Historique succinct

Le 1er groupe du 42e R.A.C pendant la guerre 1914-1918

Le 42e Régiment d’Artillerie de Campagne a été créé en 1911 avec des batteries provenant des 17e R.A.C. et 29e R.A.C. En cantonnement à La Fère, il constituait l’artillerie de la 4e division d’infanterie.

En 1913, suite à la récente loi des 3 ans de service actif et à la probabilité élevée d’entrer en guerre, le plan de mobilisation confère à la 4e D.I., un rôle de couverture. Le régiment est alors fortement renforcé et son 1er groupe, détaché à Stenay ; ce dernier cantonne à la caserne Desvaux-Saint-Maurice (Vauban) et est dirigé par le commandant AZÉMA.

Associé aux autres unités de la toute nouvelle 87e brigade d’infanterie (01/10/1913), le groupe profitera du premier semestre 1914 pour exécuter des manœuvres et des repérages sur la zone qu’il est censé défendre en cas de conflit. Cela s’avérera d’ailleurs fort profitable.

Le 31 juillet, la guerre ne fait plus aucun doute. Les 3 groupes sont approchés de leur secteur de couverture et cantonnent à Jametz et Rémoiville. Le 42e R.A.C. reste dans ses positions jusqu’au 7 août.

Bataille de Mangiennes (10 août 1914)

Le 8 août, après l’attaque de la 6e division de cavalerie allemande (K.D.6) sur les chasseurs des 9e et 18e B.C.P. qui se sont repliés sur Flassigny et Peuvillers, le 42e R.A.C. est mis en alerte. Ses unités se répartissent ainsi :

  • Le 1er groupe, aux ordres du général LEJAILLE, commandant la 7e brigade d’infanterie, se porte sur Villers-les-Mangiennes et met en batterie près de la Chapelle-Saint-Jean.
  • Le 2e groupe occupe les cotes 277 et 270, au sud de Marville.
  • Le 3e groupe place ses pièces vers la ferme Vanlendon.

Le 10 août, l’ennemi occupe Pillon, qu’il incendie. Les batteries allemandes qui ont pris place dans les bois de Saint-Médard et du Bois Brûlé, sont neutralisées par les canons du groupe AZEMA. Dans le même temps, le général CORDONNIER qui est chargé du secteur de Marville, dépêche la 6e batterie vers la cote 276, depuis où, elle expulse un régiment de cavalerie allemand qui occupe Saint-Laurent. Elle se porte ensuite à la pointe nord du bois de Parfondeaux et ouvre le feu sur des rassemblements de fantassins ennemis.

Son action la plus spectaculaire est le tir rapide et meurtrier d’obus à balles, à plus de 5000 mètres de distance, sur un régiment de cavalerie, rassemblé pied à terre ; les pertes sont énormes.

La bataille de Mangiennes est une victoire française à laquelle le 42e R.A.C. apporta sa contribution.

Combat de Bellefontaine (21 au 23 août 1914)

Le 21 août, le régiment se met en marche en direction de la Belgique. Il cantonne à Villers-la-Loue.

Le 22 août, il reprend sa progression vers Lahage, par le bois de Virton. Le 120e R.I. prend l’avant-garde et se dirige sur Bellefontaine. Au débouché du bois, les balles sifflent et les obus miaulent au-dessus du 42e R.A.C., indiquant que l’on se bat à proximité.

Les groupes se mettent en position près de Lahage et pointent leurs canons vers Bellefontaine. Les batteries déclenchent leur feu sur les fantassins allemands. Le tir précis de quelques pièces crée des brèches dans les rangs ennemis. Dans la soirée, les Allemands se replient sur Tintigny et Poncelle.

L’échec du corps colonial à Rossignol et Saint-Vincent, à gauche du 2e C.A., ainsi que celui du 4e C.A., à sa droite, obligent les unités à retraiter.

Le 42e R.A.C. se porte sur Montmédy, où il couvre le repli des coloniaux talonnés par le 6e corps allemand (A.K.6).

Combats de Cesse-Luzy (26 au 28 août 1914)

Le 26 août, le 42e R.A.C. passe la Meuse à Stenay et cantonne à Beaufort et aux deux Champy.

Le 27 août, à 4 heures, les groupes quittent leur cantonnement et se portent sur la forêt de Dieulet.

  • Le 1er groupe, moins la 3e batterie, dispose ses pièces à la Bouteille, à droite des coloniaux.
  • Le 2e groupe qui suivait le 1er, s’enlise et doit rebrousser chemin.
  • Le 3e groupe se met en position sur la lisière nord de la forêt de Dieulet, à l’ouest de Maison Blanche.
  • Dans la matinée, la 3e batterie s’installe dans la forêt de Jaulnay, au nord de Maison Blanche. Son feu sera très rapidement éteint par les contre-batteries allemandes.

De 8 heures à midi, les batteries pilonnent la rive droite de la Meuse et les hauteurs de Martincourt. À partir de 10 h 30, quelques pièces labourent le plateau de Luzy et la plaine de Cesse pour aider les coloniaux très éprouvés.

À 12 heures, le brouillard se lève. Les obusiers lourds allemands placés sur les hauteurs de Martincourt, tirent à vue sur les canons français qui resteront pratiquement muets pour le reste de la journée.

Dans la soirée, le 2e groupe ouvre le feu sur Cesse lors de l’attaque de nuit de la 3e D.I. Tous les groupes se retrouvent à Beaufort et Beauclair dans la nuit.

Le 28 août, le 42e R.A.C. se retire avec le 2e C.A. sur Buzancy.

Retraite vers la Marne (30 août au 5 sept. 1914)

Le 30 août, le régiment se met en positions autour de Thénorques pour soutenir une attaque vers le nord, contre les forces ennemies qui ont traversé la Meuse en aval de Stenay. Aucune action n’est menée ce jour.

Le lendemain, les groupes reprennent l’opération amorcée la veille. Le 42e R.A.C. se met à la disposition de la 3e D.I. dont l’objectif est Saint-Pierremont. L’infanterie ne peut progresser et les batteries sont fortement contre-battues. Le lieutenant PRADINES, de Stenay, est tué par un obus. À 15 heures, l’infanterie se replie et les groupes se portent à la ferme de La Malmaison.

La retraite continue vers la Marne et, le 5 septembre, le régiment atteint Sermaize.

Bataille de la Marne (5 au 11 sept. 1914)

C’est dans ce village que l’ordre de ne plus reculer est transmis aux troupes du 2e C.A. par le général JOFFRE. C’est ici que le salut du Pays se joue.

Le 6 septembre, les 2e et 3e groupes tirent sur l’infanterie ennemie depuis la Cote 201. Ils sont aussitôt pris à partie par l’artillerie allemande. Les 1er et 2e groupes quittent leurs emplacements et se replient sur la ferme de Brédée ; le 3e groupe reste en soutien du 120e R.I. qui occupe Sermaize. Il évacuera sa position le 8, le village étant perdu.

