Historique Succinct

 Le 18e B.C.P. pendant la campagne 1914-1918

 Les tensions politiques de fin juillet 1914 ne laissent aucun doute sur l’issue des négociations menées pour empêcher la guerre. Les évènements de Tanger, Casablanca et Agadir préfiguraient déjà l’apparition d’un conflit imminent. C’est d’ailleurs une des raisons qui ont poussé l’Allemagne à augmenter, dés 1912, son programme militaire.

Couverture (31 juil. au 14 août 1914)

Le 31 juillet 1914, le 18e B.C.P. est mis en alerte. Il marche sur Arrancy et Spincourt et s’installe en couverture entre ces deux villages, le long de la voie ferrée.

Le 1er août, la mobilisation générale est votée ; elle est décrétée le 2.

À partir du 6 août, des groupes de cavaliers ennemis sont aperçus vers Avillers. Ils sont dispersés par les patrouilles envoyées en reconnaissance. Ce même jour, la 4e D.C. qui était chargée d’appuyer les troupes du 2e C.A. rejoint le 4e corps de cavalerie pour le renforcer lors de son périple en Belgique. Il ne reste donc que le 19e R.C.C. pour épauler les chasseurs à pied.

Le 8 août, sans l’appui de sa cavalerie, le 18e B.C.P. est bousculé par une division allemande dans la région de Pillon. Conformément aux instructions qu’il a reçues, il se replie, en résistant, en direction de Mangiennes et Villers. De son côté, le 9e B.C.P. qui prolongeait le bataillon jusqu’à Longuyon, est contraint de retraiter sur Flassigny.

Le 10 août, la 6e division de cavalerie allemande (K.D.6) attaque les unités des 2e C.A. et 4e C.A. chargées de défendre le secteur de Mangiennes. Dans le même temps, la 9e D.C française charge des éléments de la K.D.3 allemande  près de Flabeuville.

Combat de Bellefontaine (21 au 23 août 1914)

 Le 21 août, le 18e B.C.P. cantonne à Sommethonne, d’où il repart, le 22 au matin. Il se dirige vers Bellefontaine en proie à de violentes attaques que supporte, seul, le 120e R.I.

En début d’après-midi, le bataillon porte 3 compagnies et sa section de mitrailleuses vers le bois de Tintigny, à droite du 120e R.I. Aidés d’un détachement du 9e B.C.P., les chasseurs réussissent à contenir l’ennemi.

En fin de journée, le 18e B.C.P. relève à Bellefontaine un 120e R.I. à bout de souffle. L’échec des coloniaux sur Rossignol et Saint-Vincent ainsi que celui du 4e C.A. sur Virton et Ethe, contraignent les chasseurs à la retraite dès le 23 août.

Bellefontaine restera comme une demi-victoire car le village a été tenu mais la mission sur Neufchâteau a échoué.

Retraite vers la Marne (23 août au 4 sept.1914)

À partir du 23 août, débute la retraite vers la Marne. Le passage du 2e C.A. à proximité de la citadelle de Montmédy, le préserve de la pression allemande qui s’exerce sur les autres corps d’armée. L’ennemi évite de progresser dans le champ de tir de la forteresse.

Le 25 août, un cadre du bataillon tue un officier d’état-major allemand porteur de documents importants. Sa sacoche renferme l’ordre de marche de deux corps d’armée ; le repli sur la rive gauche de la Meuse est précipité.

Le 27 août, le 18e B.C.P. participe à la bataille de Cesse et Luzy-Saint-Martin. Il poursuit sa retraite vers la Marne et livre combat près d’Authe le 31.

Le 5 septembre, le bataillon se porte sur la Saulx dont il est chargé de défendre les passages, ainsi que ceux du canal de la Marne au Rhin. Le commandant GIRARD, promu lieutenant-colonel, prend la tête du 120e R.I. Le chef de bataillon BRION du 147e R.I., reçoit le commandement du 18e B.C.P.

Bataille de la Marne (6 au 12 septembre 1914)

Posté le long de la Saulx, entre Pargny et Sermaize, le 18e B.C.P, est relié à droite au 120e R.I. et à gauche au 72e R.I. Le bataillon lutte pendant deux jours pour tenir les passages de la rivière et du canal au niveau de la ferme d’Ajot. De durs combats se déroulent aux tuileries de Pargny contre les forces du R.K. XVIII (18e corps de réserve allemand)

Le 7 septembre, la ligne de la Saulx est abandonnée, le bataillon se porte sur Maurupt et sur Cheminon. Il se reconstitue à la ferme de Brédée

La journée la plus difficile reste sans conteste celle du 10 septembre. L’ennemi concentre tous ses moyens pour percer les lignes françaises dans la trouée de Revigny, entre le 2e C.A. et le 6e C.A. Heureusement, les forces franco-britanniques qui ont enfoncé le front allemand sur l’Ourcq contraignent l’ennemi au repli général.

