Historique succinct

Le 9e B.C.P. pendant la campagne 1914-1918

Couverture

Avant la déclaration de guerre, le 9e B.C.P. occupait les casernements de Longuyon, avec 4 compagnies, et de Longwy, avec 2 compagnies.

Le 31 juillet, le bataillon reçoit l’ordre de prendre sa position de couverture ; il est accompagné d’un escadron du 19e R.C.C. Pendant quelques jours, il reste aux environs de Longuyon et se couvre par des patrouilles.

Dans la nuit du 7 au 8 août, le 9e B.C.P. se porte sur Beuveille pour faire face à d’importantes forces de cavalerie ennemie signalées vers Ville-au-Montois et Morfontaine. Quelques coups de feu sont échangés mais les chasseurs doivent se replier car ils affrontent une division entière. Ils retraitent sur Flassigny.

Pendant la bataille de Mangiennes du 10 août, à laquelle il ne participera pas directement, le bataillon se dirige sur villers-les-Mangiennes et Vittarville. Il y restera jusqu’au 17 août.

Combat de Bellefontaine (21 au 23 août 1914)

Le 22 août, alors que le 120e R.I. lutte depuis le matin dans Bellefontaine, le 9e B.C.P. est chargé d’apporter son appui au 18e B.C.P. qui s’est lancé à l’attaque du bois de Tintigny, à droite du 120e R.I. Les positions sont tenues jusque dans la soirée, ce qui soulage un peu le régiment. À 19 heures, l’ennemi se replie, le bataillon bivouaque sur place.

Combat de Cesse (26 au 28 août 1914)

Le 27 août, le 9e B.C.P. occupe la forêt de Dieulet en face de la cote 190. Il se lie à gauche avec les coloniaux et à droite avec la 3e D.I. Une première attaque sur Cesse, menée par le 7e R.I.C. est appuyée par deux compagnies du bataillon.

Une seconde offensive de nuit est lancée par la 3e D.I sur Cesse et Luzy. Le 9e B.C.P. y prend part aux côtés des unités du 87e R.I. ; l’ennemi est refoulé vers la Meuse.

Le 29 août, le bataillon se replie avec le 2e C.A. vers Sermaize via Sainte-Menehould.

Bataille de la Marne (5 au 12 sept. 1914)

Le 6 septembre, le 9e B.C.P. reçoit pour mission d’organiser la défense de Maurupt dans sa partie sud-est puis de couvrir le village vers le nord. Il ne subit pas directement les combats sur la Saulx et aux tuileries de Pargny mais il demeure constamment sous le feu de l’artillerie allemande qui pilonne Maurupt.

Le 8 septembre, l’ennemi franchit la Saulx et attaque le bourg de face et de flanc. Le bataillon aidé de quelques compagnies du 18e B.C.P. bloque l’assaillant qui s’est infiltré dans le bois Jacquet-Allard.

Le 10 septembre, les Allemands jettent toutes leurs forces dans la bataille pour percer la trouée de Revigny. La 87e Brigade recule sur Cheminon et les bois de Maurupt ; le village est pris.

Le 11 septembre, alors que tout le monde s’attend à une journée terrible, l’ennemi n’attaque pas ; au contraire, il évacue les positions qu’il a conquises. Sur l’Ourcq, les forces franco-britanniques ont percé le front allemand entre les 1re et 2e armées. Pour conserver sa cohésion, toute la ligne adverse se replie sur l’Aisne, la Suippe et la Vesles.

À partir du 12 septembre, le 9e B.C.P. participe à la poursuite de l’ennemi, vers le nord, à la tête du gros de la 4e D.I. Cette marche en avant prendra fin en Argonne, le 15 septembre.

Combats d’Argonne (15 sept 1914 au 18 févr. 1915)

Le 15 avril 1914, le 9e B.C.P. est alerté à Vienne-le-Château. Dans l’après-midi, il se lance à l’attaque de Servon que la 3e D.I. n’a pu enlever. L’ennemi bien retranché et lourdement armé oppose une résistance farouche. Le bataillon occupe alors la lisière ouest du bois de la Gruerie jusqu’au 18 septembre. Il demeurera continuellement sous le feu des obusiers allemands. La guerre de mouvement prend fin en Argonne pour le 2e C.A.