Le 7 septembre, les deux premiers groupes du 42e R.A.C. se portent sur Maurupt, où les combats font rage. Ils sont chargés d’appuyer les troupes du général TOULORGES qui tiennent le front de Montoy à l’étang de Pargny. Le 1er groupe se place à l’ouest de Maurupt, derrière le bois de la Garenne. Le second installe ses batteries dans la carrière. Le feu est ouvert sur Étrepy et Pargny. L’ennemi ne tarde pas à contrebattre les canons français avec du gros calibre. À la 3e batterie, les servants d’une des pièces sont tous grièvement blessés ; le maréchal des logis GORREX Georges succombe à ses blessures.

Dans la matinée du 8, les groupes se replient sur Saint-Eulien. Ils prennent position dans les bois au nord du village et tirent sur Étrepy et Pargny. Le lendemain, le combat continue dans les mêmes conditions. Le commandant AZEMA qui prend le commandement du 29e R.A.C. est remplacé à son poste par le capitaine CENSIER.

Le 10 septembre, Maurupt tombe. Les batteries demeurent sur les positions de la veille mais elles sont vite contraintes à évacuer. Les fantassins français se sont retirés sur la lisière du bois, au sud du village, et sur Cheminon. Quelques reconnaissances sont envoyées pour déterminer un éventuel itinéraire de retraite.

Le 11 septembre, alors que tout le monde s’attend à une dure journée, les patrouilles découvrent que les Allemands ont déserté Maurupt. Les troupes franco-britanniques ont réussi à percer sur l’Ourcq ; l’ennemi se replie, en bon ordre, pour préserver la cohésion de son armée.

Le 12 septembre, débute la poursuite de l’adversaire vers l’Argonne.

Combats d’Argonne (15 sept. 1914 au 26 janv. 1915)

Du 12 au 15 septembre, le régiment progresse vers l’Argonne, en empruntant, à rebours, le chemin qu’il suivait pendant sa retraite. Sur les hauteurs de Vienne-le-Château, l’ennemi s’est retranché et a aménagé des positions fortement organisées. Le 1er groupe est envoyé en renfort du 17e R.A.C. au nord de Saint-Thomas. Il appuie l’attaque sur Servon où se déroulent de violents combats d’infanterie. Le village reste aux mains de l’adversaire.

Le 16 septembre, le 42e R.A.C. installe ses unités en 2e ligne, au nord de La Neuville-au-Pont.

Le 1er octobre, le régiment relève le 17e R.A.C., en 1re ligne. Il dispose ses unités sur les emplacements suivants :

  • 1er groupe : au nord de Saint-Thomas, vers la cote 163,
  • 2e groupe : à la ferme de Sébastopol,
  • 3e groupe : à la cote 188, au nord de Vienne-le-Château.

La guerre de positions se met en place. Les duels d’artillerie sont peu nombreux car, de chaque côté, on commence à manquer de tout. Le régiment essaie de s’organiser avec les moyens du bord ; les conditions de vie s’avèrent pénibles

Le 28 octobre, le 42e R.A.C. est relevé par le 17e. il se met au repos à La Neuville-au-Pont et à Moiremont. Il installe quelques pièces en batterie en 2e ligne.

Le 28 novembre, le régiment relève le 17e R.A.C. en 1re position. Les groupes s’établissent comme précédemment. L’organisation s’est sensiblement améliorée depuis le dernier séjour. Un semblant de réseau téléphonique est construit. Cette commodité est devenue indispensable car les tirs se réalisent en pleine forêt, sans observatoire avancé et avec un matériel de réglage rudimentaire. Pour compenser les tirs de minen allemands, le régiment s’est doté de mortiers de tranchée de 150 mm. Une section du 1er groupe est dédiée au service de ces pièces installées à la Fontaine-aux-Charmes.

Pendant cette période, le ravitaillement en munitions redevient à peu près normal. La cadence de tir des canons monte en intensité sur des objectifs signalés par observateurs. La guerre s’organise. Quelques pièces d’artillerie lourde font leur apparition. Elles sont destinées à éteindre le feu des obusiers allemands qui font tant de mal dans les rangs français.

Le 1er décembre, l’ennemi lance une attaque sur l’ouvrage de la Caponnière, dans le bois de la Gruerie. Cette action est précédée de l’explosion de 12 fourneaux de mine et d’un fort pilonnage d’artillerie qui bouleversent toute la 1re ligne française. Toutes les pièces du 42e R.A.C. sont employées à endiguer l’assaut et à contrebattre les batteries allemandes. Les munitions s’épuisent rapidement et il devient nécessaire de les acheminer de Viennes-le-Château par tous les moyens possibles, y compris les voitures personnelles.

À partir du 14 décembre, le régiment est relevé, par partie, par le 17e R.A.C. Il se porte au repos sur La Neuville et Moiremont. Une section du 1er groupe s’installe près de La Renarde, au sud de Vienne-le-Château, pour tirer sur les aéronefs. Elle y restera jusqu’au 20 janvier.

Du 28 décembre 1914 au 20 janvier 1915, le 42e R.A.C. change de région et s’implante près de Florent-en-Argonne. Il installe ses pièces sur les positions suivantes :

  • 1re et 2e batteries, près de la ferme de la Seigneurie, à 500 mètres au sud-ouest du Four de Paris.
  • 3e batterie, à un kilomètre au nord-est de Florent.
  • 2e groupe, à 800 mètres à l’ouest de La Chalade.
  • 7e et 9e batterie, entre La Placardelle et La Harazée.
  • 8e batterie, une section à la Fontaine aux Charmes, l’autre près de la 3e batterie.

Le climat extrêmement pluvieux de ce début 1915, rend les mouvements et les approvisionnements particulièrement difficiles. Dans le secteur du Four de Paris, l’ennemi montre une activité incessante qui oblige le régiment à effectuer des pilonnages récurrents. Chaque tir déclenche irrémédiablement la riposte des contre-batteries qui déversent sur les groupes une pluie d’obus de tous calibres. Le 3e groupe subira les plus lourdes pertes lors de cette campagne.

Le 18 janvier, le régiment est relevé et remplacé à son poste par le 61e R.A.C. Il est mis au repos avec les unités du 2e C.A.

Le 19 février 1915, le régiment quitte ses cantonnements et se porte vers la Champagne.

Bataille de Champagne (27 fév. au 11 mars 1915)

Le 21 février, le 42e R.A.C. cantonne à Dommartin-sur-Yèvres. Il est prêt à être utilisé du côté de Perthes-les-Hurlus, mais seul le 2e groupe est appelé. Il participe aux opérations de la cote 196 sur laquelle il effectue des tirs mais il souffre beaucoup des ripostes de contre-batterie qui lui détruisent plusieurs pièces.