Le 11 septembre, les Allemands évacuent Sermaize et Pargny, et se dirigent vers le Nord. Le bataillon engage une course poursuite au sein du 2e C.A., qui le mènera jusqu’en Argonne où l’ennemi s’est fortement retranché.

Combats d’Argonne (15 sept. 1914 au 18 fev. 1915)

À la suite de la victoire de la Marne, le 18e B.C.P. se dirige vers le nord en direction de Sainte-Menehould.

Le 15 septembre, la marche en avant du 2e C.A. est stoppée au niveau de Vienne-le-Château. Les Allemands se sont retranchés sur des positions préalablement aménagées par leurs troupes de réserve. Le bataillon se trouve  engagé dans une série d’attaques sur les villages de Binarville et de Servon. L’ennemi bien armé et mieux équipé repousse tous les assauts.

Le 18 septembre, le 18e B.C.P. est relevé. De nombreux blessés sont acheminés vers Saint-Thomas-en Argonne. Les combats sur Binarville et Servon dureront jusqu’au 24 septembre. Commence alors pour le 2e corps un nouveau type de guerre : la guerre de positions.

Le bataillon se porte sur La Chalade, où il reçoit pour mission celle d’assurer la protection du flanc droit du 2e C.A. Dès le 28 septembre, il est attaqué, dans la soirée, par deux bataillons allemands de l’I.R.98. Renforcé par un détachement du 87e R.I. puis par 3 compagnies du 313e R.I., les chasseurs réussissent à repousser l’ennemi jusqu’à Barricade Pavillon.

À partir d’octobre, le 18e B.C.P. monte en ligne dans différents secteurs.

Du 2 au 10 octobre, il occupe la Fontaine-aux-Charmes, puis le Four-de-Paris, où le bataillon restera jusqu’au 28 novembre. Viennent ensuite Fontaine-Madame et le ravin du Mortier, où l’ennemi réussit une percée, le 17 décembre. Un nouveau front est créé, qui restera inviolé jusqu’à la fin de la guerre.

Le dernier secteur argonnais occupé par le 18e B.C.P. est Saint-Hubert. Les chasseurs pataugent dans la boue argileuse qui constitue la structure des tranchées. La guerre des mines fait son apparition.

Le 17 janvier, le 2e C.A. demeure au repos mais la 87e Brigade est mise à la disposition du 5e C.A. dans le secteur de La Chalade. Le 18e B.C.P. restera en Argonne jusqu’au 18 février 1915. Il sera enlevé par chemin de fer, le lendemain, à destination de la Champagne.

1re bataille de Champagne (1er au 23 mars 1915)

Le 18e B.C.P. cantonne à Herpont, le 28 février. Il se met en marche, le 1er mars, en direction du champ de bataille. La route de Somme-Tourbe à Minaucourt est encombrée de convois en tous genres. Il monte en ligne en passant par les abris Guérin, se porte à Mesnil-les-Hurlus puis pousse jusqu’au Calvaire où il bivouaque.

Le 2 mars, le bataillon est en partie disloqué ; deux compagnies sont envoyées pour renforcer le 9e B.C.P. tandis que deux autres le sont pour supporter le 120e R.I. Le 18e B.C.P. se reforme partiellement le 3 mars mais sa 3e compagnie reste avec le 9e B.C.P. pour l’appuyer dans le coup de main qu’il doit mener sur le bois Jaune Brûlé. Au dernier moment, l’assaut est contremandé ; trop tard pour la 3e compagnie qui est sortie de sa parallèle de départ et qui perd la moitié de son effectif en à peine quelques minutes.

Le lendemain, le bataillon est à nouveau dispersé. Les 2e et 4e compagnies collaborent avec le 120e R.I dans son attaque sur l’Ouïe de Crocodile et la tranchée Franco-Boche. La 6e compagnie est mise à la disposition du 128e R.I. tandis que les 1re et 5e compagnies renforcent le 51e R.I.