Le 21 septembre, le 9e B.C.P. reste en position vers Vienne-la-Ville, en situation d’alerte.  Il se porte, le 25 au nord de La Chalade et au Four de Paris.

Le 26 septembre, les Allemands lancent une attaque dans les bois, le long de la route de Varennes-en-Argonne, et occupent Barricade-Pavillon. Une énergique contre-attaque à laquelle participe le bataillon, permet de reprendre le hameau.

Le 27 septembre, fortes de leur succès de la veille, les unités déclenchent un coup de main sur la ligne fortement défendue de la Haute-Chevauchée ; l’opération se conclut par un échec. Dans la nuit, le bataillon se replie sur sa position de départ.

Le 29 septembre, le 9e B.C.P. occupe le secteur du Four de Paris qui court entre Bagatelle et La Fille Morte.  L’ennemi poursuit son action et réussit à reprendre Barricade et à s’approcher des autres points stratégiques de 1re ligne. Les attaques et les contre-attaques vont se succéder à un rythme effréné jusqu’au mois de novembre sans qu’aucun des deux adversaires ait pu acquérir des gains de terrain significatifs. La bataille a changé de visage ; le bataillon expérimente la guerre de tranchées pour laquelle l’armée française n’est pas préparée.

Du 8 novembre au 19 décembre, le 9e B.C.P. occupe le secteur du ravin du Mortier entre La Harazée et le Four de Paris. De chaque côté, les combattants utilisent les mines pour engloutir une portion de tranchée adverse avant de lancer une attaque. Ces opérations de grignotage se paient au prix fort ; peu de gains, beaucoup de morts.

Le 17 décembre, les Allemands réussissent un coup de main qui fait beaucoup de mal au bataillon. Après un copieux bombardement et l’explosion de trois mines, ils s’infiltrent dans le ravin du Mortier et prennent les chasseurs à revers. Le 9e B.C.P. accusera une perte énorme lors de cette attaque. GUEDENEY parlera de 10 officiers et 813 hommes perdus au cours de cet affrontement.

Du 20 décembre au 3 janvier, le bataillon est mis au repos où il se reconstitue. Il occupe ensuite le secteur du Four de Paris où il appuie l’attaque des Garibaldiens.

Le 14 janvier 1915, le 9e B.C.P. est mis en réserve et à l’instruction à Florent, La Chalade et Lochères. Il quitte l’Argonne le 19 février à destination de la Champagne.

1re bataille de Champagne (28 févr. au 30 mars 1915)

 La grande offensive française en Champagne est déclenchée en fin février 1915. Comme en Argonne, la guerre de positions a scarifié le sol d’innombrables tranchées. La terre crayeuse mêlée à la neige fondante recouvre le fond des ouvrages d’une boue épaisse et collante qui rend la vie des soldats extrêmement pénible.

Le 28 février 1915, le 9e B.C.P. est débarqué à Wargemoulin. Le lendemain, il relève des éléments de la 3e D.I. et prend position au sud du bois allongé et du bois Jaune Brûlé.

Le 2 mars, après un violent bombardement, 3 compagnies du bataillon s’élancent à l’attaque du bois Trapèze. Malheureusement, le tir trop long de l’artillerie française n’a pas détruit les tranchées de 1re ligne allemandes ni les défenses accessoires qui les protègent. À peine sortis de leur parallèle, les chasseurs sont accueillis par une fusillade très nourrie de mousqueterie, de mitrailleuses et de canons révolvers. La première vague est presque entièrement anéantie. La seconde tente en vain de franchir le réseau de fil de fer ennemi mais ne peut se maintenir. Les survivants regagnent leur tranchée de départ. Jusqu’au 12 mars, le bataillon subira le bombardement allemand.

Le 14 mars, le 9e B.C.P. est mis au repos. Le 23 mars, il est embarqué pour Dommartin-sur-Yèvre. Il quitte la Champagne, le 30 mars.