Il est relevé par un groupe du 19e R.A.C., le 11 mars et se dirige sur Vieil-Dampierre où il rejoint le 3e groupe ; le 1er groupe est envoyé à Bournouville. Du 23 au 29 août, il cantonne à Sivry-sur-Ante. Il se porte sur Monthairon-le-Petit et Ancemont.

Combats de la Woëvre et de la Calonne (3 avril au 7 déc. 1915)

Une offensive est programmée en Woëvre sous le commandement du général GÉRARD. Le 2 avril, les unités sont acheminées en toute discrétion sur Ronvaux et Pintheville. L’ennemi tient toutes les hauteurs ; Dans cette plaine, les seuls couverts possibles restent les villages.

Le 3 avril, le 42e R.A.C. reçoit pour mission d’appuyer l’infanterie qui attaquera du bois de Pareid à Marcheville. Après reconnaissance, les unités sont positionnées à ces emplacements :

  • 1er groupe, au nord d’Hannoncelles,
  • 2e groupe, à l’ouest d’Hennemont,
  • 3e groupe, à Hennemont

Bien que les moyens mis en œuvre semblent considérables, les premiers bombardements sur les tranchées allemandes et sur les réseaux de fil de fer ne donnent pas les résultats escomptés. Les fantassins se font littéralement hacher en arrivant sur les défenses accessoires ennemies.

Pendant la nuit, le régiment approche la 1re batterie et la place à l’est des bois communaux. Repérée par l’ennemi, elle est aussitôt prise sous le feu des pièces allemandes qui lui tuent 5 servants.

Les 2e et 3e groupes, très avancés, sont eux aussi pilonnés par des tirs de contre-batterie ; le service sanitaire relève de très nombreuses victimes.

L’attaque est suspendue ; l’opération se conclut par un échec. Le 18 avril, le régiment change de position. Après reconnaissance il place ses batteries ainsi :

  • 1er groupe, au nord-ouest de Fresnes-en-Woëvre,
  • 2e groupe, à Bouillon-Pré-Bois,
  • 3e groupe, à Bonzée.

Ce secteur est particulièrement pénible pour les pièces de Fresnes. Le village est pris sous un déluge d’obus de tous calibres, dont des énormes projectiles de 30,5 cm,  réservés normalement aux ouvrages fortifiés.

Le 25 mai, le 1er groupe est désigné pour relever au nord de Verdun les batteries du 15e C.A. Sa mission en Woëvre est répartie entre les autres unités du régiment.

Le 1er groupe au Mort-Homme (26 mai au 31 juil.1915)

Sous les ordres du général GÉRARD, le groupe occupe une position dans un secteur calme de la place de Verdun. Les deux premières batteries sont placées à la Côte de l’Oie. La troisième installe une section à la crête du mort homme pendant que l’autre est utilisée comme D.C.A. à Chattancourt.

Le groupe n’aura pas à souffrir de son séjour au Mort-Homme et se remettra en état à cette occasion. Il rejoindra les autres unités du 42e R.A.C. après le 31 juillet.

Les 2e et 3e groupes à la Calonne et aux Hures (mai à juil. 1915)

Pendant le mois de mai, les Allemands, par des opérations coup-de-poing, ont gagné du terrain à la Tranchée de Calonne. En prévision d’une action prévue pour le 20 juin, le 2e groupe place ses pièces aux bois des Trois Jurés et de Champlon. Dans cet environnement boisé, les réglages de tir s’avèrent difficiles et nécessitent de longs réseaux téléphoniques et des postes avancés.

Il appuie comme il le peut, l’assaut des 3e et 4e divisions sur les tranchées de la Côte de Senoux ; les résultats sont mitigés. Jusqu’au 18 juillet, les attaques et les contre-attaques vont se succéder à un rythme effréné. Le 3e groupe prend part à ces actions.

Lorsque le 1er groupe revient de Fromeréville à la Tranchée de Calonne, il occupe les positions laissées libres par le 29e R.A.C., à l’ouest du bois des Trois Jurés. Le secteur demeure relativement calme durant son séjour à cet emplacement.

Le 30 septembre, le régiment reçoit l’ordre d’envoyer, vers la Champagne, ses deux premiers groupes auxquels est adjoint le 2e groupe du 29e R.A.C.

Le 18 novembre, le 3e groupe est placé au bois des Trois Jurés et y restera jusqu’au 7 décembre.

2e bataille de Champagne (5 oct. au 18 nov. 1915)

Après avoir quitté la Tranchée de Calonne, le régiment se porte au sud de “Cabane et Puits”, en Champagne. La 4e D.I. reste en réserve de la IIe armée et se tient prête à intervenir au cas où on le lui demanderait.

Le 9 octobre, en prévision de la relève du 35e R.A.C., des reconnaissances sont menées dans la région de Perthes et de Tahure. Le terrain traversé montre une solide organisation avec tranchées, larges boyaux, voies de 0,60 mètre et pièces de gros calibre.

La mise en position est réalisée dans la nuit du 11 au 12 octobre. La zone d’action des batteries comprend le ravin de la Goutte et la Courtine. Le régiment participe activement à appuyer les attaques françaises et à contrer les assauts adverses.

Le 24 octobre, la 21e D.I. lance une offensive sur la Courtine. Le 42e R.A.C. exécute un tir de préparation de deux heures, fortement entravé par la contre-batterie ennemie. Les objectifs sont malgré tout atteints.

Le 30 octobre, ce sont les Allemands qui entreprennent une action sur la Cote 188. Ils pilonnent la position pendant 9 heures en utilisant des obus spéciaux lacrymogènes. Les feldgraü échouent sur les lignes françaises.

L’attaque est renouvelée, le lendemain, mais sans projectiles à gaz, le vent ne le permettant pas. Le 42e R.A.C. exécute un tir de barrage énergique sur les vagues ennemies qui refluent.

Progressivement, le secteur se calme mais les intempéries prennent le relai. Les hommes souffrent beaucoup des mauvaises conditions climatiques et des difficultés d’approvisionnement.

Les groupes sont relevés par le 35e R.A.C., le 18 novembre, et se portent par étapes à Osches et Saint-André où le 3e groupe les rejoint. Le séjour, consacré au repos et aux manœuvres, dure jusqu’au 15 janvier.

Défense de Verdun (17 janv. au 29 avril 1916)
Secteur de Troyon (17 janv. au 10 avril 1916)

Le 17 janvier, le 42e R.A.C. se porte au sud de Verdun et place ses unités ainsi :

  • 1er groupe, forêt de Marcaulieu et bois des Paroches,
  • 2e groupe, Lacroix-sur-Meuse et la Gauffière,
  • 3e groupe, crête du fort de Troyon.

Les deux premiers couvrent un secteur où les tranchées sont relativement éloignées ; les tirs sont assez lâches. Le troisième, par contre, réalise des barrages dans le bois des Chevaliers où les ouvrages sont très rapprochés et les réglages, délicats.