Le 4 mars, tous les objectifs sont atteints mais le 18e B.C.P. laisse du monde sur le terrain dont une bonne partie de ses cadres. Trop éprouvé pour participer à d’autres combats, il est placé en seconde ligne et organise les positions conquises.

Le 12 mars, le bataillon est ramené aux abris entre Somme-Tourbe et Somme-Suippes, où il se reconstitue partiellement. Après un passage très court du côté de Mesnil-les-Hurlus, le 18e B.C.P. est enlevé en camion vers Dammartin-sur-Yèvre.

Combats de la Woëvre (3 avr. au 4 juin 1915)

Recomplété par de nouveaux renforts, le 18e B.C.P. se dirige, le 30 mars, sur Laheycourt, Bulainville et Senoncourt. Il reçoit pour mission d’attaquer à l’est de Verdun pour éloigner l’ennemi des Hauts de Meuse. C’est une tentative de réduction du saillant de Saint-Mihiel. De grandes précautions sont prises pour cacher le mouvement aux Allemands.

Le 3 avril, le bataillon se porte aux abris de La Béholle et du Rozelier. Il repart en pleine nuit pour gagner Ronvaux, où il s’entasse dans les maisons. Avec les mêmes précautions, il se rejoint Manheulles, le 5 avril.

Dans la matinée du 6, il gagne Pinthéville qui regorge de troupes et de canons. Toutes les crêtes sont occupées par les Allemands ; les villages restent les seules possibilités de se tenir à couvert.  Le 18e B.C.P. demeure à Pintheville jusqu’au 8 avril. Pendant cette période, il est violemment bombardé.

Les 9 et 10 avril, il se tient devant Pareid puis revient sur Manheulles le 11. Rappelé à Pintheville dans la soirée, il est mis à la disposition du 120e R.I.

Les 12 et 13 avril, il participe aux attaques menées par le régiment mais il ne peut déboucher. Le bataillon est finalement amené à Watronville en laissant quelques pertes sur le terrain. Il stationne quelque temps à Déramé et à Haudiomont puis il prend le secteur de Trésauvaux à partir du 20 avril. Il reste dans la région jusqu’au 4 juin. Il se porte ensuite au Camp Romain, où il coopère à l’aménagement de ce cantonnement agréable. Il s’y maintiendra jusqu’au 19 juin.

Tranchée de Calonne (20 au 24 juin 1915)

L’ennemi ayant gagné du terrain à la tranchée de Calonne, les 147e R.I., 9e B.C.P et 18e B.C.P. sont mis à la disposition de la 3e D.I., pour récupérer les ouvrages perdues.

Le 20 juin, le 147e R.I s’élance en tête, suivi sur sa droite du 18e B.C.P qui se porte à l’attaque du point A, et sur sa gauche du 9e B.C.P. qui prend pour objectif le point C. Une partie des positions perdues est reprise.

Le 21 juin, l’offensive se poursuit mais les unités piétinent. Elles demeurent pratiquement sur les emplacements de la veille.

Le 22 juin, Les Allemands lancent une vigoureuse contre-attaque au cours de laquelle ils réussissent à reprendre une tranchée. En rupture de ravitaillement, les chasseurs abandonnent provisoirement leurs positions mais, réalimentés en munitions, ils repartent à l’assaut. En fin de journée, l’ennemi se replie sur ses emplacements de départ.

Les 23 et 24 juin, le bataillon consolide sa position ; il est relevé, dans la soirée, par le 87e R.I.

Envoyé au Camp Romain, deux jours plus tard, il y restera jusqu’au 5 juillet

Les Éparges (5 juil. au 23 sept.1915)

Pendant leur séjour dans la Woëvre, les chasseurs du 18e B.C.P. avaient appris à connaître la crête des Éparges, triste éperon continuellement sous le feu de l’infanterie et de l’artillerie des deux armées. Aussi quand le bataillon reçoit l’ordre d’occuper, le 5 juillet, une position sur le mamelon, personne n’est vraiment très rassuré. En collaboration avec le 9e B.C.P., il doit enlever les tranchées allemandes situées dans la zone du point X.

Le 12 juillet, quatre fourneaux de mine dont trois sont placés sous les tranchées adverses, sautent. Les chasseurs s’élancent à l’attaque et occupent le bord des entonnoirs. Quelques éléments réussissent même à s’infiltrer dans les tranchées ennemies. L’adversaire se ressaisit et rassemble des troupes qui semblent sortir de nulle part. L’artillerie allemande non contre-battue, tire à vue directe sur les unités françaises engagées sur la crête. Le combat dure jusque dans la soirée. Les compagnies ayant perdu tous leurs officiers, les chasseurs regagnent leur parallèle de départ.

