de Jaulnay, il réussit malgré tout à progresser jusqu’aux abords de Cesse où il se terre. L’action du bataillon CARLES du 3e R.I.C. qui devait appuyer le mouvement en avant du 7e R.I.C. est arrêtée par l’intervention du général CORDONNIER qui trouve cette attaque prématurée et qui menace de ne pas l’appuyer si elle est réalisée.

Vers 10 heures, les batteries françaises ouvrent enfin le feu et le 3e R.I.C. est autorisé à lancer son attaque. Arrivé à mi-chemin entre le bois et Cesse, le bataillon CARLES est stoppé par les feux de l’infanterie ennemie placée à la lisière du village. Le commandant GUEDENEY envoie les 1re et 6e compagnies du 9e B.C.P. en renfort pour soutenir les coloniaux mais elles sont prises d’enfilade par les batteries ennemies vraisemblablement placées aux environs des casernes de Stenay. Ces compagnies progressent malgré tout sous le feu mais elles se trouvent rapidement en flèche à l’extrême droite des vagues d’attaque. Les assauts et reflux successifs des coloniaux, ainsi que le manque de coordination entre les diverses unités, font craindre l’encerclement ; vers midi, les chasseurs se replient.

À 13 h 30, le 7e R.I.C. envoie un bataillon supplémentaire. Les unités engagées dans ce combat restent à proximité du village jusqu’à ce que les troupes de la 2e D.I.C. se retirent du front de Luzy. Resté en flèche dans la plaine de Cesse, les unités des 7e et 3e R.I.C. se retirent à partir 15 heures.

 Plus soutenus par leur artillerie muselée et en raison des pertes énormes, les coloniaux se replient progressivement vers les bois, couverts par les unités postées en lisières de la forêt. L’ennemi poursuit par le feu. Le plateau de Luzy et la plaine de Cesse sont jonchés de cadavres et de blessés des deux camps.

Vers 15 heures, le 2e groupe du 42e R.A.C. reçoit l’ordre de se porter rapidement sur Laneuville pour y appuyer une contre-attaque sur Cesse. Vers 16 h 30, les 5e et 6e batteries se mettent en position à la cote 218 (lisière est de la forêt de Dieulet), au débouché de la route de Beauclair à Laneuville. Elles ouvrent le feu sur la lisière est de Cesse et sur les pentes de la rive droite de la Meuse.

Entre 15 heures et 17 heures, assommés par les obus, fatigués par les attaques et contre-attaques successives et suspectant une reprise de la corne nord-est de la forêt de Jaulnay par l’ennemi, les coloniaux se replient par groupes, en désordre. Sur la route de Stenay à Beaumont, un barrage d’officiers et de gendarmes procède au tri des éléments mélangés et à la reprise en main des unités par leurs officiers.

Vers 17 heures, le général LEBLOIS envoie un messager à la Bouteille pour informer verbalement le général CORDONNIER que les coloniaux se replient et que les groupes des 1er et 3e R.A.Col. doivent suivre le mouvement. En l’absence d’ordre écrit, CORDONNIER refuse. Après négociations entre les deux généraux, il est convenu que CORDONNIER garde un groupe d’artillerie coloniale en plus de ses 1re et 2e batteries pour continuer la lutte. Il en assure, en outre, la protection par sa propre infanterie.

Constatant cette débandade, le général CORDONNIER se porte à la lisière de la forêt de Dieulet pour réconforter ses hommes et pour faire le point ; il vient de voir 3 officiers(2) du 120e R.I., tués par un même obus de 15 cm. Comme la 2e D.I.C a déserté la lisière de la forêt de Jaulnay, il confie la surveillance de celle-ci au 18e B.C.P, dans un premier temps, en prescrivant des reconnaissances vers la corne nord-est. Vers 18 h 30, cette mission est assurée par les 21e et 23e R.I.C. de la 5e B.I.C pour la soirée et la nuit.

Combat de nuit de la 3e D.I.

Attaque de nuit

combats de Cesse-nuit Préparation de l’attaque

Au matin du 27 août, le 51e R.I. arrive sans difficulté à Laneuville et à la voie ferrée au sud du village qui constitue la ligne de défense du régiment. Le colonel AUBRAT qui commande le 17e R.A.C(3) installe une pièce derrière le bouquet d’arbres situé entre le bois et le village ; il est presque impossible de mettre les autres pièces en position.

Le général RÉGNAULT prescrit au 87e R.I. de porter un détachement à la lisière de la forêt de Dieulet pour relier la gauche du 51e R.I. avec la droite de la 4e D.I. Il prescrit, en outre, au colonel RAUSCHER (87e R.I.), de mettre deux compagnies à la disposition du général CORDONNIER.