Dès la fin janvier, une attaque massive est pressentie dans la région de Verdun. Cela se traduit par une certaine nervosité des hommes et par des mouvements de troupes et de matériel incessants. Juste avant l’offensive allemande du 21 février, les batteries ennemies se déchainent sur les Hauts-de-Meuse, pour faire diversion. Elles ralentissent la cadence après le début de l’opération.

Le secteur de Troyon n’est pas assailli mais les duels d’artillerie restent permanents. La crainte d’être contourné par la Sélouse, oblige à déplacer les échelons(1) et à déterminer des positions pour un repli éventuel sur la rive gauche de la Meuse.

Après le 3 mars, la situation semble se stabiliser dans le secteur tenu par le régiment.

Le 7 avril, le 42e R.A.C. est relevé par l’artillerie divisionnaire A.D.132. Il se porte au repos sur Belrain et Vilotte.

Verdun (12 au 29 avril 1916)

Le 12 avril, le régiment se porte vers le nord, en direction du champ de bataille de Verdun. Les positions et les missions assignées aux groupes sont les suivantes :

  • 1er groupe, à la Madeleine (600 mètres à l’est du Tillat), sous les ordres du commandant de l’A.D.6, flanquement de la face est du fort de Vaux
  • 2e groupe, près du fort Saint-Michel, sous les ordres du commandant de l’A.D.5, appui de l’infanterie au bois de la Caillette,
  • 3e groupe, au ravin des Vignes, sous les ordres du commandant de l’A.D.6, flanquement de la face nord du fort de Vaux.

Les unités se mettent en place pour le 17 avril. Les routes sont encombrées de cadavres et de débris en tous genres. L’acheminement et l’approvisionnement des pièces se révèlent extrêmement pénibles. Les conditions de vie dans cet espace tourmenté s’avèrent des plus précaires. Pendant ce premier séjour, le 42e R.A.C. réalise des tirs de contre-batterie et d’interdiction sur les organisations ennemies.

À partir du 22 avril, les groupes sont relevés, puis remontent en ligne pour remplacer le 43e R.A.C., qui appuyait la 4e D.I. ; ils repassent sous les ordres de leur colonel. Le secteur de la division s’étend de la ferme de Thiaumont à Vaux-devant-Damloup. Dès son arrivée, le 2e groupe est tout de suite utilisé. Il rencontre les plus grandes difficultés à évaluer la zone à battre tant la ligne de front est mal définie. Seul, le téléphone, quand il fonctionne, permet d’ajuster les tirs. Le secteur est constamment pilonné par l’artillerie allemande ; cela rend peu commode le service des pièces. Le 1er groupe est installé à 1000 mètres au sud-ouest de Fleury, le troisième, à cheval sur la voie ferrée, au nord de la Côte Saint-Michel. Les batteries situées en terrain nu et visibles de partout, sont fortement contrebattues et perdent de nombreux canons.

Après avoir contribué à stopper l’attaque allemande du 28 avril, le régiment est relevé et se retrouve à Landrecourt le 30. Hommes et matériel ont beaucoup souffert sur le champ de bataille de Verdun.

Le 1er mai, le 42e R.A.C. embarque pour Nançois et Ligny-en-Barrois.

Bataille de la Somme (1er juil. au 25 déc.1916)

Après son séjour à Verdun, le régiment se reconstitue dans la région Ile-de-France ; il y restera jusqu’au 25 juin1916. Progressivement, la 4e division s’approche du champ de bataille ; le 42e R.A.C. arrive par étapes dans les cantonnements de Nampty, Fossemanant et Neuville-sous-Leuilly, où il stationne du 1er au 12 juillet. Il se porte ensuite sur Hangard puis sur Lamotte-en-Santerre, qu’il atteint le 18 juillet.

À partir du 22 juillet, les groupes se mettent en position autour du village d’Assevillers. Les 2e et 3e groupes ainsi que deux batteries de 155 court, sont placés sous les ordres du chef d’escadron SAYET. Ils appuient la 310e brigade d’infanterie à gauche du secteur. Le 1er groupe est mis à la disposition de l’artillerie lourde du 2e C.A. pour servir de contre-batterie.

Le 28 juillet, une opération est lancée sur la tranchée du Chancelier qui avait résisté à plusieurs assauts, auparavant. La préparation d’artillerie parfaitement ajustée, associe les pièces de campagne et les pièces lourdes. Le programme et les heures des tirs sont réglés avec une grande précision. Deux jours plus tard, la tranchée est enlevée par la 121e D.I.

L’artillerie allemande ne reste pas les bras croisés. Elle pilonne l’ouvrage perdu et inonde les batteries françaises d’obus de tous calibres.  C’est le 2e groupe qui souffre le plus ; il accuse des pertes sensibles. À la 2e batterie, 3 canons sur 4 sont détruits.

Les attaques en direction de Péronne, se succèdent d’août à octobre ; le 42e R.A.C y participe activement. La progression autour des villages de Berny, Belloy, Fresnes s’avère extrêmement pénible.

Le 10 octobre, le P.C. du 1er groupe est bombardé. Un obus de 15cm tombe devant l’abri blessant grièvement le commandant CENSIER et les sous-lieutenants HUREL et LIBERT. Le capitaine PETITNICOLAS prend aussitôt le commandement du groupe. HUREL meurt deux jours plus tard et CENSIER ne reviendra pas au régiment.

L’offensive piétine en raison des mauvaises conditions climatiques. Les attaques sont remises de jour en jour.

Le 27 octobre, le 42e R.A.C. déplace ses batteries et reçoit la mission d’appuyer les bataillons de la 4e D.I. en ligne actuellement. Les unités se positionnent ainsi :

  • 1er groupe, au nord du bois de Deniécourt (bataillon de droite),
  • 2e groupe, région de la tranchée Maus (bataillon du centre),
  • 3e groupe, secteur du boyau des Mythes (bataillon de gauche).

Le 7 novembre, le régiment appuie efficacement l’attaque de la 43e D.I. sur Ablaincourt. Son rôle consiste à pilonner les observatoires ennemis du mamelon de Fresnes et des tranchées avoisinantes pour aveugler les contre-batteries allemandes.

L’A.D.4 se réorganise, le 12 novembre, en artillerie de campagne et en artillerie lourde. Une attaque très importante se prépare mais le mauvais temps perturbe considérablement l’installation des batteries et les réglages. L’activité des pièces se réduit à des tirs de représailles et de contre-préparations.

Le 16 décembre, le capitaine GARREAUX prend le commandement du 1er groupe du 42e R.A.C. En prévision d’une offensive qui doit se déclencher en direction sud-ouest, le régiment exécute quelques salves sur les positions des bois de Dragon et de Saint-Georges, les tranchées du Dragon et de Gratz, et les abords du château de Misery. De nouveau, en raison des mauvaises conditions climatiques, l’assaut est ajourné.

À partir du 19 décembre, le 42e R.A.C. quitte le secteur et se rassemble, le 23, à Hangard-en-Santerre. Il embarque le 25 décembre à Longueau.