Le lendemain, l’attaque est renouvelée sans plus de succès. Le bataillon se met au repos à Verdun. Il alternera les montées en ligne et les séjours de pause par période de sept jours. Le 18e B.C.P. passera ainsi l’été 1915.

Le 23 septembre, il est définitivement retiré de la région. Il est débarqué à Verrières, au sud de l’Argonne, le 1er octobre 1915.

2e bataille de Champagne (4 oct. au 15 nov. 1915)

La grande offensive française en Champagne, qui devait couper en deux le front ennemi, est commencée depuis le 25 septembre.

Le 4 octobre, le 18e B.C.P. est débarqué près de Somme-Suippes. Il cantonne aux abris Cabanes et puits, au nord de ce village, dans lesquels il restera 4 jours.

Le 8 octobre, le bataillon s’approche de la 1re ligne et prend position dans la soirée au bois des Taupes où il restera 12 jours. Le secteur étant constamment bombardé, le 18e B.C.P. aménage des sapes profondes qui le préservent des obus.

Le 20 octobre, 4 compagnies occupent le secteur du Gril ; les 2 autres demeurent en réserve au bois des Éperviers. L’ennemi se retranche et organise ses nouvelles positions.

Le 30 octobre, après un violent bombardement, les Allemands contre-attaquent. Bien protégés dans leurs abris profonds, les chasseurs sont prêts à recevoir l’adversaire. À peine sorti de ses tranchées, ce dernier est littéralement cloué au sol sous un déluge de balles. Il ne peut rejoindre sa position de départ avant la nuit.

Le lendemain, l’opération est réitérée sans plus de succès ; les Allemands abandonnent.

Jusqu’au 10 novembre, le front reste calme. Le bataillon en profite pour améliorer ses organisations défensives. Le 15 novembre, il embarque à Somme-Tourbe et se porte sur Pierrefitte où il est mis au repos.

À partir de décembre, il suit un entraînement à Érize-la-Grande jusqu’au 15 janvier 1916.

Bois des Chevaliers (15 janv. au 10 avril 1916)

Le 15 janvier 1916, le 18e B.C.P. se porte sur Verdun. Pendant 3 mois, il va tenir le secteur des Bois des Chevaliers (La Croix-sur-Meuse). Cet endroit n’a pas trop souffert de la guerre mais des travaux récents ont attiré l’attention de l’ennemi.

Le 10 février, les Allemands deviennent nerveux. Tout le monde pense qu’une grande offensive se prépare, mais personne ne sait exactement où. Les positions enclavées entre les Hauts de Meuse et la rivière sont délestées des trains régimentaires qui se placent sur la rive gauche.

Le 21 février, Verdun est attaquée. Le secteur des Chevaliers est fortement bombardé mais chacun comprend rapidement que ce n’est qu’une diversion.

Après le premier choc, la situation se stabilise sur Verdun ; la quantité d’obus déversés sur le bois des Chevaliers diminue. Le mois de mars se passe sans autres incidents que le duel d’artillerie quotidien.

Les 9e et 18e B.C.P. se relèvent à intervalle de 12 jours. Quand ils ne sont pas en ligne, les bataillons prennent leur repos à Troyon.

Du 8 au 10 avril, le 166e R.I. reprend le secteur des bataillons de chasseurs. Ces derniers se rendent à Pierrefitte, où ils prennent du repos.

Bataille de Verdun (12 au 25 avril 1916)

 Le 10 avril, le 18e B.C.P. reçoit l’ordre de se porter sur Verdun ; il cantonne au Faubourg Pavé, le 12.

Dans la nuit du 13 au 14 avril, le bataillon monte en ligne, et relève le 5e R.I. dans le secteur du fort de Douaumont. La région contraste fortement avec celle que les chasseurs viennent de quitter. Après deux mois de bombardements incessants, le paysage est devenu lunaire.

Pendant les premiers jours, les Allemands n’agissent que par leur canon. Une attaque partielle est programmée par les chasseurs pour le 21, mais l’ennemi ne leur laisse pas le temps de la préparer. Le 17 avril, il bombarde le secteur occupé par le bataillon (tranchée de Douaumont, carrière) par un jet de torpilles. Il recommence le lendemain en augmentant son intensité puis, dans la soirée, il allonge son tir ; son infanterie se lance à l’attaque. La 4e compagnie du 18e B.C.P. complètement submergée abandonne à l’ennemi une portion de la tranchée de Douaumont.