Secteur de la Woëvre (3 avril au 19 juin 1915)

 Le 9e B.C.P. est débarqué, le 3 avril, à Sommedieue. Le lendemain, il se porte sur Ronvaux, où il se terre en attendant l’opération à laquelle il doit prendre part. Dans cette plaine, les seuls couverts possibles restent les villages. Les Allemands occupent les hauteurs, protégés par un vaste réseau de fil de fer. Ils déclenchent le feu de leur artillerie à chaque mouvement détecté.

À partir du 6 avril, le bataillon se place au sud de la route Maizeray-Pintheville et participe à l’attaque du centre de résistance de Maizeray. Il crée deux lignes de tranchées qui le rapprochent des défenses accessoires ennemies.

Le 12 avril, après un repos de deux jours, il reprend sa position. Il lance une attaque sur Maizeray mais, à peine sortis de leur tranchée, les chasseurs sont fauchés par une avalanche de projectiles de tous calibres. L’opération est un échec.

Du 14 avril au 4 juin, le 9e B.C.P. occupe le secteur de Fresnes-en-Woëvre, en alternance avec d’autres unités de la brigade. Il reste ensuite en réserve à Sommedieue en attendant son affectation.

Le 12 juin, le bataillon se porte aux Trois-Jurés. Il est mis à la disposition de la 3e D.I. à partir du 20 juin.

Le 21 juin, le 9e B.C.P. participe à l’attaque menée à la Tranchée de Calonne. Son objectif est le point C que les assauts précédents n’ont pu enlever. Après une bonne préparation d’artillerie, les chasseurs s’élancent et conquièrent trois lignes de tranchées. La position est aussitôt organisée et reliée à l’ancienne 1re ligne.

Les 22 et 23 juin, l’ennemi lance une série de violentes contre-offensives et récupère une partie du terrain perdu. Le point C reste toujours en possession des chasseurs qui le défendent bec et ongles.

Le 24 juin, le bataillon se met en réserve aux Trois-Jurés.

À l’ouest du point C, au ravin de Sonvaux, l’ennemi a réussi à enlever 200 mètres de tranchées. Le 26 juin, le 9e B.C.P. et le 51e R.I. envoient 3 compagnies pour reprendre les positions perdues. Le coup de main est mené rapidement et la quasi-totalité du terrain, est reprise.

Le 28 juin, le bataillon retourne aux Trois-Jurés puis au camp Romain où il restera jusqu’au 4 juillet.

Le 5 juillet, le 9e B.C.P. tient un secteur aux Éparges. Les offensives sanglantes de février à avril ont fait place à la guerre des mines. Le point X fait toujours l’objet de combats acharnés.

Le 11 juillet, après l’explosion de 4 mines, le bataillon se lance à l’attaque du point X et de sa partie ouest. Malheureusement, les unités de soutien n’ont pas suivi et, après un temps d’hésitation, les Allemands se ressaisissent et contre-attaquent. Les chasseurs submergés se replient sur leur ligne de départ. Plusieurs tentatives sont réitérées sans plus de succès.

Le 13 juillet, le 9e B.C.P. se porte à Belleville pour prendre un peu de repos. Il y restera jusqu’au 21 juillet puis se rendra au camp de Fontaine-Saint-Robert.

Il remonte en ligne le 28 juillet, alternant, avec une autre unité, les séjours au front et au repos. Cette situation dure jusqu’au 26 septembre. Le bataillon regagne Sommedieue le 30 septembre.

Le 1er octobre, le 9e B.C.P. embarque à Ancemont à destination de la Champagne.

2e bataille de Champagne (2 oct. au 17 nov. 1915)

Le 2 octobre, le 9e B.C.P. débarque à Sainte-Menehould ; il se porte à Somme-Suippes le 4.

L’offensive française du 25 septembre 1915, avait permis de percer le front allemand de Perthes-les-Hurlus en direction de Tahure mais la cote 199 très fortement organisée, demeurait toujours en possession de l’adversaire.

 Le 8 octobre, le 9e B.C.P. prend place au nord de Perthes-les-Hurlus, sous un bombardement d’obus toxiques. Il y reste jusqu’au 16 octobre. Il occupe ensuite le secteur du Gril qu’il tiendra jusqu’au 10 novembre.