Secteur en Lorraine (26 déc. au 27 mars 1917)

Après un voyage de trente heures, le régiment débarque à Barisey-la-Côte, au sud de Toul. Le repos dure jusqu’au 26 janvier, coupé par une manœuvre du corps d’armée. La température extérieure, voisine de -20°C, rend très pénibles les exercices et les marches.

Le 27 janvier, le 42e R.A.C. se porte, par étapes, sur Vandeville, Saint-Nicolas-de-Port. Une modification de l’organisation des artilleries entre en vigueur à cette période.

Le 31 janvier, le 1er groupe fait mouvement sur Lunéville et le 3e groupe sur Jolivet. Le 2e groupe a été dépêché à Moyen, le 26. Le personnel des 3 unités est affecté à des travaux d’aménagement dans le voisinage de leurs cantonnements.

En début mars, les 1er et 2e groupes sont mis à la disposition de la 73e D.I., pour appuyer un coup de main. Ils s’installent dans la forêt de Parroy où ils resteront jusqu’au 9 mars. Ils sont ensuite relevés par l’artillerie de l’A.D.6.

Le 11 mars, le 42e R.A.C. se porte, par étape, sur Bicqueley, Chaudeney et Pierre-la-Treiche. Il reste dans ces cantonnements jusqu’au 27 mars et prend part à quelques manoeuvres du C.A. Il embarque ensuite pour Maron.

Bataille de l’Aisne (16 avril au 1917)
Offensive du 16 avril 1917 sur Craonne.

 Le 42e R.A.C. est mis à la disposition de l’A.D.1 et sera engagé, dans l’Aisne, bien avant sa division d’origine. Il fait mouvement, le 31 mars, par étapes, en direction de la ferme Beauregard, où il cantonne, le lendemain soir. L’organisation de l’artillerie de campagne pour cette opération est la suivante :

  • Sous-groupement A, (tire sur les tranchées du Balcon et d’Hasloch)
    • 1er groupe du 42e R.A.C.,  au sud-ouest du château de Blanc-Sablon,
    • 1er groupe du 15e R.A.C.
  • Sous-groupement B, (tire sur le saillant du Jutland, Craonne)
    • 3e groupe du 42e R.A.C., au sud du château de Blanc-Sablon,
    • 3e groupe du 15e R.A.C.
  • Sous-groupement C, (tire sur le saillant du Tyrol, tranchée de Mannheim)
    • 2e groupe du 42e R.A.C., clairière sud du bois de Beaumarais,
    • 2e groupe du 15e R.A.C.

La 1re division, à laquelle est provisoirement rattachée le 42e R.A.C, est chargée d’attaquer le plateau de Californie avec 3 régiments accolés.

La préparation d’artillerie commence le 8 avril et dure cinq jours avec une cadence de tir de 1000 obus par batterie de 75, et par jour. Les artilleries lourdes et de tranchées participent au pilonnage. La contre-batterie allemande ne reste pas inactive ; elle répond avec toutes ses pièces disponibles et utilise, la nuit, des obus toxiques qu’elle déverse sur les positions des batteries françaises et sur les rassemblements d’infanterie. Les observatoires et les échelons souffrent beaucoup de cette contre-batterie.

Les mauvaises conditions climatiques restreignent l’utilisation de l’aviation qui, seule,  permet d’évaluer l’état de destruction du réseau défensif adverse. Pour pallier ce déficit d’informations, quelques patrouilles sont missionnées de nuit pour vérifier les brèches.

Le 16 avril, à 6 heures, l’offensive est déclenchée. La brume empêche de discerner les positions amies des organisations ennemies et oblige les artilleurs à envoyer des détachements avec les fantassins pour localiser les cibles.

En fin de journées, les troupes d’assaut sont bloquées dans les premières tranchées allemandes. Les batteries qui devaient accompagner le mouvement en avant, restent sur place.

Dans les jours qui suivent, le 42e R.A.C. est sollicité pour appuyer les attaques françaises sur Craonne et pour stopper les contre-attaques allemandes ; l’infanterie ne progresse pas.

Dans la nuit du 20 au 21 avril, les groupes sont relevés. Ils embarquent à destination de Trigny.

Secteur de Cormicy (22 avril au 27 juin 1917)

L’infanterie de la 4e D.I. qui était en 2e ligne lors de l’offensive du 16 avril n’a pas été engagée. Elle est envoyée dans le secteur de Cormicy où le 42e R.A.C. la rejoint.

À partir du 22 avril, les groupes occupent les positions suivantes :

  • 1er groupe, au sud de Cormicy,
  • 2e groupe, au nord du village,
  • 3e groupe, au bois Poupeux (lisière est du bois de Gernicourt)

Le secteur s’étend de Berry-au-Bac à l’est de La Neuville. Les Allemands occupent une série de mamelons crayeux : la Cote 108, creusée de carrières et truffée de galeries, le mont Sapigneul et le mont Spin.

Côté français, les batteries reposent sur un terrain sablonneux ; les abris sont construits en surface et s’avèrent peu solides. La région et les moindres boqueteaux sont garnis d’artillerie en tous genres.

Jusqu’au 30 avril, les groupes exécutent des tirs de réglage et de destructions en prévision d’une attaque qui se profile sur la Cote 108. Une première action, menée par le 1er bataillon du 328e R.I., enlève la grande carrière.  Elle est aussitôt perdue, après une énergique contre-attaque allemande.

Une seconde offensive bien plus importante est décidée sur le front du 2e C.A. La préparation d’artillerie commence le 1er mai.

Le 4 mai, les 9e et 18e B.C.P. se portent en avant. Le brouillard et la poussière blanche masquent la zone de combat aux artilleurs qui ne peuvent soutenir efficacement l’action. Seule la grande carrière est conquise. La réaction de l’ennemi ne se fait pas attendre ; toute l’infanterie française est ramenée à son point de départ.

Le 7 mai, le 1er groupe est mis à la disposition de l’A.D.3 pour appuyer l’aile gauche de la 3e D.I.

Dans les jours qui suivent, quelques coups de main sont lancés sur la cote 108, sans succès. Pendant toute cette période, la contre-batterie ennemie provoque beaucoup de dégâts chez les artilleurs.

Le 25 mai, la 46e D.I. relève l’infanterie de la 4e D.I. ; peu après, l’artillerie est réorganisée.

Le 31 mai, les Allemands font sauter sept fourneaux de mine, dont certains se trouvent derrière les petits postes de la cote 108. Ils réoccupent le secteur qui leur avait été enlevé, le 16 avril. Des tirs de barrage sont déclenchés pour que l’infanterie française contre-attaque mais le bouleversement est tel, qu’il faut se résoudre à abandonner le terrain à l’ennemi.

Le 24 juin, la 152e D.I.relève la 46e D.I. Les trois groupes du 42e R.A.C. quittent leurs positions, le 27.

Le 28 juin, le régiment se porte sur Vitry-le-François.