Les chasseurs se ressaisissent. Renforcés par des éléments du 9e B.C.P., ils réussissent à stopper la progression allemande. Autour de l’abri TD3 et de la carrière,  le combat fait rage. Face à une telle résistance, l’ennemi épuisé relâche la pression et se reporte dans les ouvrages qu’il vient de conquérir.

Dans la soirée, des renforts sont envoyés en 1re ligne pour préparer la contre-attaque prévue au petit jour. Lancée dans la matinée, elle réussit pleinement. En quelques minutes, les Allemands sont rejetés hors de la tranchée de Douaumont.

Aucune autre tentative n’est envisagée par l’ennemi pour reprendre l’ouvrage qu’il n’a su garder. Les jours suivants s’avèrent plus calmes bien que continuellement sous le feu de son artillerie.

Le 25 avril, le bataillon est relevé par le 174e R.I. Il embarque en camions et se porte sur Hévillers où il restera jusqu’au 1er Mai.

Été 1916 (2 mai au 29 juin 1916)

Le 2 mai, le 18e B.C.P. est acheminé dans la région de Beauvais et y séjourne jusqu’au 11. Il gagne ensuite la région de Longueil-Sainte-Marie et cantonne à Chevrières du 14 au 22 mai.

Désigné pour constituer la garde d’honneur du G.Q.G., il stationne près de Chantilly. Il est passé en revue par Joffre le 6 juin. Il repart le 10, et se porte sur le bois des Loges dans le secteur de Lassigny, où il restera jusqu’au 28 juin.

Le 29 juin, le bataillon se met en marche pour rejoindre le champ de bataille de la Somme.

Bataille de la Somme (1er juil. au 27 déc. 1916)

Au début de la bataille de la Somme, le 18e B.C.P. est placé en réserve de groupe d’armées et séjourne à Conty. Il y reste jusqu’au 12 juillet, date à laquelle le 2e C.A. est mis à la disposition de la VIe armée.

Le 13 juillet, le bataillon s’achemine lentement vers le champ de bataille de la Somme. Le 17, il s’installe au camp du Hamel ; il y demeurera jusqu’au 22.

Après plusieurs séjours sur différents sites, il entre en secteur, le 11 août, dans la région du Chancelier. Cet endroit a montré récemment un regain d’activité. Le front est symbolisé par la route nationale d’Estrée à Villers-Carbonnel. Le 2e C.A. vient de passer dans le giron de la Xe armée.

L’infanterie allemande qui se rend compte qu’elle fait face à des forces considérables, se contente de défendre ses positions.

Le 17 août, le secteur est rendu aux chasseurs de la 121e D.I. Le 18e B.C.P. stationne à Ignaucourt ; il y restera jusqu’au 2 septembre. Le bataillon revient ensuite à Chuignes pour préparer l’offensive sur Berny-en-Santerre.

Le 6 septembre, la 7e brigade attaque Berny. Elle ne peut garder le village et s’installe à la lisière ouest. Du côté est, l’assaut du 328e R.I. suivi de celui du 120e R.I. n’apportent pas le succès escompté.

Le 15 septembre, le bataillon, en collaboration avec le 9e B.C.P., se voit confier la tâche d’enlever Berny. Une 1re attaque au nord du village permet de prendre à l’ennemi une tranchée qui servira de parallèle de départ pour la suite.

Le 17 septembre, une seconde offensive est lancée sur le bois Guibert permettant au 9e B.C.P. de prendre pied dans Berny. Les Allemands contre-attaquent mais leur mouvement est enrayé. Le village reste en possession des chasseurs.

Le 18 septembre, le bataillon est enlevé par camions et se porte sur Faloise, où il restera jusqu’au 13 octobre.

De retour à Proyart, le 14 octobre, puis à Chuignes le 19, le 18e B.C.P. reprend le secteur qu’il occupait précédemment augmenté du village de Genemont. Des hauteurs de Fresnes et Mazancourt, l’ennemi règle son tir sur les positions des chasseurs. Les mauvaises conditions climatiques rendent la vie en secteur particulièrement difficile. Les Allemands eux-mêmes ne se risquent pas à lancer des opérations dans de telles circonstances.

Le bataillon est ramené à Faloise, le 2 novembre, où il prend un peu de repos.