Le 30 octobre, l’ennemi déclenche une violente préparation d’artillerie sur les positions du bataillon. À la suite de ce bombardement, les Allemands lancent leur attaque d’infanterie qui vient s’échouer sur les défenses françaises. Le lendemain, ils réitèrent l’opération sans plus de succès.

Le bataillon passe le reste de son séjour en Champagne à réparer et aménager les ouvrages défensifs du secteur. Le 17 novembre, il est envoyé au repos à Laval.

Le 20 novembre, Le 9e B.C.P. est embarqué à Somme-Tourbe et transporté dans la Meuse. Il finit l’année 1915 à Neuville-en-Verdunois.

Secteur du bois des Chevaliers (14 janv. au 6 avril 1916)

À partir du 14 janvier 1916, le bataillon occupe le bois des Chevaliers. Il passe, en alternance avec une autre unité, 12 jours en secteur et 12 jours en réserve. La position est réputée calme à l’exception des quelques tirs ponctuels de mortiers et d’obusiers de 21cm.

Le 10 février, le bombardement monte en puissance. Les Allemands font exploser une mine entre les lignes. Aucune attaque d’infanterie n’est déclenchée. Le pilonnage s’accentue jusqu’au 21 février, date de l’offensive sur Verdun, puis diminue ensuite pour revenir à une intensité normale. Il s’agissait, en fait, d’une diversion.

Le 6 avril le 9e B.C.P. quitte le bois des Chevalier. Il est maintenu en réserve à Ambly, puis à Lahaymeix.

Bataille de Verdun (14 au 26 avril 1916)

Le 11 avril, le bataillon quitte Lahaymeix pour Verdun.

Le 14 avril, le 9e B.C.P. prend position entre la ferme de Thiaumont et le fort de Douaumont, occupé par les Allemands. La 1re ligne se présente comme un enchevêtrement de tranchées boueuses et de trous d’obus remplis d’eau. Elle est constamment battue par les feux croisés des mitrailleuses placées au fort de Douaumont et sur les flancs du bataillon.

Le 16 avril, les chasseurs s’emparent de la tranchée de Morchée mais l’ennemi contre-attaque, le lendemain, en plusieurs vagues, et reprend pied dans une partie de cet ouvrage. Il réitère son action pour en conquérir la totalité, sans succès.

Une nouvelle tentative allemande est engagée le 20 avril, dans ce secteur ; c’est un échec. Plus, les attaquants sont définitivement expulsés de la portion de tranchée qu’il avait enlevée le 17.

Du 21 au 25 avril, les accrochages et les bombardements continuent mais aucune action de masse n’est entreprise par les infanteries, dans ce secteur.

À partir du 25 avril, le bataillon est relevé et transporté à Longeau. Il se porte ensuite dans la région de Beauvais.

Du 12 mai au 4 juin, il cantonne à Longueil-Sainte-Marie.

Secteur du bois des Loges (8 au 25 juin)

Le 8 juin, le 9e B.C.P. quitte Longueil-Sainte-Marie et se porte par étapes à Conchy-les-Pots.

Du 20 au 25 juin, affecté avec toute la 87e brigade à la 10e D.I.C., le bataillon occupe la position du bois des Loges en collaboration avec le 18e B.C.P. et des unités du 53e R.I.C. Ce secteur relativement calme ne connait que quelques échauffourées, les derniers temps de son séjour.

Le 26 juin, le 9e B.C.P. quitte le bois des Loges par étapes et se porte à Tilloy-les-Conty où il restera jusqu’au 11 juillet.

Bataille de la Somme (11 août au 2 nov. 1916)

 Le 12 juillet, le bataillon quitte Tilloy et se porte sur Gentelles. Il occupe des positions de réserve dans différents camps qui couvrent les secteurs de Gentelles-Proyat-Chuignoles.

Le 11 août, le 9e B.C.P. entre en ligne et se place en avant du segment Fay-Dompierre, précédemment conquis. Il y séjourne jusqu’au 17 août ; les combats se limitent à des échanges d’artillerie.

Du 18 août au 3 septembre, il se retire sur Aubercourt où il se forme aux nouvelles techniques. Pendant son instruction, il voit passer une noria de camions qui transportent vers le front, hommes, munitions et matériel en une file ininterrompue.