Offensive au nord de Verdun (29 juil. au 13 sept. 1917)
Prise de la côte du Talou (20 août 1917)

Le séjour au cantonnement dure du 7 au 25 juillet. Le 42e R.A.C. se remet en route, le 26, pour renforcer l’A.D.126 du 15e C.A. ;  une offensive importante se prépare au nord de Verdun, sur les deux rives de la Meuse, pour rétablir, presque entièrement, le front qui avait cédé en février 1916. La 126e D.I. est chargé de prendre la Côte du Talou, la cote 344 et de pousser ensuite jusqu’à Samogneux.

Le 42e R.A.C. distribue ses batteries ainsi :

  • 2e groupe, au nord-est de la ferme Lombut,
  • 3e groupe et 2e batterie, à l’ouest de Charny,
  • 1re batterie, un peu au sud des précédentes,
  • 3e batterie, sur la rive droite, à l’est de Bras-sur-Meuse.

Les 1er et 3e groupes n’étant pas suffisamment défilés, ils ne participent pas à la préparation d’artillerie. Ils appuient uniquement l’attaque d’infanterie.

En attendant le jour J, fixé au 20 août, quelques coups de main sont réalisés pour faire diversion. Le manque de visibilité de l’objectif, contraint les artilleurs à tirer des kilomètres de fil téléphonique entre les observatoires et les batteries.

Le 20 août, à 4 h 40, l’offensive se déclenche. Le programme des tirs se développe exactement comme il a été prévu, et les objectifs du jour J sont atteints sur tout le front. Le lendemain, Samognieux et les tranchées environnantes sont enlevés. Les observateurs d’artillerie et les télégraphistes, placés en 1re ligne, avec l’infanterie, ont apporté une aide précieuse au réglage de tir des pièces.

Le 23 août, une batterie est installée sur la rive droite de la Meuse, près du moulin des Côtelettes, dans le secteur de Vacherauville. Elle prend d’enfilade la tranchée de Trèves, au nord de la Cote 344.

Après l’attaque du 20 août, et le rejet de l’ennemi vers le nord, d’excellents observatoires dominant la vallée de la Meuse et la plaine de la Woëvre tombent dans les mains des troupes françaises. Connaissant l’importance stratégique de ces points hauts, les Allemands opposent une résistance opiniâtre avant de les céder.

Après ce succès, le 42e R.A.C. relève le 58e R.A.C. dans un secteur un peu plus compliqué ; il est mis à la disposition de la 14e D.I., sur la rive droite. Les groupes sont installés dans les emplacements suivants :

  • 1er groupe, au nord des carrières d’Haudromont, avec le P.C. du colonel,
  • 2e groupe, au bois de Nawé,
  • 3e groupe, au ravin du prêtre (? peut-être le ravin de la Dame)

En place à compter du 31 août, les batteries sont soumises à des tirs de contre-batteries récurrents, par obus de gros calibres, explosifs et à gaz, qui rappellent les pires moments de 1916. Le duel d’artillerie demeure permanent.

Le secteur le plus dangereux reste sans conteste la Cote 344 et les tranchées qui la bordent. Le mamelon est constamment pris sous le feu des pièces allemandes et fait l’objet d’attaques d’infanterie à répétition.

Les groupes du 42e R.A.C. commencent à accuser des dégâts importants ; plusieurs canons et quelques caissons à munitions sont détruits.

Le 11 septembre, le régiment est relevé et mis au repos à Dagonville, Lavallée et Levoncourt.

Secteur d’Avocourt (25 sept. 1917 au 17 mars 1918)

Après quelques jours de repos, du 14 au 23 septembre, le 42e R.A.C. est dirigé dans le secteur d’Avocourt, sur la rive gauche de la Meuse, où se trouve déjà la 4e D.I.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre, le régiment relève le 36e R.A.C. en position au bois de Chattancourt. Sa principale mission consiste à assurer le barrage sur le front, bois d’Avocourt-Malancourt, en liaison avec l’artillerie de la 3e D.I. à droite.

Les jours s’écoulent sans grosse attaque. Les deux armées se livrent à quelques de coups de mains, bombardements et contre-batterie, qui ne changent pas la physionomie de la bataille.

Après une période de repos du 24 février au 11 mars, le 42e R.A.C. quitte la 4e D.I. pour retourner dans le secteur d’Avocourt et prêter son appui à la 3e D.I. qui prépare une importante offensive. Le 16 mars, des tirs de démolition et de diversion sont entrepris. Le lendemain, la 3e D.I. lance son attaque qui réussit pleinement. Les fantassins félicitent les artilleurs pour leur précieux support.

Les batteries rentrent à leur échelon, le 17 au soir, et vont cantonner, le 19 mars, dans la région de Nixéville. Elles sont remises à la disposition de la 4e D.I. qui occupe le secteur de Louvemont.

Secteur de Louvemont (23 mars au 15 mai 1918)

Le 42e R.A.C. relève le 8e R.A.C. sur la rive droite de la Meuse, au nord de Verdun. Dans la Somme, les Allemands viennent de lancer leur grande offensive et ils organisent une forte diversion sur le secteur. Le régiment prend position sous un intense bombardement. Les unités s’installent, le 23 mars, de la façon suivante :

  • P.C. du colonel aux carrières d’Haudromont,
  • 1er groupe, pentes sud de la Côte du Poivre, en appui des deux bataillons de chasseurs, sous-secteur de Neuville,
  • 2e groupe, ravin de la Dame, en appui du 147e R.I., sous-secteur de Beaumont,
  • 3e groupe, ravin du bois en T (est de Bras), appui de 120e R.I., sous-secteur de la Wavrille.

À peine installées, les batteries sont soumises à un déluge d’obus de gros calibre. Les abris s’avèrent précaires et nombre d’entre eux s’écroulent sous les explosions. Pourtant, il faut bien satisfaire aux exigences de l’infanterie qui demande un appui feu constant. Hommes et matériel souffrent beaucoup sous les 21cm qui tombent dru.

Pendant cette période, les coups de main sont nombreux sur les ouvrages et tranchées des secteurs de la Cote 344, du Buffle et de la Wavrille ; les artilleries se livrent à un duel très meurtrier, pour soutenir leurs fantassins. Aucune modification sensible n’est apportée aux positions de chaque belligérant.

Le 14 mai, le 42e R.A.C. est relevé par le 217e R.A.C., et se porte, par étapes, sur Alliancelles, Bettancourt et Vroïl.

Retraite de l’Aisne à l’Ourcq (27 mai au 6 juin 1918)

 Le 26 mai, le régiment est embarqué par chemin de fer, en gare de Sommeilles. Le 3e groupe, en tête de convoi, est déposé à Chévrières mais les autres groupes reçoivent l’ordre, en cours de route, de changer leur destination. Ils débarquent à Fère-en-Tardenois, Neuilly-Saint-Front et La Ferté-Millon. La raison de ce changement de programme vient du fait que les Allemands ont déclenché, le 27 mai, une vaste et puissante offensive sur le Chemin des Dames ; le front est percé.