Une nouvelle attaque visant à enlever Fresnes et Mazancourt est programmée pour la 4e D.I. Dés le 25 novembre, le bataillon se rend à Marcelcave. Un mois se passe, sous la pluie, sans que l’offensive ait pu être engagée. Le G.Q.G. met fin à la bataille de la Somme.

Le 25 décembre, le bataillon est embarqué par chemin de fer à destination de Barisey-la-Côte, au sud de Toul où il est mis au repos.

Séjour en Lorraine (27 déc.1914 au 29 mars 1917)

Le 18e B.C.P passe le mois de janvier dans la région de Germiny, Thuilley-aux-Groseilles et Ochey. Le 27, il se porte sur Lunéville où il entreprend des travaux d’aménagement en 2e ligne. La 4e division fait toujours partie de la Xe armée.

Le 10 mars, le 18e B.C.P. quitte sa position et se dirige vers le camp du bois l’Évêque. Il s’y établit le 13, et subit un entraînement en préparation d’une prochaine offensive.

Le 29 mars, le bataillon est enlevé à Maron et débarque à Oeuilly dans l’Aisne.

Offensive de l’Aisne (1er avril au 7 juin 1917)

Après la bataille de la Somme, l’ennemi s’est retranché sur la ligne fortifiée Hindenbourg. Le 18e B.C.P. qui vient de passer 8 jours à Cerseuil, se porte au nord-ouest de Grand-Hameau où il cantonne la nuit du 15.

Le 16 avril, l’offensive générale est déclenchée. Le bataillon marche en soutien des unités d’assaut. Au milieu de matinée, le château des Blanc-Sablons au sud de Craonnelle est atteint. Le bruit de la bataille est perceptible, la progression s’est arrêtée. La percée au Chemin des Dames n’a pas eu lieu.

Le 19 avril, le 2e C.A. repasse à la VIe armée. Il est prévu pour attaquer au sud de Berry-au-Bac. Après une longue marche, le 18e B.C.P. arrive à Cormicy, le 20 au soir.

Le 21 avril, il entre en secteur face au mont Sapigneul, au sud de la cote 108. Les attaques menées par la 40e D.I., dans ce périmètre, n’ont que peu progressé ; le mont Sapigneul et la Cote 108 n’ont pu être enlevés. Après 5 jours passés dans ce bourbier, le 18e B.C.P. revient sur Châlons-le-Vergeur. Une offensive est prévue pour le 4 mai.

Les mouvements préparatoires s’effectuent pendant les nuits des 2 et 3 mai. Les unités s’entassent dans l’étroite tête de pont.

Le 4 mai, le bataillon s’élance à l’assaut du mont Sapigneul. Les premières tranchées sont atteintes mais, rapidement, l’ennemi bien retranché et bien organisé, prend le dessus. Les mitrailleuses et l’artillerie allemandes placées sur les hauteurs, font des ravages dans les rangs français. Le 18e B.C.P. enregistre des pertes énormes. Les survivants des unités de 1re ligne se jettent dans les trous d’obus et se terrent jusqu’à la nuit.

Les quelques gains réalisés permettent d’aménager la tête de pont. Plusieurs tentatives sont effectuées, les jours suivants, sans plus de succès.

Le 12 mai, épuisé par 8 jours de luttes incessantes, le bataillon quitte le secteur où il a laissé du monde. Il retourne à Châlons-le-Vergeur puis à Treston et enfin à Aougny où il stationne du 22 mai au 7 juin. Il se porte ensuite dans la Marne, par étapes.

Le 15 juillet, le 18e B.C.P. est embarqué en camions et transporté à Jubécourt. Le 2e C.A. retourne à la IIe armée et occupe des positions dans la région de Verdun.

Secteurs de Verdun (1er sept. 1917 au 17 mai 1918)

Le 1er septembre 1917, la 4e D.I. prend le secteur d’Avocourt.

Le 18e B.C.P. occupe le quartier de la Sorcière dans le périmètre des Rieux. L’ennemi ne manifeste que peu d’activité, essentiellement par son canon. Les séjours en ligne sont pénibles. Les journées sont utilisées à réparer les tranchées et à canaliser les eaux de ruissellement. Quelques échanges d’artillerie ou de tirs de mitrailleuses ont lieu ponctuellement.

L’hiver s’écoule entre longues périodes en ligne et courts séjours au repos loin de Verdun.