Il se rapproche ensuite de la zone de feu et se porte sur Chuignes et Fontaine-les-Cappy. Le 7 septembre, il monte en 1re ligne et occupe le secteur compris entre la lisière de Berny-en-Santerre et la route Estrées-Villers-Carbonnel.

Le 9 septembre, l’ennemi mène une attaque sur la tranchée de Berny qui venait de lui être enlevée. Il est repoussé.

Le 15 septembre, le 9e B.C.P. se lance à l’assaut d’une série de tranchée et de boyaux qui doivent servir de base de départ pour une offensive imminente sur le village de Berny.

Le 17 septembre, en liaison à droite avec le 120e R.I. et à gauche avec le 18e B.C.P., le bataillon s’élance à la conquête de Berny. L’ennemi bien retranché dans ses blockhaus et abris bétonnés oppose une résistance farouche. Dans le village la lutte est acharnée et chaque pouce de terrain est gagné au terme de violents combats. Au petit jour, tous les objectifs sont atteints ; le 9e B.C.P. est maître de Berny.

Dans la soirée, le bataillon est relevé et embarqué vers Cappy.

Du 19 septembre au 23 octobre, il alterne les positions de repos et de réserve du côté d’Esclainvillers, Epagny et Aubercourt.

Du 24 octobre au 2 novembre, le 9e B.C.P. occupe le secteur de Berny qu’il a précédemment conquis. Pendant cette période, aucune offensive n’est lancée ; seules, les artilleries se livrent à quelques duels. Le bataillon passe son temps à réparer les ouvrages détruits par les obus et minés par la pluie.

Du 8 au 23 novembre, il retourne au repos à Epagny ; il reprend une position de réserve à Aubercourt, du 24 novembre au 23 décembre.

Le 24 décembre, il est embarqué à Longeau à destination de la Meurthe-et-Moselle.

Travaux et entraînement (1er janv. au 16 avril 1917)

Du 1er janvier au 29 mars 1917, le 9e B.C.P. se consacre à des exercices d’entraînement, pour une reprise éventuelle de la guerre de mouvement, et à des travaux d’organisations défensives. Il occupe tout d’abord les cantonnements d’Allain, Barisey-la-Côte et Bagneux.

Du 26 janvier au 9 mars, il se trouve dans le secteur de Lunéville en cantonnement à Thiébeaumesnil, Donjevin et Fréménil. Il rejoint, le 10 mars, le camp du bois Lévêque près de Toul et y restera jusqu’au 29 mars

Il embarque en chemin de fer à destination d’Épernay et cantonne à Festigny-les-Hameaux du 30 mars au 7 avril. Puis il se rend par étapes à Vendeuil, où il reste jusqu’au 14 avril, en attendant la grande offensive du Chemin des Dames. Il se trouve en seconde position, prêt à exploiter les succès des lignes d’attaque.

Bataille de l’Aisne (16 au 18 avril 1917)

Le 15 avril, le 9e B.C.P. traverse la Vesle et s’établit au nord-ouest de Grand-Hameau. Il se prépare à entrer en action dès que le front sera percé.

Le 16 avril, les 5e et 6e armées lancent la grande offensive de l’Aisne qui doit initier la reprise de la guerre de mouvement. À 7 heures, la 4e division, 87e brigade en tête, franchit la rivière. Les deux bataillons de chasseurs qui se trouvent à l’avant-garde, atteignent la ferme de Routy. Vers 10 heures, le 9e B.C.P. arrive à la ferme Blanc-Sablon. Un peu plus loin, du côté de Craonnelle, la bataille fait rage. La ligne d’attaque française est bloquée au bas du plateau de Californie.

Le lendemain, le bataillon est envoyé au sud de l’Aisne pour une autre mission.

Secteur de Cormicy (20 avril au 18 mai 1917)

Le 21 avril, le 9e B.C.P. occupe le secteur de Sapigneul. Il se prépare à l’attaque qui doit se produire sur la cote 108. Coincé dans une étroite tête de pont entre le canal de l’Aisne à la Marne et les hauteurs fortement organisées de Sapigneul, le bataillon ne dispose pas d’une marge de manœuvre très importante. Les seuls boyaux existants qui permettaient de progresser à couvert sont complètement détruits par le bombardement.