Pour colmater la brèche, toute la 4e D.I. est envoyée à l’est de la forêt de Villers-Cotterêts. Le 3e groupe est acheminé par étapes sur Corcy.

L’ennemi est contenu sur la Vesle jusqu’à Braine mais s’infiltre par Mont-Notre-Dame, Tannière et Lhuys. La position de repli ; bois d’Arcy-Muret-Crouttes, est occupée par la 4e D.I. Au fur et à mesure de leur arrivée, les groupes se mettent en batterie ainsi :

  • 2e groupe, entre Servenay et Cramaille, le 28 à 14 heures,
  • 1er groupe, entre Servenay et l’Ermitage, le 28 à 16 heures,
  • 3e groupe, au sud de Cramaille, le 29 à 11 heures.

Sur les routes, la fuite des civils et le repli des militaires, rappellent les pires moments d’août 1914. L’aviation allemande mitraille et bombarde les dépôts de munitions et de matériel, ainsi que les troupes en retraite. Les batteries reprennent leurs habitudes de guerre de mouvement, faites de mises en station et de déplacements stratégiques rapides.

Le 29 mai, la 43e D.I. qui se trouvait en avant de la 4e division, se replie ; l’ennemi déborde les positions du 42e R.A.C. par la droite, en direction de Fère-en-Tardenoy et Saponay. Les groupes tirent sur les forces ennemies qui sortent de Nampteuil, Maast-et-Violaine et Branges et stoppent plusieurs assauts. Malheureusement, l’approvisionnement en munitions se fait mal et les Allemands réussissent à déborder les positions du régiment, à l’est du bois d’Arcy.

Le 42e R.A.C. se retire sous les balles et les obus ; toute la division se replie sur la ligne Monument-Grand-Rozoy-Butte Chalmont-Les Crouttes-Nanteuil-Notre-Dame. Le 30 mai, le régiment met en batterie à :

  • 1er groupes, région de la Bailette,
  • 2e groupe, bois de Lud,
  • 3e groupe, 1500 mètres de La Croix.

La division reçoit le renfort du 11e R.A.C. dont les pièces sont placées à côté de celles du 42e R.A.C. Après avoir résisté toute la journée contre un ennemi très supérieur en nombre, les positions ne peuvent plus être tenues. La retraite se poursuit, par étapes, jusqu’à l’Ourcq dont les passages sont défendus.

Le 1er juin, les groupes installent leurs pièces dans la région de Charme Signal et de Vinly, à l’ouest de Chézy-en-Orxois. Le G.Q.G. ordonne aux unités de se comporter comme elles l’avaient fait lors de la 1re bataille de la Marne, en 1914 : “On ne recule plus ;  pour tous, résistance jusqu’au corps à corps.”

Les dispositions pour établir une défense solide sont prises ; creusement de tranchées profondes, renforcement des liaisons entre l’infanterie et l’artillerie, multiplication des lignes téléphoniques, approvisionnement en munitions, mise en place de nombreuses mitrailleuses pour défendre les positions, création de plusieurs observatoires avancés.

L’ennemi occupe Vinly et cherche à progresser sur Gandelu. De nombreuses reconnaissances sont envoyées pour suivre, heure par heure, l’avance ennemie. Les groupes soutiennent l’action de la 2e division de cavalerie qui côtoie et renforce la 4e D.I. très éprouvée. Les munitions arrivent en quantité et permettent, en plus de se défendre, d’appuyer l’action du 2e corps de cavalerie qui attaque Dammard.

Du 2 au 6 juin, la situation se stabilise. Le 42e R.A.C. améliore ses positions et contrebat efficacement les batteries ennemies.

Le 6 juin, il est relevé par le 256e R.A.C. et va cantonner à Puisieux. Le régiment ressort complètement épuisé de cette confrontation, avec des pertes sérieuses, mais heureux du travail accompli. Il est cité à l’ordre de l’armée.

Secteur de Passy-en-Valois (7 juin au 14 juil. 1918)

 Le 10 juin, le 42e R.A.C. place ses groupes dans la région de Boullare, moulin des Ecavelles et les bois entre Collinances et le Chanois. Il appuie un régiment de la 4e D.I. et mène des reconnaissances dans l’hypothèse d’une contre-attaque française.

Le 28 juin, deux groupes sont déplacés pour renforcer l’artillerie de la 2e D.I. qui doit prononcer un coup de main.

  • Le 2e groupe s’installe entre Bourneville et Vaux-Parfond,
  • Le 3e groupe se poste dans les bois, au sud de la Ferté-Milon.

Le 29 juin, les batteries accompagnent l’attaque de la 2e D.I. qui atteint ses objectifs sur la crête entre Mosloy et Dammard. Elles participent aux barrages pour repousser les contre-attaques ennemies.

Les groupes sont remis à la disposition de la 4e D.I., le 2 juillet. Le régiment reste dans la région de Boullare jusqu’au 12 juillet, puis se porte sur Sammeron et Pierre-Levée, en cantonnement d’alerte.

Offensive de la Marne à la Vesle (15 juil. au 10 août 1918)

Le 15 juillet 1918, les Allemands déclenchent leur dernière offensive dans la Marne (Friedensturm). Le 42e R.A.C. est réquisitionné pour renforcer l’A.D.20. Il se porte, par étapes, dans la région du Breuil et il installe ses batteries ainsi :

  • 1er et 2e groupes, au sud de Glapieds,
  • 3e groupe, au nord de l’Huis.

Renforcé d’un groupe du 10e R.A.C., le régiment doit appuyer le 2e R.I. dans son attaque vers le nord. L’action est déclenchée mais le résultat escompté n’est pas obtenu ; les vagues d’assaut reviennent à 1000 mètres de leur position de départ.

Le 19 juillet, une offensive générale, pour rejeter l’ennemi au-delà de la Marne, est planifiée. Toute la journée, les groupes pilonnent les lignes allemandes. L’attaque est lancée le lendemain ; l’infanterie ne rencontre que peu de résistance et trouve de nombreux cadavres sur sa route. Les batteries suivent la progression des fantassins et procèdent par bonds successifs.

La 4e D.I. initialement prévue pour forcer le passage de la rivière avec l’appui de son artillerie, est finalement retirée du front. Le 42e R.A.C. est mis au repos à Ville-sous-Orbais.

Le 24 juillet, la 73e D.I. est installée au nord de la Marne ; la 4e D.I. reste en soutien. Les groupes prennent position aux Coqs et se tiennent prêts à appuyer l’attaque du 77e R.I. sur la Cote 216, au nord-est de Tréloup.

Les 25 et 26 juillet, l’artillerie soutient le 77e R.I. qui progresse rapidement. Les positions conquises offrent des sites d’observation très intéressants pour guider le tir des pièces.

Le 26, le 42e R.A.C. est remis à la disposition de la 4e D.I. et passe la Marne sur des ponts de bateaux. L’ennemi s’est retranché au sud du bois Meunière.