À l’arrivée du 87e R.I. à la lisière de la forêt, RAUSCHER informe le général CORDONNIER qu’il met deux de ses compagnies à son service. Ce dernier lui répond qu’il n’en a pas besoin et que les chasseurs et les coloniaux suffisent pour contenir l’ennemi. Devant ce refus, RAUSCHER rebrousse chemin et se tient en retrait.

Vers 12 heures, le général de LANGLE téléphone au général RÉGNAULT pour lui demander de faire le point sur ses bataillons. RÉGNAULT lui répond qu’il dispose de six bataillons et qu’il a l’intention de les approcher de la lisière nord de la forêt de Dieulet pour être immédiatement disponible si on lui demande de déboucher pour contre-attaquer. De LANGLE lui ordonne de ne rien faire car il a prévu d’envoyer ces bataillons du côté de Beaumont en renfort du 12e C.A.

RÉGNAULT fait remarquer que les seuls chemins possibles pour rejoindre Beaumont passent au travers de la forêt ; les chemins qui la contournent ne sont pas à la disposition de la division. De LANGLE insiste pour que le passage se fasse par la forêt ; il met la compagnie du génie à la disposition de la 3e D.I. pour aménager les passages.

RÉGNAULT fait appeler les chefs de bataillon des 87e et 72e R.I. Il leur prescrit de faire des reconnaissances pour trouver les meilleurs passages possible. La tâche paraît irréalisable mais les travaux sont engagés. Pendant ce temps, les positions de la 3e D.I à Laneuville et dans la forêt de Dieulet commencent à être encadrées par l’artillerie lourde allemande sans qu’il soit possible de la contrebattre.

Vers 13 heures, le 51e R.I. qui surveille le débouché de la Meuse depuis ses positions de Laneuville, signale qu’une passerelle a été lancée par l’ennemi au nord du pont de Stenay. Les artilleurs n’arrivant pas à la repérer, il faut donc envisager un coup de main pour la détruire.

À 14 heures, le corps colonial fait appel au 2e C.A. pour lui demander son appui. La 3e D.I. est missionnée par le 2e C.A. pour occuper les positions précédemment tenues par la brigade LEJAILLE et pour se relier à la brigade CORDONNIER et au corps colonial. La 7e B.I. qui se trouve à l’ouest de la forêt est immédiatement disponible et se porte vers Beaumont, en renfort du 12e C.A. GÉRARD demande, en outre, à RÉGNAULT d’organiser un petit détachement avec une équipe du génie pour détruire la passerelle de Stenay pendant la nuit.

Le 1er bataillon du 128e R.I. est missionné pour se porter à la ferme de la Fontaine aux Frênes. CORDONNIER le récupère et l’installe aux avant-postes, près de Maison Blanche.

À 15 h 15, le 2e corps téléphone à nouveau à RÉGNAULT pour l’informer que la division coloniale est très vivement attaquée et qu’il faut étudier les moyens pour lui venir en aide par une contre-attaque. À ce moment, RÉGNAULT regrette beaucoup que de LANGLE lui ait interdit de placer ses bataillons au nord de la forêt comme il le lui avait proposé. Il doit maintenant la leur faire traverser par des chemins impraticables et dans l’urgence. Les deux compagnies du 87e R.I. que CORDONNIER avait refusé le matin sont renvoyées pour assurer la liaison avec la 4e D.I.

À 16 heures, nouvel appel téléphonique du corps pour demander à RÉGNAULT de contre-attaquer immédiatement avec tous les éléments disponibles. Tous les quarts d’heure, l’appel se renouvelle : « Le général RÉGNAULT contre-attaquera avec tous les éléments disponibles et conduira lui-même l’attaque ! » Excédé, RÉGNAULT raccroche brutalement le combiné.

L’attaque

À 16 heures, le général CORDONNIER qui apprend que la 3e division va lancer une attaque sur Cesse et Luzy, met le 9e B.C.P. à la disposition du 87e R.I.

À 16 h 30, les régiments se mettent en marche. Le général RÉGNAULT donne ses instructions :

  • 7 bataillons seront engagés ; 2 du 51e R.I., 2 du 87e R.I. et 3 du 72e R.I.
  • Les bataillons se positionneront le long de la lisière dans l’ordre suivant : 51e à droite, 87e au centre et 72e à gauche.
  • Se rassembler le long et en arrière de la lisière et déboucher ensemble : la droite vers Cesse et la gauche vers Luzy.
  • Assurer les liaisons en lisière de forêt et exécuter le mouvement le plus rapidement possible.