Au matin du 4 mai, le 9e B.C.P. expédie la moitié de son effectif à l’attaque de la cote 108. À peine sortis de leur parallèle, les hommes sont pris sous le feu multidirectionnel d’une quantité impressionnante d’armes en tous genres. Les premières positions allemandes sont atteintes mais les pertes sont énormes. Toute la journée, les combats sont d’une violence inouïe ; les chasseurs tiennent leur position. Dans la soirée, l’ennemi qui s’est renforcé, pilonne les positions conquises et déclenche une contre-attaque qui submerge toute la ligne française. Elle reflue vers le canal et se retranche dans sa parallèle de départ. Cet ouvrage est défendu et conservé jusqu’au 9 mai.

Les jours suivants, les Allemands lancent une série d’offensives pour reprendre possession des tranchées françaises enclavées entre le canal et leurs organisations défensives, sans succès. La situation demeure en l’état .

Dans la nuit du 12 mai, le bataillon est relevé. Il se porte sur Châlons-le-Vergeur, en réserve, et y séjournera jusqu’au 18 mai.

Le 19 mai, le 9e B.C.P. quitte le secteur de Cormicy et se porte sur Aougny. Il séjournera ensuite dans la région de Vitry-le-François jusqu’au 14 juillet.

Secteur de la Cote 304 (21 juil. au 8 août 1917)

Le 15 juillet, le bataillon est embarqué et transporté dans la région de Verdun.

Le 21 juillet, il occupe le sous-secteur Huguenot, à l’ouest de la Cote 304. Il y reste durant dix jours sous un bombardement quasi permanent. Pendant son séjour, il doit faire face à plusieurs coups de main qu’il repousse à chaque fois. Il est relevé le 29 juillet, et occupe une position de réserve dans le bois de Béthelainville.

Après une courte remontée en ligne le 6 août, le 19e B.C.P. est relevé le 9 et transporté à Ligny-en-Barrois où il reste au repos.

Devant Saint-Mihiel (14 au 27 août 1917)

Le 14 août, la 87e brigade est mise à la disposition du 17e C.A. Le bataillon est transporté au camp de Marcaulieu. Il occupe du 15 au 27 août, la région de Chauvoncourt-Les Paroches. Son rôle consiste à faire diversion dans les secteurs voisins en prévision de la grande offensive qui se prépare sur Verdun (20 août 1917).

Le 22 août, le 9e B.C.P. exécute un coup de main dans les faubourgs de Saint-Mihiel. Le bombardement précis qui a précédé l’attaque ne laisse que des miettes aux chasseurs.

Le bataillon est relevé le 27 août et embarqué pour Chonville.

Secteur d’Avocourt (9 sept. au 18 fév. 1918)

Après la grande offensive sur Verdun du 20 août 1917, le 9e B.C.P. retrouve la rive gauche de la Meuse et occupe le sous-secteur des Rieux dans la région d’Avocourt. L’ennemi s’est replié au-delà de la Cote 304 mais par crainte d’une contre-attaque possible, la position est organisée en centre de résistance.

Jusqu’au 18 février 1918, le bataillon alternera les séjours en ligne où il repoussera quelques attaques ponctuelles et les périodes de repos ou de réserve.

Le 19 février, il est embarqué à Clermont-en-Argonne et se porte, par étapes, sur Vitry-en-Perthois, où il restera jusqu’au 15 mars. Il se dirige ensuite sur Verdun.

Secteur de Louvemont (17 mars au 16 mai 1918)

 Le 17 mars 1918, le 9e B.C.P. se porte aux carrières d’Haudraumont où il se tient en réserve. L’ennemi bombarde violemment le secteur, par les gaz, laissant présager une offensive imminente. Il s’agit en fait d’une diversion car, à cette date, l’histoire s’écrit dans la Somme.

Dans la nuit du 28 au 29 mars, le bataillon occupe le secteur du Fays, à l’ouest de Beaumont-en-Verdunois. Il y reste jusqu’au 16 mai. Il est ensuite transporté à Baleycourt pour une autre destination.