Après le 15 mars 1918, le bataillon revient sur Verdun. Depuis quelques jours, l’ennemi montre une grande activité sur ce front.

Le 17 mars, le 18e B.C.P. relève au bois des Fosses le 4e B.C.P. Pendant 8 jours, il est soumis à un bombardement en règle par obus chimiques. Cette activité n’est en réalité qu’une diversion.

Le 21 mars, les Allemands lancent leur offensive sur la Somme. Le bombardement sur Verdun diminue.

Le 25 mars, le 2e R.I. relève le bataillon.

Le 29 mars, le 18e B.C.P. occupe le secteur de la Cote 344 qu’il tiendra jusqu’au 16 mai. Cet emplacement fait l’objet de coups de main fréquents et d’un pilonnage d’artillerie permanent.

Le 7 avril, l’ennemi déclenche une attaque sur l’ouvrage du Buffle, qui vient mourir sur la Cote 344. Ces manœuvres ne sont que pure diversion car l’histoire s’écrit ailleurs. C’est en effet dans la Somme et dans l’Aisne que les grosses offensives sont lancées.

Le 17 mai, le bataillon est embarqué à Baleycourt puis conduit dans la région d’Estrée-Saint-Denis, le 26 mai, où il se prépare à cantonner.

Retraite de l’Aisne (27 mai au 5 juin 1918)

À peine installé, le 18e B.C.P. est mis en alerte. L’ennemi a lancé, le 27 mai, une vaste offensive sur le Chemin des Dames. Le front est rompu, les Allemands ont traversé l’Aisne et  progressent rapidement en direction de Château-Thierry. Le 4e division étant disponible, elle est immédiatement jetée dans la bataille.

Le 28 mai, le bataillon se porte au sud-est de Soissons. Placé entre le 9e B.C.P. à gauche et le 147e R.I. à droite, il tient le plateau des Crouttes et le couloir Muret-Crouttes-Nampteuil. En 1re ligne, le combat est acharné, la vague grise balaie tout sur son passage.

Le 29 mai, le contact est établi. L’ennemi est momentanément arrêté par les feux de salve et les défenses accessoires. Il attaque alors par les flancs pour prendre à revers les ilots de résistance. À droite, l’opération réussit et oblige les unités à refluer vers le bois de Bovettes. À gauche, par contre, l’adversaire est contenu. Au milieu d’une mêlée sanglante, les chasseurs résistent mais laissent du monde sur le terrain. En fin de journée, le bataillon doit évacuer le secteur car les Allemands occupent Fère-en-Tardenois.

Le 30 mai, le 18e B.C.P. est ramené à Nanteuil-sur-Ourcq ; il place deux compagnies en renfort du 147e R.I.

Le 31 mai, le bataillon est placé en seconde ligne. Il est chargé de défendre les passages de l’Ourcq. Bientôt, tous les éléments placés devant lui refluent ; il se retrouve en première position. Il lutte d’arrache-pied avec l’ennemi mais, presque tourné et très affaibli, il est contraint à se replier.

Le 1er juin, la 4e division tente d’arrêter l’adversaire qui marche sur Meaux. Elle opère avec une unité de cavalerie (2e C.C.) dans la région de Saint-Quentin et Chézy. L’offensive du 2e corps de cavalerie a permis de fixer l’ennemi sur ce front.

Le 4 juin, le bataillon est reporté en réserve dans le bois de Cerfroid. Il se reconstitue à Rozoy et Etavigny le 6. Il y passe quatre semaines au contact de troupes américaines dont il participe à la formation.

Le 12 juillet, il est embarqué en camions et transporté dans la région de Rebais.

2e bataille de la Marne (15 juil. au 8 août 1918)

Le 15 juillet, l’ennemi a attaqué dans la Marne et a créé une poche au sud-ouest de Dormans. La 4e division se porte sur Saint-Agnan pour contre-attaquer.  Le 18e B.C.P. est mis à la disposition de la 20e D.I. dans le bois de Rougis. Le bataillon doit reprendre une offensive manquée par les Américains au nord de Saint-Agnan.

Le 17 juillet, les vagues d’assaut sont prises sous le feu des contre-batteries allemandes et sous celui des mitrailleuses qui se révèlent sur les flancs du bataillon ; l’attaque est enrayée. Les chasseurs retournent au bois de Rougis.

Le 20 juillet, la 4e D.I. se porte à l’attaque et pousse jusqu’à la Marne. L’ennemi a repassé la rivière et en défend furieusement la rive nord. Sous la poussée des unités des VIe et Xe armées françaises, les Allemands lâchent peu à peu du terrain.