Le 2e C.A. met à la disposition de la 3e D.I. un groupe d’artillerie de corps qu’il sera impossible de mettre en position rapidement. La marche dans la forêt est des plus pénibles. En approchant de la lisière, quelques obus encadrent les bataillons sans faire de victimes. Le 51e R.I. passe le fossé Rigolet, à l’ouest de Laneuville. Les bataillons du 87e avec qui il doit se relier, ne sont pas encore aperçus. Le commandant GUEDENEY du 9e B.C.P. qui a appris que la 3e D.I. allait lancer une offensive, demande au général RÉGNAULT l’autorisation de se joindre à elle. Il demande, en outre, quel est le but de cette attaque. RÉGNAULT lui répond qu’il vient sauver le corps colonial. GUEDENEY l’informe qu’après le repli général à l’issu de l’attaque sur Cesse et Luzy, aucune offensive ne s’est produite. L’ennemi a canonné violemment la lisère, sans plus ; les coloniaux se sont débandés, vers 16 heures. « Puisqu’il n’y a pas d’attaque » réplique le capitaine DERESSE « il n’y a donc plus de contre-attaque ! » RÉGNAULT répond que l’ordre qui lui a été donné n’était pas négociable et que l’attaque aurait bien lieu. Il est plus de 19 heures et le jour commence à tomber.

Les bataillons du 87e R.I. ont été retrouvés ; ils se rassemblent à gauche du 51e. Aucune nouvelle du 72e ne parvient au général. Tant pis ! RÉGNAULT lance l’assaut avec 4 bataillons. . Les 5e et 6e batteries du 42e R.A.C. qui s’étaient positionnées à la cote 218, appuient de leur feu cette attaque et bombardent Cesse d’où s’élèvent des cris de terreur. Le 51e R.I. mène la charge, suivi des bataillons du 87e qui encadrent le 9e B.C.P. Une ligne noire débouche du bois ; c’est le 72e R.I. qui a rejoint le groupe ; il est orienté en direction de Luzy en flamme, mais il bute sur une tranchée qu’il ne peut franchir. Il se réoriente alors en direction de Cesse en laissant le 1er bataillon à l’attaque du talus de la voie ferrée, entre les deux bourgs.

Il fait maintenant nuit, les bataillons s’approchent du village. Ils sont fortement pris à partie devant les bastions de la voie ferrée, de la rue principale et du cimetière, que l’ennemi a considérablement fortifiés. Au cœur d’une mêlée indescriptible où toutes les unités sont mélangées, dans un environnement infernal de cris d’horreur et d’injures, de coups de fusil et d’éclatement d’obus, il devient difficile de faire la différence entre amis et ennemis. Les hommes appellent leur chef de bataillon, de compagnie ou de section pour s’y retrouver.

Dans cette confusion, il est évidemment impossible de continuer la mission sur Luzy et sur la passerelle de Stenay. Le général RÉGNAULT estime qu’il a, en partie, accompli sa mission et que rien ne justifie d’occuper le village, en feu et presque complètement détruit. Il renvoie ses bataillons à la lisière de la forêt.

Position des unités pendant la nuit du 27 au 28 août et journée du 28 août 1914

Toute la nuit, des éléments épars, au retour de l’attaque, errent dans la forêt de Dieulet. Ils se rallient au petit jour à la corne sud-ouest, près du ruisseau de la Wiseppe.

Vers 20 h 15, les deux groupes de la bouteille reçoivent l’ordre de retourner à Beaufort pour bivouaquer. Les 5e et 6e batteries se replient sur Beauclair vers 22 h 30..

Le 28 août, les unités de la 3e D.I. se portent sur Champy-Bas, Champy-Haut et château de Belval.

  Pertes des unités

Unité Tués Blessés Disparus Total
22e R.I.C 88 510 530 1128
24e R.I.C. 575
4e R.I.C. 527
8e R.I.C. ?
3e R.I.C. ?
7e R.I.C. 0 85 99 184
21e R.I.C. ?
23e R.I.C. ?
1e R.A.Col ?
3e R.A.Col ?
9e B.C.P. 0 50 31 81
18e B.C.P. ?
120e R.I. 3 17 0 20
42e R.A.C. 3 28 0 31
91e R.I. ?
147e R.I. ?
51e R.I. ?
87e R.I. 8 36 24 68
72e R.I. 100 env
128e R.I. ?
17e R.A.C. ?

Traces mémorielles de ces combats

7 monuments funéraires allemands existaient sur les communes de Cesse et Luzy.