Le 28 juillet, les batteries occupent les positions suivantes :

  • 1er groupe, ferme Avize, appui du 9e B.C.P.,
  • 2e groupe, sud-ouest du précédent, appui du 120e R.I.,
  • 3e groupe, ferme des Fosses, appui du 18e B.C.P.

L’infanterie se lance à l’assaut du bois Meunière, lequel est fortement organisé. De nombreuses mitrailleuses et une puissante artillerie tirent vigoureusement sur les lignes françaises qui se replient.

Les 29 et 30 juillet, plusieurs tentatives de l’infanterie restent sans résultat. Le bois Meunière est bombardé jour et nuit. Le lendemain, les reconnaissances constatent que les Allemands se sont repliés et que le bois est libre.

Le 2 août, après une préparation sommaire, l’infanterie se porte en avant et ne rencontre aucune résistance. Le 42e R.A.C. suit le mouvement en direction de l’Ardre et de la Vesle. Au moment de franchir les rivières, les Allemands se manifestent. L’artillerie ennemie pilonne les points de passage avec du gros calibre.

Du 6 au 9 août, le 42e R.A.C. est fortement bombardé tant sur ses positions de tir que lors de ses déplacements. Les groupes ripostent en visant les voies d’accès allemandes, mais toutes les tentatives pour traverser la Vesle, se traduisent par un échec.

Le 9 août, le régiment est retiré de la zone de combat et envoyé en Champagne avec la 4e D.I., dans le secteur de la IVe armée.

3e bataille de Champagne (14 sept. au 13 oct. 1918)

Le 42e R.A.C. se porte en Champagne, par étapes, partageant son temps entre périodes de repos et manoeuvres militaires. Une grande offensive se prépare, le régiment jouera pleinement son rôle.

La 4e D.I. est mise à la disposition du 21e C.A. pour occuper sur son aile droite, les sous-secteurs de Dormoise, Courtine et Beauséjour.

Dans la nuit du 13 au 14 septembre, le régiment atteint la région d’Auve et de Somme-Tourbe. Il relève les groupes des 62e et 267e R.A.C. et reçoit pour mission d’appuyer la 4e D.I. qui défend le secteur entre Perthes et Beauséjour. La région est calme, les batteries ne tirent qu’en cas de barrage ou de coup de main ; il ne faut surtout pas attirer l’attention de l’ennemi sur ce qui se prépare. L’artillerie ennemie procède à des tirs de harcèlement sur les voies de communication.

À partir du 17 septembre, les cadres du 42e R.A.C. partent en reconnaissance pour étudier les emplacements qu’ils occuperont lors de la grande offensive. Les échelons transportent les munitions aux endroits qui seront pourvus ultérieurement. Une épidémie de grippe décime les conducteurs chargés de cette opération ; le service est malgré tout assuré.

Dans la nuit du 24 au 25 septembre, les groupes rejoignent les positions qui leur sont assignées dans la région du Balcon. Aucun coup de canon ne doit être tiré avant le début de la préparation d’artillerie ; la journée est mise à profit pour préparer le site et pour acheminer les munitions. Le régiment est tenu à la disposition de la 3e D.I. et doit appuyer l’action du 272e R.I. en direction du Peigne et de la tranchée de Ripont.

La préparation d’artillerie commence le 25 septembre, à 23 heures. L’attaque se déclenche le 26, en début de matinée. Les groupes exécutent le barrage roulant et les tirs de protection en avant du rideau de feu. Les premières positions sont rapidement enlevées mais la progression est ensuite ralentie par les nombreux nids de mitrailleuses qu’il faut réduire un à un. Le 42e R.A.C. consomme 25000 obus pendant l’assaut.

Dans les jours qui suivent, le régiment adopte le mouvement rapide de l’infanterie, obligeant les batteries à réaliser des bonds de plusieurs kilomètres. La consommation en munitions est telle que les échelons sont contraints à organiser plusieurs navettes entre les positions actuelles et celles de départ.

La 4e D.I remplace la 3e D.I. en 1re ligne. Le 28 septembre, le village de Manre est enlevé. Les groupes prennent place aux abords du village et appuient l’attaque en direction de Liry.

Le 1er octobre, l’infanterie atteint la Croix-Gilles mais ne peut plus progresser. L’ennemi contre-attaque vigoureusement et pilonne les sites de batteries qui souffrent beaucoup. Le 42e R.A.C. procède à de nombreux tirs de barrage pour stopper l’action allemande.

Jusqu’au 9 octobre, les 3e et 4e divisions vont tenter d’enlever la crête de Liry sans succès. La position est fortement organisée et la progression se développe au rythme du nettoyage des nids de mitrailleuses qui parsèment leur parcours. Les artilleries se livrent à des duels féroces. Le service des pièces est sensiblement perturbé par l’épidémie de grippe qui sévit, mais le régiment assure pleinement sa fonction.

Dans la journée du 10, les Allemands évacuent Liry. Les groupes occupent les anciennes 1res lignes et portent leurs observatoires au nord du village.

À partir du 11 octobre, l’avance rapide reprend en direction de Vouziers. Un à un, les villages tombent. La progression des fantassins est stoppée le long de l’Aisne, où tous les ponts sont détruits. Sur la rive droite, les batteries allemandes se montrent très actives. Gênés par un épais brouillard, les canons du 42e R.A.C. ne peuvent exécuter que des tirs sur zones, là où les pièces ennemies sont repérées.

Le 14 octobre le régiment est embarqué pour la région de Lunéville où il entre immédiatement en ligne dans la forêt de Parroy.

Secteur de Lunéville (16 oct. au 11 nov. 1918)

À partir du 16 octobre, le 42e R.A.C. relève le 269e R.A.C. dans la forêt de Parroy. Le secteur est relativement calme et la densité de troupes, faible. La quiétude de l’endroit n’est troublée que par quelques coups de main qui nécessitent parfois l’intervention de l’artillerie.

Les batteries sont placées ainsi :

  • 1er groupe à Froide-Fontaine,
  • 2e groupe à l’est de Croismare,
  • 3e groupe au nord de Croismare.

À partir du 25 octobre, des reconnaissances sont organisées en prévision d’un important renforcement en artillerie du secteur. Plusieurs détachements sont constitués pour aménager des pistes et pour préparer les emplacements. L’acheminement des munitions est commencé ; l’organisation se poursuit sans relâche. Même pendant les pourparlers de l’armistice les travaux continuent. Enfin, le 11 novembre, les hostilités cessent. Le 42e R.A.C. a mené une campagne exemplaire pendant les cinquante et un mois de guerre. Le 1er groupe de Stenay y a tenu toute sa place.

  1. Partie d’un convoi d’artillerie, voir composition d’un R.A.C.

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  • Source photo : wikimedia commons
  • Source : historique de 42e R.A.C., numérisé par Marc TERRAILLON

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