Dans la nuit du 24 au 25 juillet, le 18e B.C.P. franchit la Marne et relève le 346e R.I. en forêt de Ris. Après un combat acharné, il atteint le Ru de Belle Aulne, le 26 au soir.

Les jours suivants, les chasseurs peinent dans le bois de la Meunière où l’ennemi s’est fortement retranché. Le succès des Américains au bois des Grimpettes, fera reculer toute la ligne allemande.

Le 31 juillet, aidé par la brigade américaine, le bataillon réussit à déboucher du bois de la Meunière et pousse sur la ferme Bellevue. Peu à peu le village de Coulonges, le bois de Rognac et le bois d’Aiguizy sont atteints.

Le 3 août, le 18e B.C.P. se porte entre Arcis-le-Ponsart et la ferme Longeville. Dans la nuit, il arrive sur la ferme des Petites-Chezelles qu’il occupe jusqu’au 4.

Les Américains pénètrent dans Fismes.  Le secteur est repris par de nouvelles forces américaines, le bataillon revient vers Arcis-le-Ponsart puis à Courville.

Le 8 août, le 18e B.C.P. est relevé ; il est transporté à Épense, le 11 août.

3e bataille de Champagne (3 sept. au 15 oct.1918)

 Après 3 semaines passées à Épense, le 18e B.C.P. se porte à Saint-Mard-sur-le-Mont où il séjourne pendant 10 jours. Puis il prend le chemin de La Croix-en-Champagne et gagne Somme-Tourbe.

Le 22 septembre, le bataillon relève le 9e B.C.P. et restera en ligne jusqu’au 25.

Le 26 septembre, après une énorme préparation d’artillerie, la 3e D.I. prend la tête du corps d’armée et marche sur Tahure. La résistance allemande commence à se faire sentir à l’approche de Manre ; la division est bloquée.

La 4e D.I. qui a suivi, repasse en 1re ligne, le 29 au matin. Le 18e B.C.P. reçoit comme objectif Manre et la crête au-delà, en direction de Liry. Le bataillon s’élance et fond sur le village, sous le feu des canons et des mitrailleuses ennemis. Trop en flèche, il arrête son mouvement et se couvre sur son flanc.

Le 30 septembre, l’attaque est reprise sur la route de Liry. Arrivées à la Croix-Gilles, les compagnies de têtes sont clouées au sol par le tir des nombreuses pièces allemandes judicieusement dissimulées ; l’action est stoppée.

Le lendemain, le bataillon lance un nouvel assaut mais l’ennemi qui s’est renforcé contre-attaque violemment. Il ne réussit pas à briser la ligne du 18e B.C.P. La situation reste en l’état pour toute la journée. Pas plus de succès le 2 octobre, malgré des attaques et des contre-attaques à répétition. Les positions demeurent figées. Les pertes de chaque côté s’avèrent importantes. Dans la soirée, le bataillon est relevé et il passe en réserve de division.

Le 15 octobre le 18e B.C.P. est embarqué à Gizeaucourt à destination de la Lorraine.

Secteur de Lunéville (15 oct. au 11 nov. 1918)

 Le bataillon est transporté à Marainviller. En alternance avec le 9e B.C.P., il tient la vallée que suit la voie ferrée Nancy-Strasbourg. Ce secteur calme sert de base de repos en attendant d’autres opérations. Avec l’arrivée massive des troupes américaines, il est question d’une demande d’armistice par l’ennemi.

Malgré les tractations, les préparatifs militaires pour une offensive en Lorraine se mettent en place et le bataillon est prêt à se porter en avant

Le 11 novembre marque la fin des hostilités.

L’ Alsace et le Palatinat (18 nov. 1918 au 27 fev. 1919)

Le 18 novembre, le 18e B.C.P. passe la frontière franco-allemande de 1871, entre Remoncourt et Moussey. Il cantonne successivement dans les villages de Azoudange, Hellering, Schœnbourg. Le 23 novembre il arrive à Bouxwiller, où il est accueilli par une foule enthousiaste. Le lendemain, la division se porte dans le Palatinat, le bataillon franchit avec fierté la frontière de 1870 à Altenstadt.

Après l’occupation de plusieurs villes dans cette province, le 18e B.C.P. est chargé de garder les ponts sur le Rhin.

Il embarque pour la France le 27 février 1919.

 
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