Archives de catégorie : Témoignages

Charles COLLIGNON, extrait 2

 
Extrait du récit de Charles COLLIGNON « Inor mon village »

Charles COLLIGNON est un habitant d’Inor qui fut témoin indirect des premiers jours de l’occupation allemande dans cette localité. Il est bien connu à Inor pour avoir publié en 1964 un opuscule intitulé « Inor, mon village ». Le texte, ci-dessous, est retranscrit à l’identique de celui de l’opuscule.

[…] Le lundi 24 août, vers trois heures du soir, on vit descendre par le chemin de Montmédy des équipages de pont du génie. Ils traversèrent le village se dirigeant sur Beaumont. À ces questions posées « Où allez-vous ? Sommes nous donc battus ? » les soldats se contentaient de répondre par un haussement d’épaule qui ne disait rien mais qui disait tout.
Une heure plus tard, par le chemin de Malandry, ce sont des fourgons d’artillerie puis des canons qui, eux, se dirigent sur Stenay. Puis voici des soldats isolés, de tous les régiments, sans armes, débraillés, ce sont les fuyards, gens qui précèdent toujours les armées en retraite. Questionnez ceux de 1870, ceux de 1914, vous aurez toujours la même réponse : « Nous sommes battus, nous sommes trahis, etc. ». Lire la suite

Souvenirs de guerre de C. TUOT (2)

 
Souvenirs de guerre août-novembre 1914

Auteur du carnet : Charles TUOT, habitant de Luzy-Saint-Martin, ne fut pas mobilisé en raison de sa santé fort altérée. Dernier sabotier du village, il fut un témoin direct de la bataille de Cesse et Luzy des 26, 27 et 28 août 1914

Le document a été dactylographié à la demande de Monsieur l’abbé MELLIER. J’ai retranscrit, ci-dessous, le texte à l’identique.

2e partie

[…] Les coloniaux, pendant ce temps, étaient revenus et avaient placé des chariots à l’entrée des rues et des ruelles comme barricade. Pendant la nuit, la canonnade cesse et, tout à coup, la canonnade éclate devant notre porte. C’est une patrouille allemande qui est surprise. Après quelques coups de feu, on entend crier « À la baïonnette ! » Et au bout de quelques minutes, tout bruit cessa. Lire la suite

Souvenirs de guerre de C.TUOT (1)

 
Souvenirs de la guerre août-novembre 1914

Auteur du carnet : Charles TUOT, document dactylographié à la demande de Monsieur l’abbé MELLIER. J’ai retranscrit, ci-dessous, le texte à l’identique.

1re partie

Préambule

Charles TUOT fut sous-officier artilleur à Saint-Mihiel durant son service d’active. On ne le mobilisa pas en 1914 en raison de sa santé fort altérée. Resté à Luzy, il fut témoin de la bataille qui opposa les troupes françaises et allemandes pour la traversée de la Meuse. Arrêté comme otage, il écrivit ce texte au cours de sa détention dans le camp de prisonniers civils et militaires français situé à Grafenwöhr, en Bavière. Dernier sabotier de Luzy-Saint-Martin, il mourut épuisé par de longs mois de captivité. Le témoignage de Charles TUOT, conservé par sa famille, fut prêté à Monsieur l’abbé MELLIER, de Cesse, qui, conscient de la valeur documentaire de cet écrit, le fit dactylographier avant de le restituer à ses propriétaires. Lire la suite

Les terres sacrées

 

Ce texte extrait du Bulletin Meusien que j’ai retranscrit, est un peu tiré par les cheveux dans sa forme mais exprime bien le ressenti des populations exilées, de retour dans leur village.

Les terres sacrées

Cette dénomination ne s’applique pas seulement à celles où reposent les nobles victimes qui ont fait le sacrifice de leur vie pour défendre la patrie. Elle concerne aussi toutes les localités de notre région qui ont vu s’écouler le flot des ennemis et qui ont toutes plus ou moins payé leur tribut à la guerre. Un circuit aux environs de Stenay nous a permis de parcourir un coin de terre qui a particulièrement subi les épreuves de la guerre. Stenay a été atteint partiellement : un quartier près de la place de la Fontaine a été brûlé : les maisons avoisinant les ponts du canal et de la Meuse ont été détruites par les Allemands : tous les ponts sautés ont été faits en bois (sic). Lire la suite

La légende des Anges de Mons

 
Les Anges de Mons

Le 23 août 1914, les Forces Expéditionnaires Britanniques composées alors de professionnels et regroupant 80 000 hommes,  opèrent à gauche de la Ve armée française. En pleine débâcle, elles laissent de nombreuses pertes derrière elles et se trouvent dans une situation catastrophique devant Mons. La légende raconte que dans la nuit du 23 au 24 août,  alors qu’une brigade en arrière garde de ces troupes se trouvait pratiquement encerclée par la première armée allemande devant le saillant de Mons, des êtres ailés et lumineux armés d’arcs et de flèches leur seraient venus en aide. Lire la suite

Dernière lettre d’Henri ALCHAME

 

Lettre trouvée dans le portefeuille de l’aspirant Henri ACHALME (9 juin 1894-16 juin 1915)

Cette lettre a été écrite en prévision d’une mort prochaine.

14 juin,

Mes CHÉRIS,

Ne pleurez pas. Pendant toute ma vie, j’ai été heureux autant qu’on peut le rêver, autant, je crois, qu’on peut le réaliser et c’est vous qui m’avez tout donné.

Je vous ai aimés de tout cœur, de toutes forces. Peut-être aurais-je souffert plus tard, et je m’en vais pour la plus belle cause : pour qu’en France on ait encore le droit d’aimer. J’espère être tombé face à la victoire. Alors, c’est bien ! Lire la suite

Dernière lettre de Paul COLIN

 

Lettre écrite par le sous-lieutenant Paul COLIN, 18e bataillon de chasseurs à pied, tombé au champ d’honneur, à Douaumont, le 20 avril 1916

13 Avril 1916,

Ne jamais exécuter un ordre sans avoir reçu le contre-ordre, principe très militaire, une fois de plus vérifié ! Le Bataillon, subitement arrêté dans sa marche vers le repos, a été envoyé de l’autre côté de la Meuse et maintenant nous attendons les évènements dans cette ancienne ville. Quand vous recevrez cette lettre, il est probable que nous serons cette fois au repos pour de bon, car notre séjour ici doit être court. Lire la suite

Charles COLLIGNON, extrait 1

 
Extrait du récit de Charles COLLIGNON « Inor mon village »

Nous nous démarquons du texte retranscrit, ci-dessous, et extrait du livre de Charles COLLIGNON dont les idées ultra-nationalistes et royalistes proches de celles véhiculées par l’Action Française, étaient bien connues. Nous le livrons tel quel, sans y apporter aucun commentaire. Il rapporte l’entrée en guerre de la France, vue par un habitant d’Inor.

[…] 1913 : Sur ces entrefaites, les grands moulins de Stenay sont à vendre. La société ( ?) les achète.

1914 : Au début de l’année, je fus renvoyé à Stenay pour y mettre un peu d’ordre, car tous les ouvriers qui démontaient et emballaient les machines du moulin, mettaient la pagaille partout.

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