Mn-luzy

MN-Cesse

mn-2-luzy

cm-luzy-10

Monument funéraire Allemand au Grand-Truche

mn-all-luzy-reduit

Rotonde dans le bois de Jaulnay (forme cylindrique)

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Plan des sépultures

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Stèle et plaque du lieutenant THOMAS.

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La 2e compagnie dans laquelle servait le lieutenant THOMAS, se trouvait entre Cesse et Luzy lorsque ce dernier a été tué. La présence de la stèle dans le cimetière ne prouve pas qu’il y ait combattu.

Biographie Lt THOMAS, site du 72e R.I. de Laurent S.

Monument de la 87e brigade

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Voici un article, très polémique, autour de l’inauguration de ce monument, tiré des colonnes de La Voix du Combattant, organe de l’U.N.C. n° 74 du dimanche 26 décembre 1920(4) : « Le 42e d’artillerie et le 120e d’infanterie, élèveront sur le champ de bataille de Cesse, près de Stenay, un monument à tous leurs morts de la Grande Guerre. L’inauguration aura lieu le 27 août 1921, anniversaire du combat. Pourquoi, nous écrit-on, le 72e d’infanterie qui a participé à ce combat, ne participe-t-il point à cette manifestation ? Les familles des soldats du 72e, tombés à Cesse, seraient heureuses de souscrire, et même d’assister à l’inauguration. Pourquoi ? Parce qu’il existe vraisemblablement des sociétés régimentaires au 42e et au 120e, initiatrices de ce projet et qu’il n’y en a peut-être point encore au 72e. C’est là, une explication. Elle entraîne une importante remarque. Si, demain, toutes les unités combattantes, même les plus réduites, prennent à leur compte pareille initiative, si louable soit-elle, allons-nous voir de l’Yser à l’Alsace des milliers de monuments pousser tels des champignons, tout le long de l’ancien front et nous faire comme une immense muraille commémorative ? Nous estimons qu’il n’appartient qu’aux grandes unités : les corps d’armée, par exemple, complètement engagés sur un vaste champ de bataille, et sur le point qui a plus spécialement consacré leur gloire et leurs sacrifices, de les commémorer grandiosement. Évitons la dispersion du souvenir, trop souvent mal servi par des moyens pécuniaires insuffisants. Trop de monuments, déjà tirés à milliers d’exemplaires, en banalisent l’évocation. N’imposons point à nos grands morts, sur le terrain même de leurs souffrances, le dernier sacrifice. »

Ossuaire de Brieulles et tableau des tombes nominatives

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Tombes STEFF et PILARDEAU

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Nouvelle sépulture PILARDEAU

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Lieutenant PILARDEAU

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Les combats de Cesse et Luzy vécus par les civils

Les habitants du canton de Stenay, à l’instar de ceux du pays tout entier, ont vécu la mobilisation et les réquisitions, en ce début d’août 1914, ce qui posera de gros problèmes au moment où les champs sont bons à moissonner.

Après la débâcle de la bataille des frontières, les troupes françaises en retraite engorgent les routes et les villages.

Le 26 août, quelques unités du 12e corps cantonnent dans Luzy. Des Uhlans sont aperçus dans les bois d’Inor.

Dans l’après-midi, les unités quittent le village et se dirigent sur Beaumont. Un invraisemblable mélange de troupes se produit. Les échelons d’artillerie et les canons de 75 débouchent de la route de Malandry et se dirigent sur Stenay. Puis arrivent les fuyards débraillés et sans armes qui précèdent toujours les armées.

Suivent ensuite les civils qui quittent leur village par peur des Prussiens et de leurs exactions. Leurs biens les plus précieux ont été mis en sécurité, bien dissimulés dans les caves. Certains ont préféré rester chez eux par crainte de tout abandonner à l’ennemi.

Le service santé et ses colonnes de blessés arrivent à leur tour et sont dirigés vers l’église de Laneuville qui sert d’ambulance ; pas pour longtemps car elle est rapidement évacuée.

En milieu de journée, les civils qui sont restés sur place constatent que les ponts sur la Meuse ont été détruits.

Inor est occupé progressivement par l’ennemi. Quelques Uhlans en reconnaissance, évaluent la situation puis un bataillon traverse le village et se porte vers Moulins. Il est aussitôt pris sous le feu des fantassins français placé dans les champs de la ferme de Prouilly. Les Allemands répliquent depuis le château d’Inor. L’artillerie ennemie tire depuis la ferme de Soiry

Dans la soirée, Luzy est bombardé. Les villageois se réfugient dans les caves pendant que les coloniaux affectés à la défense du bourg dressent des barricades. Dans le village quelques maisons sont détériorées.