Bataille de l’Aisne (28 mai au 5 juin 1918)

Le 28 mai, le 9e B.C.P. est débarqué au Pressieu-Huleu dans l’Aisne. L’ennemi a lancé, la veille, une 3e offensive, sur le Chemin des Dames, en direction de Château-Thierry. Les troupes françaises de 1re ligne, emportées par la vague allemande, se replient en désordre.

Le 29 mai, dans le secteur du bataillon, les éléments en retraite se joignent à ceux de 2e ligne et organisent une position défensive pour freiner l’ennemi qui s’infiltre partout. Le combat s’engage avec une violence extrême mais les chasseurs tiennent bon

Dans la nuit, le 9e B.C.P. reçoit l’ordre de se replier sur Plessier-Huleu car, à l’est, les Allemands ont pénétré profondément dans les lignes françaises et ont atteint Fère-en-Tardenois. Les chasseurs occupent la ligne Monument-Ornes du Grand-Rozoy. Dans la matinée, l’ennemi lance son attaque. La 87e brigade très éprouvée, résiste sur son front mais, débordée sur sa droite et menacée d’encerclement, elle se retire par palier en freinant la progression allemande.

Le 31 mai, ce qui reste des 9e et 18e BCP, et du 120e R.I., est chargé de défendre les passages de l’Ourcq, du côté de Vichel-Nanteuil. Là aussi, les Allemands réussissent à passer par les flancs et obligent la brigade à se replier sur Priez.

Le 1er juin, les débris du bataillon et du 120e R.I. subissent une nouvelle attaque massive, suivie d’une nouvelle retraite en direction de Chézy-en-Orxois. Dans ce village, la résistance s’organise. De nombreux éléments éparpillés lors des combats des jours précédents, rejoignent la division chargée de défendre le bourg.

Pendant cinq jours, l’ennemi va tenter de forcer le passage de Chézy en bombardant à outrance et en lançant des hordes d’infanterie de front, de flanc, sans succès. Il laissera sur le terrain une énorme quantité de cadavres.

Le 6 juin, le 9e B.C.P est relevé, envoyé à Grange-Cœuret puis à Trocy, où il se reconstitue. Il y restera jusqu’au 10 juin.

Le bataillon se porte en 2e ligne, au bord de l’Ourcq, pendant la bataille du Matz (9 au 11 juin). Il occupe Varinfroy et Beauval jusqu’au 18 juin. Il se porte ensuite vers Antilly, en instruction.

2e bataille de la Marne (15 juil. au 8 août 1918)

Le 15 juillet, les Allemands lancent leur offensive “Friedensturm” entre Château-Thierry et Sainte-Menehould. Elle est stoppée nette en Champagne mais l’ennemi réussit à percer dans la région de Dormans. C’est dans ce secteur que le 9e B.C.P. est envoyé par étapes.

Le 16 juillet, le bataillon occupe une position de soutien à la lisière sud du bois de Rougis. Le lendemain, le général Mangin lance une contre-offensive sur le flanc de l’ennemi, à laquelle la brigade va participer.

Le 18 juillet, les chasseurs tiennent la 1re ligne entre Saint-Agnan et la Verdure. Le 20, une attaque d’ensemble est déclenchée pour refouler les Allemands de l’autre côté de la Marne ; le 9e B.C.P., placé en seconde position, y prend part. Les unités d’assaut ne trouvent devant elles que des cadavres et des débris. L’ennemi qui a reflué au-delà du fleuve, ne réagit que par son artillerie. Des passerelles sont jetées au travers du cours d’eau et une tête de pont est établie.

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, le bataillon relève les troupes de 1re ligne à Tréloup et Courcelles. Le lendemain, il progresse vers la forêt de Ris où il livre combat.

Le 29 juillet, la 4e D.I. se lance à l’attaque du bois Meunière où l’ennemi s’est fortement retranché. Les troupes d’assaut sont fauchées par les mitrailleuses judicieusement dissimulées dans les fourrés. L’offensive est reprise le 30 ; une demi-compagnie réussit à prendre pied à la lisière du bois. Pilonné par l’artillerie, l’ennemi se replie.

Le 9e B.C.P. poursuit sa marche en avant. Il atteint le bois d’Aiguisy, le 2 août, puis Longeville et Arcy-le-Ponsart, le 3, et enfin Puisieux le 4.