Quelques obus tombent sur Laneuville, détruisant et incendiant quelques maisons (RÉGNAULT)

Dans la nuit du 26 au 27 août, les coloniaux ont quitté Luzy. Quelques maisons sont éventrées, l’église est criblée d’éclats et les vitraux sont brisés. Les Allemands entrent dans le village et font la chasse aux éventuels francs-tireurs. Ils cherchent sans succès le maire ou un de ses adjoints. À défaut de le trouver, ils se rabattent sur un éventuel curé du village qui n’en possède pas. Les armes personnelles qui sont stockées dans un râtelier à la maison de l’école, sont réquisitionnées pour éviter toute surprise.

Le 27 août, avant le début de l’attaque, l’ennemi rassemble la population et la met à l’abri derrière un mur dans le haut du village, et derrière le talus du chemin de fer. Les Allemands mettent le feu au village. Durant toute la journée, les habitants affamés ne voient de la bataille que la retraite allemande après l’offensive des coloniaux et la contre-attaque ennemie après l’arrivée de renforts.

Dans la soirée, Luzy est en flamme. La population est rassemblée dans une grange restée intacte pour y passer la nuit.

Dans Cesse en flamme, deux personnes sont tuées : Mme MALOT est tuée par un éclat d’obus en sortant de la cave de la brasserie Laporte et madame PARADIS, brûlée vive en sortant de sa maison en feu.

Le 28 août, les villageois sont évacués vers Martincourt où la population leur distribue de la nourriture.

Après le départ des troupes françaises et la noria des convois allemands, la population est autorisée à regagner le village.

À partir du 30 août, elle est chargée de participer aux soins des blessés (beaucoup de l’infanterie coloniale) et à l’inhumation des morts. Cette dernière opération dure jusqu’au 17 septembre. Les cadavres en putréfaction sont chargés sur des chariots à l’aide de crocs et ensevelis dans des fosses communes.

Les blessés de Luzy et Cesse sont acheminés vers Stenay où ils peuvent recevoir des soins.

À la fin du mois de septembre, des otages sont transférés au camp de Grafenwöhr

Notes

  1. Il n’a pas été possible de trouver une position d’artillerie en lisière pour cette batterie
  2. Il s’agit du Cdt BOUCHERON SEGUIN, du Cpt STEFF et du Lt PILARDEAU ; ces deux derniers reposent dans le cimetière communal de Beaufort.
  3. 17e régiment d’artillerie de campagne dédié à la 3e division d’infanterie.
  4. Forum 14 18

Sources

  • « Une brigade au feu » du général CORDONNIER
  • « La bataille décisive sur la Meuse » du général RÉGNAULT
  • « Deux ans de commandement » du général LANGLE de CARY
  • « Le jour de deuil de l’armée française » J.C.DELHEZ
  • http://72emeri.pagesperso-orange.fr
  • http://home.comcast.net/~jcviser/
  • Mémoire des hommes, S.H.D.
  • Wikipedia.org
  • Municipalité de Cesse
  • Municipalité de Luzy-Saint-Martin
  • Municipalité de Beaufort-en-Argonne
  • Municipalité de Martincourt-sur-Meuse
  • Archives municipales de Stenay
  • Archives d’A. GILLET
  • Archives de M.HENRY
  • Archives de la famille GOSSELIN
  • Extrait du récit de Mgr LEVÊQUE
  • Extrait du récit de C. TUOT, coll. F. THOMAS
  • Extrait du récit de C. COLLIGNON, coll. F. THOMAS et A. JACQUEMOT
  • Jmo de la IVe armée
  • Jmo du corps d’armée coloniale
  • Jmo de la 2e D.I.C.
  • Jmo de la 3e D.I.C
  • Jmo de la 5e B.I.C
  • Jmo des : 1er, 2e, 3e, 7e R.I.C
  • Jmo des : 4e, 8e, 22e, 24e R.I.C, 3e R.A.Col
  • Jmo des : 21e et 23e R.I.C.
  • Jmo du 2e C.A.
  • Jmo de la 3e D.I.
  • Jmo des : 5e et 6e B.I.
  • Jmo des : 51e, 72e, 87e et 128e R.I.
  • Jmo du 17e R.A.C
  • Jmo de la 4e D.I.
  • Jmo des 7e et 87e B.I.
  • Jmo du 42e R.A.C.
  • Jmo des : 9e et 18e B.C.P., 91e, 120e et 147e R.I.
  • Jmo du 12e C.A.
  • Jmo de la 23e D.I
  • AFGG T1V2.
  • Est Républicain, édition du 27/08/2014

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