Dans la nuit du 6 au 7 août, le bataillon monte en 1re ligne, sur la rive sud de la Vesle. Là aussi, les Allemands se sont fortement organisés pour interdire le débouché de la rivière aux Alliés. La situation demeure en l’état jusqu’au 9 août, date à laquelle le bataillon est relevé.

Il se porte en Argonne où il reste au repos et à l’instruction jusqu’au 12 septembre.

Secteur de Mesnil-les-Hurlus (16 au 25 septembre 1918)

Le 14 septembre, le 9e B.C.P. se rend, par étapes, à la Croix-en-Champagne. Il monte en ligne et occupe le sous-secteur Courtine, terrain de luttes tant héroïques qu’infructueuses en 1915. Le bataillon y séjourne jusqu’au 25 septembre et ne connait pas de gros problèmes à l’exception de quelques coups de main et bombardements périodiques. L’ennemi semble se douter de ce qui se prépare.

Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le 9e B.C.P. est relevé, en 1re ligne, par des unités de la 3e D.I. La 4e D.I. se place en soutien derrière elles. Tous les ravins et les espaces libres sont garnis de canons, mortiers et obusiers en tous genres. La concentration de bouches à feu, le long de la ligne de front, est le prodrome d’un cataclysme imminent qui va s’abattre sur les Allemands.

Après la préparation d’artillerie, la IVe armée attaquera en direction de Machault, Vouziers et Grandpré.

Le 25 septembre, à 23 heures, l’artillerie française se déchaîne.

3e bataille de Champagne (26 sept. au 13 oct. 1918)

 Le 26 septembre 1918, le maréchal FOCH déclenche, par partie, l’offensive générale des Alliées, sur un front qui s’étend de la mer du Nord jusqu’à la Woëvre. Cette opération ne s’arrêtera qu’après la signature de l’Armistice, le 11 novembre 1918.

Dans le secteur du 2e C.A., la 3e D.I. ouvre le passage aux chars d’assaut qui  progressent en avant de la 4e D.I. Le 9e B.C.P. qui suit le mouvement de cette dernière, occupe les bois du Trident et de la Galoche, le 28 septembre.

Le lendemain, la 4e D.I. relève la 3e D.I. en première ligne. Le bataillon atteint l’ancien camp allemand de Königsberg, au sud de Manre.

Le 2 octobre, le 9e B.C.P. relève le 18e B.C.P. ,en avant-garde de division, entre Marvaux et Croix-Gilles. Le lendemain, aidé de deux régiments de la 4e D.I., le bataillon essaie de neutraliser les nids de mitrailleuses qui l’empêchent de progresser. Les tentatives d’attaques de front échouent en laissant de nombreux hommes sur le terrain.

Le 3 octobre, la 4e division est relevée sur ses emplacements ; le 9e B.C.P. se porte en réserve au bois de la Tourterelle.

Le 10 octobre, l’avant-garde est reprise par la 3e D.I. ; le reste des unités du 2e C.A. suit en seconde ligne. Dans la soirée, Manre est occupé. Le lendemain, le village de Liry est atteint.

À partir du 13 octobre, la 4e D.I. est ramenée en arrière où elle se reforme. Le 14, elle est embarquée à Gizeaucourt, à destination de la Lorraine.

Secteur de Lunéville (17 oct. au 11 nov. 1918)

Le 17 octobre, le 9e B.C.P. arrive à Marainviller et relève dans la nuit, les troupes du secteur. Le calme qui règne dans la région n’est troublé que par quelques coups de main réciproques, histoire de faire savoir à l’adversaire que chacun est prêt à en découdre, au moindre signal. La situation ne change guère jusqu’au 11 novembre.

Le 17 novembre, le bataillon quitte Lunéville, traverse la Lorraine et l’Alsace, et pénètre en Palatinat, le 2 décembre. Il est chargé de monter la garde sur les ponts du Rhin.

Source : Historique du 9e B.C.P, (GALLICA BNF)

animated-gifs-under-construction-229

Haut de page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Captcha *

Au combat ou sous l'occupation ; Haut les coeurs !

Back to the top